Planifier la plongée

Les archéologues subaquatiques doivent tenir compte de nombreux défis lors de la planification de leur recherche. La glace et les conditions météorologiques au Nunavut ne permettent que quelques semaines de plongée par année. Les plongées individuelles sont habituellement limitées à une heure. Les épaves sont exposées à des courants et à des conditions de glace extrêmes. Même après 150 ans, chaque seconde compte.

L'historien et l'enseignant inuit le regretté Louie Kamookak décrivent la visite du HMS Erebus : « J’ai fait une bénédiction traditionnelle avec le sable recueilli du lieu de sépulture de nos ancêtres. Cela fait en sorte que nos ancêtres fsont partie de ce projet, de la découverte et assure aux des conditions sécuritaires de même que de bonnes conditions météorologiques pour leur recherche ».

Une bénédiction semblable a été effectuée dans les eaux au-dessus du HMS Terror en 2018 par les gardiens Inuits de Gjoa Haven chargés de surveiller l'épave pendant la saison de retrait des glaces.

La gestion de la logistique d'une recherche archéologique est compliquée, surtout dans les sites éloignés. Une fois qu'un plan de recherche est en place, l'équipe doit préparer et emballer tout l'équipement. La plupart des matériaux et équipements nécessaires sont transportés par avion ou par bateau.

Les gens voyagent dans le zodiaque avec le littoral en arrière-plan.

Inuk interne Theoran Kopak (direction), Ellen Bertrand de Parcs Canada (à l'extrême droite), Jacob Keanik, président du conseil d'administration du Nattilik Heritage Centre (à gauche) et le regretté Louie Kamookak, historien et enseignant à Gjoa Haven (à droite) se rendent sur le site de HMS Erebus.

Travail sur le terrain - sous pression, sous l'eau

Les archéologues utilisent des équipements spécialisés pour créer une image précise des sites subaquatiques distants comme les épaves de Franklin. Certains des équipements utilisés pour trouver les épaves sont également utilisées pour les explorer et les documenter.

Les sonars latéraux et multi-faisceaux produisent des images qui aident l’équipe à comprendre les sites et à planifier leur travail. Les images sonar aident aussi à documenter les zones autour des épaves. Être capable de définir les « zones de débris » – où certaines parties des navires sont tombées ou ont été éparpillées – peut aider les archéologues et les historiens à émettre des hypothèses sur divers scénarios.

Image de la coque du navire sur un fond plus foncé. Une bonne portion du pont est manquant, révélant des poutres et le pont inférieur.

Image sonar de l’épave historique telle qu’elle repose au fond de l’océan.


Qiniqtiryuaq : une plate-forme aux fins d’exploration et d’apprentissage

Les épaves de l’expédition Franklin sont situées dans un endroit reculé, ce qui rend la plongée et l’excavation sous-marines difficiles à cet endroit. En 2017, Parcs Canada a acquis une barge pour qu’elle serve de plate-forme d’excavation et de plongée au site de l’épave de l’Erebus. Exploitée de concert avec le navire de recherche océanographique (NO) David Thompson de Parcs Canada, la barge contient plusieurs conteneurs d’expédition ou « conteneurs maritimes ». Les trois conteneurs maritimes robustes abritent un caisson hyperbare (pour garantir la sécurité en plongée), un laboratoire archéologique et du matériel mécanique tel que des compresseurs, des pompes et des génératrices. Une grue hydraulique a été ajoutée au pont en 2018. Des Nunavummiut ont suggéré des noms pour la nouvelle barge dans un concours en ligne. Le nom retenu pour la nouvelle barge de Parcs Canada est « Qiniqtiryuaq », qui signifie « rechercher une chose ou une personne perdue ».

Quatre personnes vêtues en rouge debout sur une barge devant des unités de stockage en métal vert.

Membres de l’équipe d’archéologie subaquatique sur la barge nouvellement baptisée « Qiniqtiryuaq » à Gjoa Haven. Derrière eux se trouvent les trois conteneurs maritimes qui renferment le matériel nécessaire pour la prochaine saison de plongée au site de l’Erebus.

Véhicules téléguidés et submersibles

Les véhicules téléguidés permettent d'explorer et de documenter le site avec des images. La vidéo et les photos permanentes collectées par ces véhicules peuvent être examinées plusieurs fois. Le personnel de Parcs Canada utilise les images pour expliquer au public ce qu’ils voient sur les épaves. Les véhicules téléguidés peuvent également manœuvrer dans des parties très restreintes ou potentiellement dangereuses de l'épave où un plongeur ne peut pas aller.

Un archéologue subaquatique en équipement de plongée avec un robot blanc rond nage au-dessus d'un morceau de végétation marine.

Ce petit robot submersible contrôlé à distance de la société Deep Trekker est entré dans la coque du HMS Erebus pour prendre des photos des cabines d'officiers.

Combinaisons de plongée

En août et en septembre, l'eau de l'océan dans l'Arctique est légèrement supérieure à 0 ° C. Dans des conditions comme celles-ci, une personne peut geler jusqu'à la mort en quelques minutes. Plonger dans ces conditions n'est toutefois pas inhabituel pour les plongeurs canadiens, mais cela nécessite une formation rigoureuse et un équipement spécialisé qui résistera aux conditions glaciales. Les costumes et les masques secs sont conçus pour couvrir toutes les parties du corps du plongeur et de les garder au sec.

Plongeur en combinaisons isothermique à la poupe d'un bateau; La moitié de l'image est sous l'eau.
Un archéologue se prépare à plonger sur l'épave HMS Erebus depuis le navire de recherche Investigator.

Papier étanche

C’est difficile de prendre des notes sous l’eau – les gros gants rendent la tâche d'appuyer sur les boutons ou de tenir des crayons ardue. Des notes sont nécessaires pour enregistrer les détails et les conditions du site. Le papier étanche spécial rend le travail légèrement plus facile et peut être utilisé avec un crayon ordinaire.

Plongeur au-dessus de l'épave écrit sur un presse-papiers.

Au-dessus du HMS Erebus, un plongeur fait des notes sur un plaquette avec du papier étanche.

Réglage d'une grille

Comme ils le font dans les fouilles archéologiques terrestres, les archéologues doivent établir des points de références et installent parfois une grille pour cartographier le site. Cette « grille » divise le site en unités soigneusement mesurées. Les archéologues utilisent ce système pour cartographier l'ensemble du site, décrire le contenu de chaque unité et donner un numéro unique à chaque objet trouvé.

Le plongeur pose un quadrant de lignes blanches au-dessus des débris dispersés sur le fond de l'océan.
Un Archéologue de Parcs Canada mesurant la position d’un canon en utilisant une ligne de référence sur lesite HMS Erebus dans le « champ de débris » près de la coque de l'épave.

Intéressé par d'autres sites subaquatiques?

Les épaves de Franklin ne sont pas les seuls sites d'archéologie subaquatiques de Parcs Canada. Au cours des 50 dernières années, les archéologues de Parcs Canada ont étudié les sites subaquatiques sur l'ensemble des côtes du Canada, dans les rivières et les cours d'eau et dans les lacs.