Le HMS Erebus retrouvé : 2 septembre 2014. Le navire est apparu clairement sur l'écran du sonar. Les archéologues subaquatiques de Parcs Canada, Ryan Harris et Jonathan Moore, avaient regardé cet écran – ou un semblable – pendant des années, à la recherche d'un signe des navires perdus de Franklin. Finalement, leurs efforts étaient récompensés.

« Vous ne pouvez vous imaginer le sentiment ressenti quand, pas même à mi-chemin sur l'écran, l’épave est apparue parfaitement reconnaissable. »

Ryan Harris, archéologue principal, équipe d’archéologie subaquatique

La découverte du HMS Erebus

Transcription

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Titre: La découverte du HMS Erebus

Titre: avec narration de Marc-André Bernier et Ryan Harris, Équipe d'archéologie subaquatique de Parcs Canada

La vidéo commence avec des images des vaisseaux de recherche qui ont contribués à la recherche du HMS Erebus.

La saison 2014 pour la recherche des navires de John Franklin a pu compter sur plusieurs plateformes de recherche.

Le brise-glace de la Garde côtière, Sir Wilfrid Laurier, le NCMS Kingston de la Marine royale du Canada; le Martin Bergmann de la Fondation pour la recherche dans l’Arctique; et le One Ocean Voyager de One Ocean Expeditions.

Une photographie montre des personnes qui assistent à un évenement à Gjoa Haven en Nunavut, suivi par des photographies d'un artéfact en métal provenant du navire.

Depuis 2008, les recherches s’inspirent des témoignages inuits d’hier et d’aujourd’hui.

La découverte sur une île d’une ferrure de bossoir provenant du navire a donné un indice qui a mené à l’emplacement de l’épave.

On voit l'équipe d'archéologie subaquatique qui font leur travail de recherche à l'aide du sonar à balayage latéral.

L'équipage qui abaisse soigneusement le vaisseau de recherche Investigator de Parcs Canada depuis le pont du navire de la Garde côtière Sir Wilfrid Laurier.

Donc pendant chaque jour de l’exploration, le vaisseau de recherche Investigator de Parcs Canada était soigneusement abaissé depuis le pont du navire de la Garde côtière Sir Wilfrid Laurier.

Le vaisseau navigue sur l'eau, puis un des membres de l'équipage met à l'eau le sonar à balayage latéral.

De là, nous partions pour une journée complète de prospection en remorquant un sonar à balayage latéral, de sept heures du matin jusqu’à vingt heures en soirée, alors que nous retournions au navire pour nous ravitailler et faire les préparatifs pour le lendemain.

Divers images de Ryan Harris qui examine les images sonar et du vaisseau naviguant avec le sonar à l'eau.

Donc la journée se déroule comme ça, où on a une image sonore qui se défile devant un écran.

Les premières images qui sont parvenues, en fait, dans ce cas ci, c’était vraiment une image complète de l’épave. Elle est apparue d’un coup.

On aperçoit l'image sonar de l'épave sur l'un des écrans d'ordinateur portable.

Il n’y avait absolument aucun doute à savoir que c’était une épave, et grâce aux dimensions qu’on pouvait prendre à partir de cette image, que c’était une des épaves de Franklin.

Ryan Harris et d'autres membres de l'équipe d'archéologie subaquatique regardent l'écran d'un ordinateur sur le vaisseau de recherche Investigator.

Ryan Harris : Nous regardions les premières images sonar saisies depuis que nous avions commencé les recherches ici en 2008.

Nous avions suivi un tracé dans cette nouvelle zone de recherche intéressante et nous allions donc suivre un deuxième tracé dans cette nouvelle zone.

Nous nous dirigions vers le sud sur ce deuxième tracé quand nous sommes passés tout juste au-dessus de l’épave.

Je pense que nous savions exactement ce que c’était en quelques secondes.

Il s’agissait évidemment d’une épave et nous devions y regarder de plus près.

Jonathan Moore : Ça s’est passé, quoi? Il y a cinq ou dix minutes? Ryan Harris : À peu près.

Jonathan Moore : Comment avez-vous réagi? Comme des savants, avec détachement, ou...

Ryan Harris : C’était comme si nous avions gagné la Coupe Stanley.

On voit l'équipe d'archéologie subaquatique qui se préparent à déployer un sous-marin autonome téléguidé.

Quelques jours plus tard, nous étions en mesure de revenir sur le site nouvellement découvert, cette fois avec notre véhicule téléguidé, muni d’une caméra haute définition.

Nous avons été en mesure de faire une plongée relativement brève de 40 minutes sur le site, pendant laquelle nous avons pu recueillir les premières images de l’épave.

On voit des images sous-marines de quelques charactéristiques du HMS Erebus saisies à partir du véhicule téléguidé.

À ce moment-là, nous avons repéré un certain nombre de caractéristiques qui venaient étayer la théorie voulant qu’il s’agisse d’un des navires de Franklin.

Bien sûr, nous avons trouvé deux canons non loin de la poupe.

À côté de la partie arrière bâbord de l’épave, nous avons aussi trouvé quelques caps de mouton détachées.

Une tempête avait soufflé pendant quelques jours avant la plongée du ROV, ce qui avait agité la mer, de sorte que la visibilité était plutôt difficile, et nous avons donc dû à contrecœur récupérer le véhicule et commencer à planifier une autre excursion avec notre équipement de plongée.

Photographies du premier ministre Steven Harper, le ministre de l'environnement Leona Aglukkaq et des membres de l'équipe de Parcs Canada à l'annonce de la découverte du HMS Erebus.

De retour à Ottawa, la découverte de l’un des deux navires de l’expédition Franklin a pu enfin être annoncée aux Canadiens et Canadiennes.

On voit l'équipe d'archéologie subaquatique qui se préparent à plonger sur le HMS Erebus.

Immédiatement après cette annonce, nous sommes retournés rejoindre le Sir Wilfrid Laurier afin de pouvoir effectuer les premières plongées sur l’épave.

Le temps était compté. C’était vraiment une course contre la montre, mais nous avons eu sur une possibilité de cinq jours, deux journées où les conditions nous permettaient de plonger.

Notre objectif était d’accumuler le plus d’information possible, soit pour identifier le navire, mais surtout pour préparer les prochaines étapes.

On voit un plongeur qui saute dans l'eau, suivi par des images de plongeurs qui explorent le HMS Erebus.

Et ce fut certainement ou probablement la plus remarquable plongée dont je puisse me souvenir dans ma carrière.

On pouvait distinguer le site de l’épave à quelque cinq ou six mètres au-dessus de nous, ce qui veut dire à peu près à deux étages de hauteur, reposant debout au fond de la mer.

Et nous avons été frappés de voir à quel point les structures du navire étaient incroyablement bien préservées, et les artefacts sur place témoignaient vraiment des derniers jours de l’expédition malheureuse de Franklin en 1845.

Des images d'une pompe de cale en cuivre.

Par exemple, ces superbes pompes de cale en cuivre de chaque côté du grand mât.

Nous pouvons en voir des exemples dans les plans du navire.

Des images de deux canons reposants parmi des morceaux de bois cassés.

Nous avons été impressionnés par la belle couleur verte des deux canons que nous avons trouvés à l’arrière du navire.

Un plongeur nage près d'une grande ancre.

Nous avons retrouvé au moins six ancres sur le site.

Les navires destinés à l’exploration polaire étaient munis de jusqu’à dix ancres, et il semble qu’un certain nombre d’elles soient restées en place.

Un plongeur examine l'étambot.

Nous pouvons voir un étambot intérieur ainsi qu’un extérieur.

L’hélice aurait été logée entre les deux.

Des membres de l'équipe d'archéologie subaquatique à bord du vaisseau de recherche Investigator après la plongée.

Jonathan Moore : Quelle plongée!

Ryan Harris : C’est la meilleure plongée de toute ma vie.

Jonathan Moore : Ça sera difficile de faire mieux.

Ryan Harris : On ne pouvait espérer mieux de cette épave.

C’est ahurissant de voir tout ce qui s’y trouve. Les blocs des pompes, le gigantesque dessus de la pompe Massey.

Jonathan Moore : Thierry va être excité lorsqu’il verra ces pompes.

Ryan Harris : Et...

Images subaquatiques d'un plongeur qui examine la cloche du navire.

Jonathan Moore : La cloche du navire.

On peut aussi apercevoir un phéon sur la cloche.

Des images subaquatiques de plongeurs qui examinent d'autres charactéristiques du HMS Erebus, suivi par des images de l'équipe qui regardent un diagramme du navire et une technicienne en conservation qui dévoile la cloche du navire dans un laboratoire.

Donc c’est vraiment une plongée magique, dans lequel on voit non seulement le navire, mais tout l’équipement et tous les appareils, tout ça se fait en sorte que c’est une plongée qui est vraiment magique, mais aussi qui nous laisse entrevoir les formidables possibilités pour nous d’apprendre sur cette expédition, et vraiment de percer le mystère de qu’est-ce qui est arrivé à l’équipage de cette épave d’un des navires de Franklin.

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© Sa Majesté la Reine du Chef du Canada, représentée par Parcs Canada, 2015.

Mot-symbole Canada.

Un travail de longue haleine

Depuis 2010, l'équipe d'archéologie subaquatique de Parcs Canada et leurs collègues de diverses organisations publiques et privées ont déployé un éventail de différents capteurs derrière divers petits navires dans le cadre d’opérations précises et contrôlées. Les données recueillies ont été sauvegardées, analysées et interprétées durant les longs mois entre les saisons de recherche. Les deux zones de recherche sont habituellement exemptes de glace de la fin août au début septembre.

En 2014, le mauvais temps dans la zone de recherche nordique a fait que plusieurs des navires de recherche ont été concentrés dans la région sud.

Un homme portant un uniforme de Parcs Canada utilise une clé pour serrer un boulon du moteur.
Si un moteur a besoin d'être réparé – comme dans le cas du navire de recherche Investigator en 2016 – un membre de l'équipage doit savoir comment le réparer.

Découverte sur terre

L'une des percées clés dans la recherche du Erebus s'est produite seulement la veille de la découverte – sur terre, pas en mer.

Le 1er septembre, les archéologues du gouvernement du Nunavut se sont rendus en hélicoptère sur une petite île de la zone de recherche du sud pour examiner un anneau de tente inuit. Sur le rivage, le pilote Andrew Stirling a repéré un morceau de métal rouillé. Il ressemblait à la fourche d'une bicyclette, mais il s'agissait d'une ferrure de bossoir. Ce mécanisme pour élever et abaisser les petits bateaux correspondait exactement à celui d’un plan historique du HMS Erebus.

L'équipe, y compris Douglas Stenton, l'archéologue et le directeur du patrimoine du Nunavut, ont également trouvé un bouchon d’écubier en bois (un dispositif d'étanchéité pour un trou de corde). Ce soir-là, Stenton a transporté les découvertes sur le navire de la Garde côtière canadienne Sir Wilfrid Laurier, le centre principal des activités de recherche. À bord, les archéologues ont examiné les artefacts avec un sentiment d’enthousiasme grandissant.

Le lendemain matin, l'archéologue Ryan Harris, de l’équipe d’archéologie subaquatique, a ajusté sa zone de recherche en fonction des nouvelles découvertes. L'équipe a poursuivi ses efforts de recherche. L'épave a été retrouvée en quelques minutes.

Une pièce de métal rouillé en forme de U repose sur le dessin de la construction du navire.
Le bossoir à côté de son emplacement sur les plans du HMS Erebus.

« La meilleure plongée de ma vie »

Une fois que l'image est apparue sur l'écran du sonar, les membres de l'équipe Parcs Canada ont dû s'assurer que l'épave était de bel et bien le HMS Erebus. Ils ont envoyé un véhicule sous-marin téléguidé pour collecter des images vidéo en haute définition [lien vers une vidéo de première plongée] et les ont comparées aux plans du navire. Mais la glace se rapprochait. Le NGCC Sir Wilfrid Laurier devrait bientôt se déplacer. L'équipe n'avait que quelques jours pour plonger.

La première plongée, que Harris a décrite comme « la meilleure plongée de ma vie », a permis de confirmer que l'épave était en position debout sur le fond marin. L'épave, en grande partie intacte, se dressait sur une hauteur équivalente à deux étages au-dessus de la tête des plongeurs. Parmi les planches du pont supérieur, les plongeurs ont trouvé des pompes de cale et des ancres et, plus étonnamment, la cloche en laiton du navire. Un « phléon » était clairement visible sur le côté de la cloche. Comme le marquage sur la ferrure du bossoir trouvée sur le rivage, le phléon signifiait que l'objet appartenait au gouvernement britannique.

La cloche verte est sur le côté, entourée de végétation marine. La lumière d'un plongeur illumine une flèche à mi-chemin sur la surface de la cloche.
Un « phléon » et la date 1845, l'année où le HMS Erebus a été adapté pour l'expédition de Franklin, sont gravés sur la cloche en laiton.

Ne rien déplacer

La documentation d'un site archéologique est essentielle pour obtenir une vue d’ensemble. Prendre des vidéos et des photographies en notant les éléments structurels et identifier l’emplacement des trouvailles sur un plan détaillé et précis font partie d'une enquête archéologique approfondie. Déplacer des artefacts modifie un site. Des connaissances peuvent se perdre, donc le travail est méthodique. Chaque étape est consignée.

Documenter le site du HMS Erebus a été le premier travail de l'équipe d’archéologie subaquatique. La récupération de certains artefacts sélectionnés viendrait plus tard.

Un plongeur positionne une caméra dans un trou dans l'épave sous-marine.
Un membre de l'équipe documente l'intérieur du navire à l’aide d’une caméra.

Plongée sous la glace

Maintenant que l'emplacement du HMS Erebus était connu, l’équipe d’archéologue subaquatique est retournée en 2015 et en 2016. Au printemps 2015, l'équipe a plongé sous la glace, une activité nécessitant un équipement spécialisé et une préparation intense.

Dans le cadre de cette opération conjointe avec les plongeurs de la Marine royale du Canada, l'équipe a récupéré plusieurs artefacts, y compris un canon, des assiettes et une bouteille de médicaments.


Un archéologue vêtu d’un parka rouge se penche sur la mer gelée pour forer un trou dans l’épaisse glace.
L'archéologue subaquatique Jonathan Moore utilise une perceuse pour tailler un trou de plongée triangulaire à travers deux mètres de glace.

Beau temps

La saison de recherche 2015 en août et septembre s’annonçait prometteuse. « Je n'ai jamais vu une si belle température pendant une aussi longue période depuis que je travaille dans cette partie de l'Arctique », a déclaré Gerry Chidley, capitaine du navire de recherche Martin Bergmann. Cela signifiait que pendant que les travaux de recherche du HMS Terror se poursuivaient dans la zone de recherche du nord, les archéologues subaquatiques ont pu faire des plongées sur le HMS Erebus pendant 11 jours, totalisant 109 heures sous l'eau. La mission a également permis de recueillir des échantillons de biologie marine sur et autour de l'épave, et de la documenter.


Une scientifique, sur le pont ensoleillé d’un bateau, observe des échantillons dans deux contenants en plastique blanc.
L'écologiste marine Nadia Ménard examine de plus près les échantillons rapportés du site de l'épave.

2016 : une saison plus courte

À la fin août et au début septembre, les plongeurs de l’équipe d’archéologie subaquatique sont retournés au HMS Erebus. Plus d'échantillons ont été recueillis autour de la zone à l’aide d’un sonar. L'équipe a utilisé ce temps pour se préparer à des travaux archéologiques plus approfondis et complexes prévus pour 2017. Les chercheurs ont voulu documenter comment le site change d'année en année.

Un archéologue subaquatique nage entre les ponts supérieur et inférieur entouré de bois et de végétation marine.
Les plongeurs utilisaient des caméras submersibles contrôlées à distance pour prendre des photos en haute définition à l’intérieur du HMS Erebus, y compris les cabines d'officiers supérieurs. L'ameublement est principalement intact, ce qui augmente la possibilité de trouver d’autres artefacts à l'intérieur des tiroirs.

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