De l’océan au laboratoire

Tous les artefacts récupérés des sites des épaves sont premièrement enregistrés par les archéologues avant d’être extraits et apportés au laboratoire d'Ottawa pour y subir un traitement de conservation.

Après son extraction, un artefact peut se détériorer rapidement et un grand nombre de ses caractéristiques sont alors perdues. Le processus de conservation d’un artefact commence dès que celui-ci est retiré de l’eau. Le retrait d’un artefact de l’eau, de même que son exposition à l’air et à un environnement sec, peuvent le compromettre. Nous pouvons prévenir la détérioration des artefacts fraîchement extraits en les conservant dans des milieux similaires au milieu marin jusqu’à leur arrivée au laboratoire.

Nous stabilisons les artefacts en les conservant dans un milieu humide, sombre et froid. Le maintien des artéfacts au froid durant les travaux dans l’Arctique, c’est facile, mais le maintien des températures basses durant le trajet jusqu’au laboratoire peut être difficile. Les artefacts parcourent près de 3 000 km, passant du Nunavut au laboratoire d'Ottawa.

Une fois arrivés au laboratoire, les artefacts sont déballés et toutes leurs caractéristiques sont enregistrées et photographiées en détail. Les restaurateurs s’assurent que l’état de chaque artefact est encore stable.


Conservation et restauration

Lorsqu’un artefact est composé de matériaux différents (p. ex. verre, laiton, bois, etc.), les restaurateurs doivent veiller à ce que le traitement utilisé pour nettoyer un matériau n’ait pas d’effet négatif sur les autres matériaux. C’est pourquoi il est important pour les restaurateurs de savoir et de comprendre de quoi est composé un artefact.

Au laboratoire, les artefacts sont nettoyés avec précaution pour en enlever le limon, les algues et autres organismes marins. Les artefacts peuvent être placés dans une solution alcaline pour en retirer le sel de mer. Ce procédé peut prendre des mois, mais il s’agit d’une étape très importante.

La solution est régulièrement renouvelée jusqu’à ce qu’on n’y détecte plus de sel. Une fois cela fait, l’artefact est rincé et séché. Le restaurateur nettoie en douceur les surfaces rouillées pour faire ressortir davantage de détails, mais il n’est pas toujours possible d’enlever au complet la corrosion. Le nettoyage excessif de la rouille risque d’entraîner la perte de certains détails ou même de réduire son authenticité.

La flèche et la date de la cloche récupérée du HMS Erebus sont conservées à même la corrosion.