Les premières familles françaises s'établirent en Acadie au cours des années 1630. Au début des années 1680, Pierre Melanson, Marguerite Mius d'Entremont et leurs enfants quittent Port-Royal pour fonder Grand-Pré, sur le plateau qui surplombe le grand marais salé ou pré, dont l'établissement tire son nom. D'autres personnes leur emboîtent le pas et bientôt une communauté acadienne, active et prospère, fait son apparition le long des rivières et des rives du bassin des Mines.

Au début du 18e siècle, la région des Mines est le plus grand centre de population en Acadie. En 1750, quelque 2450 Acadiens et Acadiennes y vivent, sans compter les 2500 autres installés dans les régions de Pisiquid et de Cobequid, autrefois intégrées à la région des Mines. Grand-Pré, qui compte environ 1350 habitants, est le plus grand établissement de l'Acadie. Le village, qui s'étire sur deux kilomètres et demi le long du plateau, est formé de maisons, de bâtiments agricoles, d'entrepôts, de moulins à vent et de l'église paroissiale Saint-Charles-des-Mines.

L'agriculture est en plein essor. Les familles acadiennes ont aménagé des digues pour contenir les eaux d'importantes sections du marais salé et ont mis en culture les terres fertiles asséchées. Elles obtiennent d'excellentes récoltes et expédient leur surplus de céréales et de bétail en Nouvelle-Angleterre et, après 1720, à Louisbourg, capitale de l'île Royale.