Évangéline : Un conte d’Acadie

Le poème d’Henry Wadsworth Longfellow, "Évangéline : Un conte d’Acadie" fut publié pour la première fois en 1847. Presque immédiatement après sa publication, le poème obtient une popularité mondiale. Des millions de personnes ont été attirées par l'histoire d'un jeune couple acadien, Évangéline Bellefontaine et Gabriel Lajeunesse, qui furent séparés par les événements de la Déportation.

La statue représentant Évangéline
Collection CEAAC - Université de Moncton

Évangéline, une femme fidèle et pieuse, a juré de trouver son grand amour, Gabriel, mais elle était toujours à deux pas derrière lui. Plus qu'un personnage fictif, Évangéline est devenue un symbole de la Déportation et de la persévérance du peuple acadien.

Évangéline en Amérique

Le poème est devenu une partie intégrante du programme scolaire de plusieurs générations d'Américains. Ils sont tombés sous le charme de la belle, jeune et sympathique Évangéline. Ils ont été attirés par la beauté pure, sans artifice et innocente d'Évangéline, et par les images de l'Acadie naturelle, verte et simple que Longfellow a créées. Ce «paradis terrestre» (faisant référence au nom «Acadie» et à son lien avec la légende grecque «Arcadie») a attiré des touristes dans le célèbre « pays d'Évangéline ».

Évangéline et le tourisme en Nouvelle-Écosse

La combinaison du conte romantique, de l’amour perdu, jumeler à la description d’un paysage paradisiaque a inspiré une nouvelle classe de «touristes» à voyager en Nouvelle-Écosse. En 1871, des bateaux à vapeur et un service ferroviaire de la Nouvelle-Angleterre vers la Nouvelle-Écosse ont commencé à amener des touristes au pays d'Évangéline. Le nouveau service ferroviaire de Halifax à Annapolis Royal, achevé en 1869, (fusionné sous le Dominion Atlantic Railway en 1895) offre un service avec six locomotives : deux d'entre elles nommées Evangeline et Gabriel.

La statue représentant Évangéline
Collection CEAAC - Université de Moncton

Le Dominion Atlantic Railway (DAR) a utilisé Grand-Pré et Évangéline pour promouvoir les voyages en train. Les visiteurs voyageant sur la locomotive Evangeline s'arrêtaient à la gare de Grand-Pré à quelques mètres de l'entrée du parc. Le point culminant de la visite était d'être accueilli par la statue d'Évangéline dans les 14 acres de jardins victoriens soigneusement entretenus et qui ont été créés pour représenter le village d'Évangéline, Grand-Pré.

De nombreuses entreprises se sont également approprié l'image d'Évangéline pour vendre des produits tels que des boissons gazeuses, des chocolats, des terrains de camping, des salons funéraires, des concessionnaires automobiles, etc. Un des nombreux journaux acadiens de l'époque, fondé à Digby en 1887, s'appelait L'Évangéline. Il a ensuite déménagé à Moncton et fut publié jusqu'en 1982.

Évangéline : La statue

Le 29 juillet 1920, le Dominion Atlantic Railway (DAR) enrichit le paysage culturel en évolution du Parc de Grand-Pré en dévoilant une sculpture de bronze représentant Évangéline. L'œuvre a été réalisée par le sculpteur québécois Henri Hébert, qui fut inspiré par une oeuvre antérieure de son père, le sculpteur Louis-Philippe Hébert. La sculpture d'Évangéline semble perpétuellement pleurer pour sa patrie perdue, l'Acadie.

Depuis un siècle, Évangéline est figée dans le temps.

Évangéline et la renaissance de la culture acadienne

À la fin du 19e siècle, le poème de Longfellow et sa popularité ont complètement changé la façon dont l'histoire acadienne était comprise à travers l'Amérique du Nord. Le succès du poème donne aux Acadiens une nouvelle perspective de leur histoire. Il a grandement contribué à faire connaître les événements de la Déportation et a amené de nombreuses personnes à remettre en question les versions de l'histoire qui leur avaient été racontées.

Un drapeau formé de trois sections : bleu, blanc et rouge. En plus d'une étoile à cinq pointes dans le haut de la section bleu.
Le drapeau de l'Acadie

Ces sentiments ont apporté un plus grand soutien à la renaissance de la culture acadienne. En 1881, la première Convention nationale acadienne s'est tenue à Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Lors de cette convention, les Acadiens ont choisi Notre Dame de l'Assomption comme patronne, ainsi que le 15 août comme fête nationale acadienne. Trois ans plus tard, lors de la deuxième Convention nationale acadienne tenue à Miscouche, Île-du-Prince-Édouard, l'Ave Maris Stella a été choisi comme hymne national acadien et ils ont également adopté un drapeau national acadien.

Malgré l’évolution du peuple acadien, le personnage d’Évangéline demeure une puissante icône de la Déportation, reliant symboliquement l'héritage du poème de Longfellow au lieu historique national du Canada de Grand-Pré.