Aujourd'hui on désigne par le nom de Grand-Pré un territoire géographique vaguement délimité, qui comprend plusieurs milliers d'acres de marécages cultivés et de coteaux vallonnés, où sont implantés des fermes, des vergers et les villages contigus de Grand-Pré, de North Grand-Pré et de Hortonville.

Importance historique nationale

Le paysage acadien, avec sa superposition de ressources culturelles des Planters, continue de nourrir le sentiment de lieu unique qui émane de Grand-Pré et de la région avoisinante. Le 20 juin 2004, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada a dévoilé une plaque pour commémorer l'importance historique nationale de l'arrondissement historique rural de Grand-Pré.

Les aboiteaux

Les villages de Grand-Pré et de Hortonville, ainsi que les fertiles terres agricoles qui les entourent, présentent un des modèles européens de colonisation et d'utilisation des terres parmi les plus anciens au Canada. Attirés par les vastes marias côtiers, les Acadiens s'établirent dans les environs de Grand-Pré à partir des années 1680.

Les fermiers acadiens utilisèrent les techniques ingénieuses de construction de digues développées à Port-Royal pour enclore plus de mille acres de marais qui, une fois dessalés, constituèrent des terres labourables de grande qualité. Les maisons du village de Grand-Pré, situées au milieu des vergers et des boisés des hauteurs périphériques, bordaient la limite sud du marais principal.

Les « Planters »

Après la déportation des Acadiens en 1755, les terres furent redivisées en cantons, à la manière britannique, en vue de l'arrivée des Planters de la Nouvelle-Angleterre, qui adoptèrent la technologie agricole en place. Le principal établissement des Planters, aujourd'hui les villages de Grand-Pré et de Hortonville, se développa sur le site de l'établissement acadien précédent. Le paysage rural distinctif de l'actuel Grand-Pré est le produit de l'évolution des traditions agricoles des Acadiens et des Planters.

Désignation du site comme Patrimoine mondial de l’UNESCO au Canada

Inscrit dans le prestigieux Patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012, le paysage de Grand-Pré raconte l’histoire remarquable de l’interaction des humains avec leur environnement et donne une idée à quel point le lien entre un endroit et ses habitants peut définir l’identité collective.

Logo de l'UNESCO

Le Paysage de Grand-Pré fut désigné par le Comité du patrimoine mondial, pour les raisons ci-dessous :

Critère (v) : Le paysage culturel de Grand-Pré témoigne de manière exceptionnelle d’un établissement agricole traditionnel, créé au XVIIe siècle par les Acadiens dans une zone côtière aux marées parmi les plus fortes au monde. La poldérisation a utilisé des techniques traditionnelles de digues, d’aboiteaux et de réseau de drainage, ainsi qu’un système communautaire de gestion encore en usage. Les riches terres alluviales ainsi constituées ont permis un développement agricole continu et durable.

Critère (vi) : Grand-Pré est le lieu mémoriel par excellence de la diaspora acadienne dispersée par le Grand Dérangement, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Son paysage de polder et ses vestiges archéologiques témoignent des valeurs d’une culture de pionniers ayant su créer son propre territoire, tout en vivant en harmonie avec le peuple autochtone des Mi’gmaqs. Ses constructions mémorielles forment le pôle de la réappropriation symbolique de la terre de leurs origines par les Acadiens, au XXe siècle, dans un esprit pacifique et de partage culturel avec la communauté anglophone.

Regardez « Nomination Grand-Pré: One Land, Many Stories, A Shared Legacy » sur Youtube (en anglais)