Tensions dans la colonie

Cartouchière avec baudrier; veste de militaire; baïonnette, fourreau et baudrier; bidon; shako.
Pièces d'équipement du « Royal Regiment of Artillery »
© Brian Townsend

Nous sommes en juin 1812. Les États-Unis et la Grande-Bretagne entretiennent des relations tendues depuis des années, et voilà qu'ils viennent de se déclarer la guerre! Plusieurs facteurs sont à l'origine de ce conflit.

Premièrement, les États-Unis en veulent à la Royal Navy britannique, qui a pris l'habitude d'intercepter les navires américains et d'en retirer de force les marins soupçonnés d'avoir déserté ses rangs. Pour la Grande-Bretagne, il s'agit d'un moyen de renforcer sa marine à une époque où elle doit tenir tête à Napoléon en Europe; pour les États-Unis, c'est une violation de la neutralité américaine.

Deuxièmement, les affrontements entre les Premières nations et les colons américains gagnent en intensité dans l'Ouest. Bon nombre d'Américains sont persuadés que les Anglais appuient les Autochtones et qu'ils les encouragent à résister à toute expansion vers l'ouest.

Troisièmement, de nombreux dirigeants américains convoitent l'Amérique du Nord britannique. Ils veulent en effet conquérir la colonie pour concrétiser leur grand projet – celui d'occuper tout le continent nord-américain.

Maintenant, l'Amérique du Nord britannique doit répondre à l'appel de la guerre. Le Nouveau-Brunswick revêt une importance stratégique parce qu'il donne accès au continent par voie terrestre et qu'il sert de poste avancé à Halifax. Bien que St. Andrews se trouve près de la frontière américaine, les autorités militaires ne voient pas la nécessité de renforcer le réseau d'ouvrages de défense de la ville. Les résidants de St. Andrews, eux, voient les choses d'un tout autre œil. Ils craignent des attaques, non pas de leurs voisins et partenaires commerciaux de la Nouvelle-Angleterre, mais plutôt des corsaires du sud des États-Unis qui remontent la côte en pillant tout sur leur passage.

Devant cette menace, les résidants recueillent des fonds pour financer la construction de deux batteries, chacune dotée de son propre blockhaus. Celui de St. Andrews est construit du côté ouest de la localité au cours de l'été 1813. Plus tard, la batterie ouest sera pourvue de trois canons de 18 livres et de deux canons de 9 livres. L'étage du blockhaus est quant à lui muni d'un canon beaucoup plus petit. Le rez-de-chaussée demeurera occupé par des soldats de la Royal Artillery pendant la durée de la guerre.


Prochain volet : Blockhaus