Une paix bien précaire

Une gravure en noir et blanc qui représente la Tour, 2 mâts, et 6 personnes au premier plan. Une vue de Saint-Jean et son port est à l'arrière-plan.
La Tour-Martello-de-Carleton pendant les années 1840
© Archives nationales du Canada

Certains historiens pensent que pendant les années 1840, les Britanniques se seraient servis de la Tour-Martello-de-Carleton comme poudrière. Les relations sont demeurées tendues entre les États-Unis et la Grande-Bretagne bien après la fin de la Guerre de 1812.

Des conflits territoriaux, notamment le différend entourant la frontière du Maine et du Nouveau-Brunswick et la crise de la frontière de l'Oregon, ont grandement contribué à attiser les hostilités. Devant cette situation, il est fort possible que les Britanniques aient continué d'approvisionner la poudrière de la tour pendant cette décennie de malaise.

La Tour-Martello-de-Carleton a logé une garnison pour la première fois en 1866. Saint-Jean craignait alors une invasion des Fenians, groupe de radicaux irlandais des États-Unis qui espéraient capturer l'Amérique du Nord britannique et s'en servir comme rançon pour obtenir l'indépendance de l'Irlande.

Une recréation de la cascerne du 15e régiment, avec une table, un lit, le fourbi d'un soldat, et son uniforme.
La caserne du
15e régiment

Pour contrer cette menace, les autorités ont affecté un petit détachement de soldats britanniques du 15th Regiment of Foot à la tour jusqu'en 1867. C'était la première fois depuis sa construction que l'ouvrage de fortification était armé : deux canons à âme lisse de 32 livres ont été montés sur le toit plat.

Les efforts déployés pour préparer la tour étaient certes héroïques, mais les critiques se sont interrogés sur l'utilité de toutes ces démarches. À la suite de l'avènement de l'artillerie à canon rayé et d'autres innovations dans la technologie militaire, la capacité des tours Martello de résister à une attaque était alors grandement compromise.


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