L'isthme de Chignecto, la chaussée naturelle qui sépare le Nouveau-Brunswick de la Nouvelle-Écosse, a été pendant des siècles la voie de communication privilégiée par les peuples autochtones de la région et par les Européens qui les ont suivis.

Vers le milieu du XVIIIe siècle, une petite rivière, la Missaguash, déroulait ses méandres dans la région et servait de frontière entre les forces impérialistes de la France et celles de l'Angleterre.

Le fort Beauséjour a été construit par les Français en 1751 afin de défendre leurs intérêts dans la région et pour servir de contrepoids à l'érection par les Britanniques l'année précédente du fort Lawrence.

Après quatre années de luttes sans issue, le fort tomba aux mains des Britanniques et des forces coloniales au terme d'un siège de deux semaines : on était en juin de 1755. Le fort joua un rôle dans la Déportation des Acadiens qui débuta vers la fin de 1750 et se poursuivit jusqu'au début des années 1760.

Après avoir pris le fort en 1755, les Britanniques le rebaptisèrent fort Cumberland. Une génération plus tard, en 1776, au début de la Révolution américaine, des dizaines d'anglophones mécontents qui habitaient la région de Chignecto et aux alentours, quelques Acadiens, des Maliseet, des Passamaquoddy et des Mi'kmaq se joignirent à un groupe de patriotes américains pour attaquer le fort Cumberland. Les soldats britanniques défendirent le fort avec succès, dispersèrent les rebelles et en capturèrent plusieurs. Refortifié pour la Guerre de 1812, il fut abandonné en 1835 et c'est en 1920 qu'on le déclara lieu historique national.

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