Carte de la Terre de Rupert
Carte de la Terre de Rupert

En 1850, la Compagnie de la Baie d'Hudson ne veut plus payer pour gouverner ses territoires de traite des fourrures. Elle dispose de plusieurs possibilités : vendre la terre aux États-Unis, en faire une colonie directe de la Grande-Bretagne ou choisir de faire partie du Canada, colonie britannique " autonome " à l'époque, composée de ce qui constitue aujourd'hui le sud de l'Ontario et le sud du Québec. Certains Canadiens sont tout à fait d'accord avec cette dernière option, espérant que le nord-ouest deviendrait une colonie du Canada, un arrière-pays agricole. La Terre de Rupert serait à la fois un marché pour les objets fabriqués au Canada et un fournisseur d'aliments susceptibles d'être exportés pour financer la croissance du secteur manufacturier. Avec les encouragements du gouvernement britannique, la CBH cède ses droits politiques sur la Terre de Rupert au gouvernement canadien en 1869.

Les Métis de la colonie de la rivière Rouge résistent à cette cession. Habitués à exercer un pouvoir politique considérable, ils sont frustrés du fait que le gouvernement canadien ne reconnaît pas les droits fonciers des colons établis. La colonie ici était modelée sur le mode de division des terres seigneurial de la Nouvelle-France, de longues bandes de terre s'étendant de la rivière jusqu'aux pâturages communs, alors que le gouvernement du Dominion préférait le modèle du canton, ce qui supposait une révision des limites des terres et une nouvelle répartition des lots.

Lots riverains à Saint-Norbert
Lots riverains à Saint-Norbert

À l'arrivée des arpenteurs fédéraux venus subdiviser les terres, les Métis ont décidé d'occuper Upper Fort Garry à La Fourche. Depuis ce quartier général, le leader Métis, Louis Riel, a rédigé une liste de droits et constitué un gouvernement provisoire. Les négociations avec le gouvernement canadien ont abouti à la formation de la province du Manitoba en 1870 (la petite province ne faisait que 3 860 milles carrés, ou moins de 10 000 kilomètres carrés). Malgré l'apparente victoire des Métis, le gouvernement n'a pas respecté les modalités de l'accord conclu. Les Métis ont perdu leurs terres, l'autonomie gouvernementale autochtone a été reniée et de nombreux Métis ont été repoussés plus loin vers l'ouest.

Le gouvernement canadien a obtenu l'accès à la plupart des terres dans le sud du Manitoba en concluant, à Lower Fort Garry, le traité nº 1 avec les Cris et les Ojibways de la région. Les Autochtones ont été établis dans des réserves et, avec l'afflux important de nouveaux colons venus du Canada et de l'étranger, c'est tout le caractère de La Fourche et de la ville en essor qui s'est transformé en quelques années seulement.