Les visiteurs du fort Rodd Hill trouveront une plaque commémorant le général Sir Arthur Currie, qui non seulement s’est entraîné sur le site au début du XXe siècle, mais qui est devenu le soldat canadien le plus influent de la Première Guerre mondiale.


Général Sir Arthur Currie, un architecte de la crête de Vimy : l’homme, le mythe.

La bataille de la crête de Vimy a eu lieu du 9 au 12 avril 1917 pendant la Première Guerre mondiale. Un héros de cette bataille fut le général Sir Arthur Currie, GCMB, KCB. Cet ancien professeur devenu général, qui n’avait jamais fréquenté un collège militaire, mais qui avait des idées radicales sur la guerre, a été la principale raison du succès canadien à la bataille de la crête de Vimy.


De professeur à général

 Division III, Boys Central School, Victoria; Sir Arthur Currie, professeur; J.B. Clearihue et les élèves - 1899 Division III, Boys Central School, Victoria; Sir Arthur Currie, professeur; J.B. Clearihue et les élèves - 1899

L’artilleur Arthur William Currie a commencé sa carrière militaire à Victoria, en Colombie-Britannique, en 1897, avec le 5e Régiment de l’Artillerie de garnison canadienne comme soldat. Currie est rapidement promu bombardier (ou caporal), puis est nommé lieutenant la même année. Son ascension rapide dans les rangs résulte de sa grande capacité à former ses collègues et à obtenir les résultats souhaités.

Entre 1907 et 1913, le 5e Régiment remporte tous les trophées Dominion possibles dans des compétitions au Canada et plusieurs compétitions internationales. Le 5e Régiment, sous la direction de Currie, est reconnu comme le meilleur corps d’artillerie du Dominion.

Dans la vie civile, Currie était professeur. L’expression « On naît grand professeur, on ne le devient pas » s’appliquait certainement à Currie. Qu’il s’agisse d’écoliers ou de jeunes artilleurs, son talent d’enseignant était évident et a renforcé sa carrière, malgré la réticence et même les sarcasmes de ses contemporains britanniques.


Montée en grade, communication des plans de bataille et réussites accumulées

> Portrait du lieutenant-colonel Sir Arthur Currie, 1909
Portrait du lieutenant-colonel Sir Arthur Currie, 1909

Au début de la guerre, en août 1914, Currie était le commandant du 50e Gordon Highlanders, nouvellement formé à Victoria (ceci après avoir quitté le 5e Régiment avec le grade de lieutenant-colonel).

Le 29 septembre, il est de nouveau promu, cette fois au grade de brigadier-général, et il est en route pour l’Europe à la tête de l’une des brigades d’infanterie du Canada. Après une série de grands succès, dont la deuxième bataille d’Ypres, Currie est promu major-général et reçoit le commandement de toute la Première Division canadienne.

Comme les hommes qui occupaient des postes de commandement étaient souvent tués ou blessés au combat, Currie appuyait l’idée de s’assurer que tous les grades étaient au courant de l’ensemble du plan de bataille, ce que plusieurs de ses camarades britanniques jugeaient insensé et dangereux.

Malgré ces critiques, les commandants de tous les grades, du général au caporal, reçoivent des cartes des tranchées et sont entraînés sur des champs de bataille fictifs situés derrière le front. Par ailleurs, Currie donne des objectifs spécifiques au niveau des pelotons et des sections.

Bien que des officiers britanniques de haut rang doutent des méthodes de Currie, la capacité du général comme instructeur joue un rôle central dans la bataille prévue pour le début avril prochain.


Vainqueur de l’une des batailles les plus célèbres de la Grande Guerre

La bataille de la Crête de Vimy est devenue presque mythique ici au Canada, mais examinons les faits :

 Lieutenant-colonel Sir Arthur Currie et régiment Lieutenant-colonel Sir Arthur Currie et régiment
  • En tant que commandant de la Première Division canadienne, Currie a été l’un des principaux architectes de l’attaque du 9 avril, aux côtés de son supérieur, le lieutenant-général Sir Julian Byng, un officier britannique qui commandait l’ensemble du Corps canadien.
  • Byng a chargé Currie d’étudier les succès et les échecs des plans de bataille antérieurs, en particulier celui de Verdun, et d’en tirer des leçons pour le plan de Vimy.
  • Currie a insisté pour que tous les hommes soient au courant du plan de bataille afin que celui-ci puisse être exécuté même si les commandants étaient tués au combat.
  • Les officiers subalternes ont été invités à formuler des commentaires et des suggestions.
  • Non seulement l’artillerie a joué un rôle important dans les premières étapes de la bataille, mais le concept du « barrage roulant » a été utilisé pour garder l’ennemi dans les abris jusqu’à ce que les forces canadiennes les dominent de plein fouet.
  • La technologie a joué un rôle important : les canons allemands ont été identifiés à l’aide de l’écholocalisation et de la trigonométrie de sorte que beaucoup ont été détruits dans les premières étapes de la bataille.
  • De plus petits groupes de soldats se sont vus assigner des objectifs allant au-delà de la simple « prise de la colline ». Les soldats connaissaient leurs objectifs et savaient quoi faire si un officier ou un sous-officier supérieur était blessé ou tué.

Aucune de ces stratégies n’était particulièrement nouvelle; la plupart avaient déjà été mises à l’essai. Ce que Currie a fait, c’est de les employer toutes ensemble avec un niveau de formation dû à un professeur. Son expertise de l’artillerie et sa volonté à permettre à d’autres de contribuer à son plan ont rendu la réussite beaucoup plus sûre.

Le 9 avril à midi, la majeure partie de la Crête de Vimy avait été capturée. La côte 145 (le point le plus élevé de la crête) fut prise le 10 avril. Deux jours plus tard, un autre sommet de la crête connu sous le nom de « Bourgeon » fut pris. Les quatre divisions canadiennes, qui constituaient la majorité des troupes, étaient composées de bataillons de toutes les provinces du jeune dominion. Un ancien professeur, un général qui n’avait jamais fréquenté un collège militaire et dont les idées sur la guerre étaient radicales, dirigeait les troupes coloniales, et grâce à une planification minutieuse et une précision sans faille, il a aidé à planifier et à gagner l’une des plus célèbres batailles de la Grande Guerre.

Deux mois après la bataille de la crête de Vimy, le lieutenant-général Byng est promu au commandement de la troisième armée britannique et Currie est promu au poste de Byng, ce qui fait de lui le premier Canadien à commander le Corps canadien.

Le succès du Canada au cours des 18 derniers mois de la guerre est en grande partie attribuable à Currie. À son nouveau poste de commandant de l’ensemble du Corps canadien, il a été en mesure de concevoir et de mettre en œuvre des plans de bataille avec davantage de liberté et de mettre ses tactiques révolutionnaires au service de batailles comme celle de la cote 70 et celle d’Amiens qui ont eu un impact important et durable sur le succès ultime des Alliés sur le front occidental.