3. État actuel

3.1 Le cadre naturel


Le canal de Saint-Ours s’inscrit dans la région climatique de Montréal, reconnue comme la plus chaude du Québec. Cette région bénéficie en effet de la plus longue période de jours sans gel, de la plus longue durée d’insolation et de la plus longue saison de croissance végétale.

Le canal de Saint-Ours fait partie de l’unité morphologique des basses-terres du Saint-Laurent. Le sol remanié et les alluvions récentes recouvrent des dépôts de surface de nature limono-argileuse sur une assise de schistes argileux. Le canal se situe dans la section dite du Bas-Richelieu, délimitée en amont par les rapides situés entre Saint-Jean et Chambly.

Le secteur localisé sur la rive est se trouve en contrebas de la route 133. Il est constitué de remblais ayant progressé selon la nécessité d’établir de meilleurs liens avec l’écluse. La dénivellation et le peu d’espace disponible contraignent la voie d’accès principale à une pente assez prononcée; le reste du secteur demeure plat dans l’ensemble. Le terrain s’abaisse graduellement vers l’amont, devenant sujet aux inondations printanières.

Le relief de l’île Darvard est plus accentué et forme deux buttes orientées nord–sud. Leur configuration crée un passage naturel depuis la porte amont de l’écluse jusqu’à l’extrémité est du barrage. La topographie de l’île pose des contraintes d’accès le long de certaines pentes, nécessitant l’ajout d’escaliers. D’autres sections de pentes se sont révélées sensibles à l’érosion en raison du piétinement trop intense. Sur la rive ouest, le terrain forme une cuvette en pente progressive vers la rivière.

La végétation naturelle se concentre presque essentiellement sur l’île Darvard, dominée par une essence de transition, le pin rouge, et par des essences pionnières, le bouleau et le peuplier. Le peuplement de pins rouges colonise presque toute l’île, accompagné du pin blanc et du tilleul d’Amérique. Le frêne d’Amérique, l’orme rouge et l’amélanchier occupent les parties plus humides en bordure de la rive. Le peuplement de pins rouges sera vraisemblablement exposé, dans les prochaines décennies, à un vieillissement dû à l’approche de sa longévité maximale16.

L’île se distingue également par l’intérêt de la végétation ornementale adulte, constituée d’arbres et d’arbustes aux abords de l’écluse et de l’ancienne maison du surintendant, tout comme par la diversité des espèces et la présence de très beaux spécimens. La rive est possède pour sa part peu de végétation et offre principalement de grandes surfaces gazonnées alors qu’au début du siècle, de grands arbres feuillus peuplaient la rive et l’emplacement de l’ancien moulin. De l’autre côté de la rivière, le terrain ne compte que quelques peupliers de Lombardie formant un alignement le long de la berge.

Considérée comme le plus important affluent du fleuve Saint-Laurent sur la rive sud, la rivière Richelieu est également connue des pêcheurs pour les différentes espèces qu’on y retrouve. Le remplacement de l’ancien barrage du canal de Saint-Ours, en 1969, avait augmenté le dénivelé entre l’amont et l’aval de la rivière et avait conduit à l’élimination de l’ancienne passe migratoire. Depuis, certaines espèces de poissons se retrouvaient dans une situation précaire17.

À la suite de récentes études démontrant la nécessité de rétablir des conditions de libre passage vers l’amont du barrage de Saint-Ours, une nouvelle passe à poissons a été aménagée et inaugurée à l’été 200118.

La majeure partie des berges qui appartiennent à Parcs Canada offrent un aspect artificiel, avec une pente enrochée le long de la rive ouest de l’île et des murs en béton le long du canal, de l’écluse et de la rive ouest de la rivière. Seules les extrémités amont et aval des remblais du secteur est présentent un aspect plus naturel.


16 Ce peuplement se caractérisait autrefois par l’absence de régénération suscitée par la fréquentation intensive des visiteurs, par l’entretien régulier de sa surface en aire gazonnée et par l’absence de contrôle de la circulation piétonne. Les interventions effectuées au cours des années 1995 et 1996 (plantation d’espèces arbustives, aménagement de sentiers et abandon des tontes régulières sous le couvert forestier) devraient favoriser la restauration des sous-strates arbustives et herbacées.

17 Dès 1988, le Comité sur le statut des espèces menacées de disparition au Canada (CSEMDC) identifiait le chevalier cuivré comme étant une espèce menacée. En outre, le chevalier cuivré a récemment été désigné espèce menacée en vertu de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec. Le Plan Saint-Laurent Vision 2000 juge sa conservation prioritaire.

18 La nouvelle passe à poissons, localisée sur la rive ouest de la rivière, du côté de Saint-Roch, est une structure de béton armé de 48,5 mètres de longueur comprenant seize bassins successifs. Les poissons se déplacent à travers une série d’ouvertures verticales jusqu’à l’autre extrémité. Une passe migratoire adjacente a également été aménagée pour les anguilles. Il s’agit de la première passe pour plusieurs espèces de poissons créée au Canada.




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