Introduction

Le lieu historique national du Canada du Canal-de-Saint-Ours est situé à proximité de la municipalité de Saint-Ours, sur la rive droite du Richelieu, entre Chambly et Sorel. D’une superficie de 5 hectares, le lieu désigné est doté d’une écluse qui permet de franchir une dénivellation de 2,4 mètres entre l’amont et l’aval de l’île Darvard, grâce au relèvement du niveau d’eau effectué par le barrage correspondant.

Le canal de Saint-Ours fait partie du réseau de voies navigables intérieures de l’estdu Canada et des États-Unis. De pair avec les canaux de Chambly et de Champlain, il complète l’axe de navigation des rivières Richelieu et Hudson, qui permet de relier Sorel et New York.

Vue aérienne du lieu historique national du Canada du Canal–de–Saint–Ours
Vue aérienne du lieu historique national du Canada du Canal–de–Saint–Ours
© Parcs Canada / Jean Audet / nég. 184/PA/PR-7/SPO-00004

Depuis 1849, date de construction de l’écluse et du barrage d’origine, le canal de Saint-Ours rend possible la navigation sur le Bas-Richelieu et donne accès au bassin de Chambly. L’évolution du trafic maritime a entraîné, parallèlement, le développement des ouvrages de navigation, dont témoignent des ressources et des vestiges datant des XIXe et XXe siècles. L’essor de la navigation de plaisance a transformé ce lieu en un espace récréatif à valeur patrimoniale.

Un lieu historique national

En 1925, la Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) recommande que le développement d’un réseau national de canaux au Canada soit considéré comme thème d’histoire d’importance nationale et entreprend une étude sur les divers canaux canadiens aux fins d’élaborer un projet de commémoration. La Commission recommande, en 1929, que 14 canaux soient reconnus en tant que lieux d’importance historique nationale, omettant cependant le canal de Saint-Ours de cette liste.

Dans le cadre du Programme des accords sur la récréation et la conservation (ARC), Parcs Canada, en remplacement de Transports Canada, se voit accorder, en 1972, la responsabilité de divers canaux dont la vocation est désormais axée sur la navigation de plaisance. Huit canaux historiques, dont le canal de Saint-Ours, sont ainsi transférés, sous condition que leur gestion déborde leur ancienne affectation de voie de transport et mette désormais l’accent sur la protection, la jouissance et l’interprétation de leurs valeurs patrimoniales.1

En 1987, la CLMHC précise que la commémoration des canaux doit prendre l’une des deux formes suivantes : soit l’installation d’une plaque commémorative, soit l’installation d’une plaque combinée à un engagement pris en vue de la conservation et de la mise en valeur des ressources particulières d’importance nationale, comme les bâtiments, les écluses, les déversoirs ou les barrages. La Commission déclare alors que « le canal historique de Saint-Ours a une importance historique nationale à titre de voie navigable faisant partie du réseau national des canaux du Canada »; cependant, elle mentionne que « la commémoration au moyen d’une plaque s’avérera suffisante »2.

En 1994, les « Principes directeurs et politiques de gestion » de Parcs Canada viennent définir, dans le cadre d’un énoncé global, les principes généraux visant à orienter les programmes nationaux touchant la protection et la mise en valeur du patrimoine naturel et culturel. Au-delà de l’avis exprimé par la CLMHC en 1987, le canal de Saint-Ours devient alors assujetti aux orientations plus détaillées exprimées dans la « Politique sur les canaux historiques », la « Politique sur les lieux historiques nationaux » ainsi que la « Politique sur la gestion des ressources culturelles ».


1. Compte tenu de leur double vocation, les canaux historiques sont administrés en vertu de la Loi sur le ministère des Transports et les règlements afférents aux canaux historiques sous cette loi, ainsi qu’en vertu de la Loi sur les lieux et monuments historiques qui régit l’administration, la protection et le maintien des lieux historiques nationaux

2. Délibérations et recommandations de la CLMHC, novembre 1987.




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