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7. STABILISATION DES RIVES

CONTEXTE

La stabilisation des rives désigne divers travaux conçus pour empêcher ou réduire l’érosion. Ces travaux comprennent les méthodes de premier choix de bio-ingénierie ou d’enrochement ou de l’aménagement de divers murs de soutènement qui sont habituellement faits de pierres de protection, de béton, d’acier, de bois, de plastique ou de gabions.

Bien que les murs de soutènement aient des avantages à court terme, le maintien en place de la végétation aquatique émergente et la plantation d’autres arbres et arbustes sur la rive (bio-ingénierie) constituent la méthode idéale et la plus efficace pour arrêter et prévenir l’érosion d’une manière respectueuse de l’environnement. L’enrochement, qui consiste à placer des pierres angulaires propres ou du moellon de roche sur une pente, peut être utilisé conjointement avec les méthodes de bio-ingénierie ou lorsque celles-ci, utilisées seules, ne seraient pas efficaces. L’enrochement au moyen de quartiers de roche de bonnes dimensions placés le long de la rive sur une toile filtrante géotextile est très efficace pour disperser l’action des vagues et empêcher l’érosion du sol par ruissellement tout en laissant filtrer lentement et naturellement l’humidité de la terre dans la nappe d’eau.

Les répercussions les plus négatives des murs de soutènement par rapport aux autres méthodes de stabilisation des rives sont les suivantes :

  • Transformation et durcissement de la rive;

  • © Parcs Canada
  • Empiètement sur le lit du canal ou de la voie navigable;
  • Modification du caractère patrimonial du canal ou de la voie navigable;
  • Perturbation ou destruction de ressources culturelles;
  • Modification, perturbation ou disparition de l’habitat du poisson;
  • Perturbation de l’énergie des vagues et des modèles des courants;
  • Transport des sédiments, turbulence et affouillement du fond;
  • Désorganisation du cycle de vie des organismes aquatiques comme le blocage du passage des amphibiens et des reptiles entre la terre et l’eau;
  • Perte à court ou à long terme de la végétation indigène riveraine qui joue un rôle important dans la prévention de l’érosion et le glissement du manteau dans la nappe d’eau;
  • Les murs mal construits sont beaucoup plus susceptibles aux dommages causés par le gel, à l’érosion lorsqu’ils sont inondés ou martelés par les vagues et à la destruction sous l’effet du mouvement des glaces.

Parcs Canada approuve habituellement les mesures visant à stabiliser des rives qui sont écologiquement fragiles.

POLITIQUES

  1. Le maintien en place de la végétation indigène riveraine, la bio-ingénierie et l’enrochement sont, dans l’ordre, les méthodes idéales de stabilisation des rives.
  2. L’enrochement est habituellement approuvé pour la stabilisation des rives, sous réserve de ce qui suit :
    • On doit utiliser des pierres angulaires ou des roches importées propres mesurant entre 10 et 45 cm (4 et 18 po);
    • Une toile filtrante géotextile doit être installée sous et derrière les roches;
    • On recommande un taux de pente de 3:1 (horizontal : vertical) et d’au plus 2:1, à moins qu’un rapport géotechnique approuvé ne le propose pour de justes raisons;
    • L’excavation pour aménager la pente doit se faire sur la berge; il est habituellement interdit d’excaver ou de draguer le lit;
    • La pierre naturelle doit être apportée et non prélevée dans le lit du lac ou de la rivière aux fins de la stabilisation des rives.
  3. Un empiètement d’au plus 1 m (3 pi) pour les arbustes et 1,5 m (5 pi) pour les arbres sur le lit du lac ou de la rivière aux fins de la stabilisation des rives par l’enrochement peut être autorisé s’il s’avère que :
    • L’empiètement est nécessaire pour protéger des arbres, arbustes et autre végétation naturelle importants qui sont menacés par l’érosion;
    • L’empiètement ne nuira pas aux poissons ou aux frayères;
    • Les travaux de stabilisation des rives n’entraîneraient pas l’élimination d’une végétation riveraine naturelle importante;
    • Dans des circonstances exceptionnelles, un empiètement supérieur à 1,5 m (5 pi) peut être autorisé avec une étude géotechnique à l’appui.
  4. On peut envisager d’autres méthodes de stabilisation des rives si :
    • La bio-ingénierie ou l’enrochement ont été envisagés et jugés inacceptables en raison des conditions de l’endroit;
    • L’ouvrage est aménagé au-dessus de la laisse des hautes eaux et s’il n’y a pas d’empiètement sur le lit du plan d’eau;
    • L’ouvrage ne modifie pas le contour riverain;
    • L’ouvrage n’entraîne pas la disparition de la végétation naturelle du rivage;
    • L’ouvrage n’a pas de répercussions importantes sur le caractère patrimonial du lieu historique national;
    • Le mur de soutènement n’entraîne pas la modification, la perturbation ou la disparition de l’habitat du poisson ou d’un autre habitat faunique;
    • Le remblai est un matériau propre provenant d’ailleurs;
    • Une toile filtrante est installée derrière l’ouvrage pour empêcher le passage de fines particules dans l’eau;
    • Des roches ou du moellon de roche propres provenant d’ailleurs, d’une grosseur approuvée par le Canal ou la Voie navigable, sans limon ni débris organiques, sont placés au pied du mur pour empêcher l’affouillement et créer un habitat aquatique;
    • La construction de ces ouvrages a été approuvée par l’organisme approprié dont relève l’aménagement du secteur riverain.

Lorsqu’il faut corriger des pentes exceptionnelles ou dont la stabilité est inhabituelle, le rapport géotechnique exigé peut remplacer les politiques sur la stabilisation des pentes.


© Parcs Canada

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