5.0 Activités historiques et infrastructures

C'est à Banff, il y a plus d'un siècle, à une époque où subsistaient encore au Canada de vastes étendues sauvages, que fut aménagé le premier parc national de notre pays. Il était alors courant de créer, dans les parcs nationaux, des agglomérations permanentes de même que des centres de villégiature saisonniers pour répondre aux besoins et attentes des visiteurs. Dans certains cas, ce sont les corridors de transport admirés pour leur paysage saisissant et leur attraction sur le tourisme plutôt que pour leurs autres qualités naturelles qui donnèrent lieu à l'aménagement de parcs. Tous ces développements font partie de l'histoire des parcs nationaux. De nos jours, valeurs et buts ont changé, mais les agglomérations et installations récréatives, terrains de golf et stations commerciales de ski alpin continuent d'attirer des visiteurs dans les parcs et de procurer des retombées économiques.

Grâce à une planification judicieuse, Parcs Canada, après avoir consulté tous les intervenants, peut gérer ces agglomérations, corridors de transport et installations récréatives en évitant les effets négatifs sur l'intégrité écologique des parcs. Les agglomérations situées dans les parcs nationaux et la façon dont elles sont dirigées, démontrent l'importance indéniable de l'intégrité écologique, de l'écocivisme, de la gérance environnementale et du développement durable. Tous ces aspects se manifestent dans les projets de recherche appliquée et les partenariats.

Étant donné qu'au Canada les zones sauvages encore intactes sont de moins en moins nombreuses, il ne convient plus d'aménager de nouvelles agglomérations ou des infrastructures récréatives d'envergure dans les parcs nationaux existants ou projetés.


5.1 Agglomérations dans les parcs nationaux

En raison de leur taille, de leur population permanente, des services qui y sont offerts à longueur d'année et de l'importance de leur infrastructure municipale, Banff et Jasper sont considérées comme des villes. Elles sont des agglomérations qui jouissent d'une assiette d'impôt adéquate pour être autonomes. C'est pourquoi, suite à l'accord des résidents et en vertu des clauses contenues dans les modifications apportées à la Loi sur les parcs nationaux, Parcs Canada a commencé, en 1988, de négocier le transfert à la ville de Banff de l'administration municipale relative à la taxation, aux services et à la planification. Le premier janvier 1990, la ville était officiellement incorporée comme municipalité de l'Alberta selon les conditions stipulées dans l'entente fédérale provinciale.

Le titre de «centre de services aux visiteurs» est attribué aux agglomérations qui fournissent une concentration d'installations et de services d'accueil. Waterton, Wasagaming et Waskesiu sont des centres de services aux visiteurs en plus d'être les centres administratifs des parcs nationaux respectifs des Lacs-Waterton, du Mont-Riding et de Prince-Albert. L'utilisation touristique de ces centres est essentiellement saisonnière, et ils offrent une gamme limitée d'installations. Des terrains ont été autrefois fournis pour l'aménagement de chalets saisonniers dans chacun de ces centres de services aux visiteurs, quand une telle utilisation semblait judicieuse.

Field, dans le parc Yoho, et Lac-Louise, dans le parc Banff, sont également des centres de services aux visiteurs mais ne disposent pas d'aires destinées à des chalets. En réalité, tous les terrains résidentiels de Lac-Louise sont liés aux baux commerciaux et aménagés pour l'hébergement du personnel, tandis que l'agglomération de Field est surtout résidentielle et accueille le centre administratif du parc ainsi que le centre opérationnel du Canadien Pacifique.

Les lotissements de villégiature destinés aux chalets d'été ont été créés au cours de l'histoire des parcs nationaux de Jasper, Wood Buffalo, Prince-Albert et du Mont-Riding.

5.1.1
Les délimitations de la ville de Banff ont été établies par un plan communautaire préparé en conformité avec le plan de gestion du parc et définis dans la Loi sur les parcs nationaux. Les mêmes dispositions s'appliqueront à la ville de Jasper si les résidents optent pour l'autonomie gouvernementale.

5.1.2
Aucune nouvelle agglomération ne sera aménagée à l'intérieur des parcs nationaux.

5.1.3
Des énoncés de principes orientant la gestion des agglomérations dans les parcs peuvent être préparés et approuvés par le ministre.

5.1.4
Aucun terrain supplémentaire ne sera alloué pour des chalets privés et des camps, ni pour des aires de camping saisonnier.

5.1.5
Lorsqu'une agglomération existe dans un parc national, un plan communautaire sera préparé à partir du plan de gestion du parc. Ce plan communautaire sera approuvé par le ministre.

5.1.6
Parcs Canada encourage la formation de groupes communautaires pouvant conseiller le directeur du parc sur les questions d'intérêt local.

5.1.7
Les agglomérations situées dans les parcs nationaux continuent d'appartenir à la Couronne du Chef du Canada. Le ministre responsable de Parcs Canada donne l'approbation finale aux plans communautaires et aux réglementations d'utilisation foncière ou arrêtés municipaux fondés sur les plans communautaires et est l'autorité finale en matière de planification.

5.1.8
Lorsque Parcs Canada conserve l'administration exclusive des lotissements urbains, les charges et les taxes pour les services municipaux et de santé sont fondées sur les données comptables des cots et les pratiques de taxation municipale de la province dans laquelle le parc est situé.


5.2 Terrains de golf et stations commerciales de ski

5.2.1
En raison de la superficie et des manipulations intensives du milieu naturel qu'ils exigent, aucun nouveau terrain de golf ne sera aménagé dans les parcs nationaux. Aucune expansion d'un terrain de golf existant ne sera considérée.

5.2.2
En raison de leur impact sur le milieu alpin et sub-alpin, les modifications de 1988 à Loi sur les parcs nationaux interdisent l'aménagement de nouvelles stations de ski commerciales dans les parcs nationaux. Les cinq stations de ski alpin existantes seront gérées, à l'intérieur de leurs limites légales, conformément aux plans d'aménagement à long terme approuvés par le ministre responsable de Parcs Canada à la suite de consultations publiques.