Manuel pour l'enregistrement des données archéologiques

Annexe I: Autres exemples d’application du système de provenance

Centre de services de l’Atlantique (Halifax)

Par Charles Burke

La reconnaissance archéologique du LHN de la Forteresse de Louisbourg a mené à la découverte de centaines de vestiges, trouvés en surface, d’aménagements réalisés pendant les sièges du 18e siècle. De façon générale, ces aménagements correspondent à des « travaux » identifiés sur des cartes et des plans de l’époque. Par exemple, 16 aménagements structuraux uniques (fondations de pierre qu’on peut considérer comme une seule unité d’analyse) étaient regroupés à un emplacement identifié sur les plans du siège comme le site du camp du 47e régiment du Lt. gén. Lascelle. Ce secteur est compris dans le site archéologique numéro 61L. Au moment de l’enregistrement des données, le numéro d’opération suivant qui était disponible était le 13 et nous avons attribué des lettres de sous-opération consécutifs à chaque aménagement. Ainsi, tous les aménagements connus et associés au camp de Lascelle sont identifiés, enregistrés et catalogués sous les numéros 61L13A-13R. Cette méthode a été appliquée uniformément à la découverte de plus de 800 aménagements.

Un deuxième exemple concerne les sondages archéologiques réalisés dans un nouveau corridor routier qui traverse le parc historique. La longueur du corridor était de 2,6 km et une superficie de 22 000 mètres carrés devait faire l’objet de sondages. Les sondages consistaient en unités carrées de 0,50 m à intervalles de 7,0 m le long de chacun des transects de reconnaissance. Comme le corridor traversait trois sites archéologiques (54L, 59L et 60L), nous avons attribué trois numéros d’opération (54L52, 59L13 et 60L2) aux sondages. Dans chaque opération, une seule sousopération a été assignée aux zones géographiques. Dans 59 L, par exemple, les sondages dans le corridor au sud de la route 22 ont été identifiés par le numéro 59L13A et ceux du côté nord par le numéro 59L13B. Chaque sondage fait à la pelle a été fouillé comme un seul lot. Lorsque nous avons trouvé des « sites » qui exigeaient des fouilles plus poussées, nous sommes revenus à l’utilisation normale du système de provenance.

Centre de services de l’Ontario (Cornwall)

Par Brian Ross

Voici une brève description de la façon dont j’ai appliqué le système à mon travail. L’élément clé de mon interprétation du système est l’application d’une hiérarchie géographique stricte dans ma façon de numéroter la provenance. Comme mes numéros sont lus de gauche à droite, on s’approche de plus en plus d’un emplacement particulier. Si on l’applique aux fouilles, on peut localiser avec précision un objet ou un document, uniquement par le numéro de provenance, jusqu’à un dépôt de 5 cm ou une distribution de 1x1 m. Par exemple :

Numéro de site : Comme plus grandes unités du système de provenance, les numéros de sites ont été attribués à chacun des parcs ou lieux historiques nationaux (p. ex., 11H = Parc national de la Pointe-Pelée).

Opération: Comme subdivision d’un site, ce numéro est utilisé pour désigner des aires particulières dans les parcs ou les lieux (p. ex., 11H15 = aire de fréquentation diurne de la Promenade de bois du marais, Pointe-Pelée).

Sous-opération : Dans les aires fouillées, on attribue à chaque unité un numéro de sousopération. De façon générale, j’essaie de toujours procéder par des unités de 2 X 2 m. Lors des reconnaissances, les lettres de sous-opération sont utilisés pour subdiviser l’opération en aires plus petites, plus faciles à travailller ou plus descriptives (p. ex., 11H15D = le stationnement principal de la promenade de bois du marais, 11H15E = l’aire arrière de la dune, etc.)

Numéro de lot : Dans les reconnaissances à la pelle, on attribue les numéros de lot à des sondages productifs et dans les reconnaissances de surface, ils peuvent être utilisés pour désigner des découvertes en surface (p. ex. 11H15E1-124). Lors des fouilles, le numéro de lot décrit la séquence verticale particulière de chaque sous-opération ou des aménagements culturels indépendants. C’est mon utilisation des numéros de lot lors des fouilles qui distingue mon système de provenance du système officiel de Parcs Canada. Chaque numéro dans le champ à trois chiffres représente des renseignements précis :

Le premier caractère (1_ _, 2 _ _, 3 _ _, etc.) indique la séquence verticale de la stratigraphie du sol naturel.

Le deuxième caractère (_1_, _2_, _3_, etc.) indique la séquence des niveaux arbitraires de 5 cm dans une strate naturelle dont l’épaisseur est de plus de 5 cm. Dans le cas des strates qui ne dépassent pas 5 cm d’épaisseur, on n’a qu’une désignation « 1 » (pour un seul niveau) à attribuer.

Le dernier caractère identifie le quadrant particulier à l’intérieur de la sous-opération où la strate se trouve. Les quadrants sont identifiés dans le sens des aiguilles d’une montre en partant du nordouest comme suit : _ _ 1 = quad. NO, _ _ 2 = quad. NE, _ _ 3 = quad. SE et _ _ 4 = quad. SO.

On traite les aménagements en séquence, comme toute autre strate.

Centre de services de l’Ontario (Ottawa), unité d’archéologie subaquatique

Par Jim Ringer

Voici un exemple d’un système quelque peu artificiel utilisé pendant la reconnaissance des épaves de l’Aire marine nationale de conservation de Fathom. Un numéro de site (38M) a été utilisé pour désigner le parc. L’opération et la sous-opération 1A étaient entièrement artificielles et ne renvoyaient à rien en particulier. On a attribué à chaque épave un numéro de lot distinct; ainsi 38M1A17, par exemple, correspond à l’Arabia. Ce système a été adopté car aucune fouille n’a été réalisée, notre travail consistant simplement à évaluer et à documenter les vestiges visibles. Le système de provenance servait principalement d’outil pour gérer les dossiers produits dans le cadre du projet.

Centre de services de l’Ouest (côte ouest)

Par Daryl Fedje

Nous utilisons le système de provenance un peu différemment par rapport aux autres régions. C’est en grande partie en raison de notre travail qui s’intéresse particulièrement à l’archéologie des Premières nations plutôt qu’à l’archéologie militaire ou historique liée à la traite des fourrures.

Chaque site archéologique, qu’il s’agisse d’une découverte isolée ou d’un grand village, est identifié par un numéro de site unique. Nous utilisons les numéros d’opération pour identifier les blocs de fouille ou un sondage unique s’il n’est pas contigu aux autres.

La sous-opération est utilisée (au-delà de la sous-opération par défaut « A ») lorsque la division systématique d’une opération est nécessaire. Il s’agit généralement de carrés de 1,0, 0,5 ou 0,25 m. Nous utilisons un système de quadrants ou de quadrillage parce que les sites préhistoriques que nous fouillons généralement ne comportent pas de vestiges en surface d’éléments structuraux ou d’activités, et ces derniers sont souvent uniquement dérivés de la cartographie en 3 dimensions ou d’une analyse statistique (c-à-d., plus proche voisin, etc., des collections d’objets selon leur provenance par rapport au quadrillage).

Le lot est principalement utilisé pour définir une unité stratigraphique, qu’il s’agisse d’une couche naturelle ou arbitraire. On donne aussi des numéros de lot aux aménagements, mais pas consécutifs à ceux attribués aux couches (p. ex., un foyer, un trou de poteau ou un groupe d’objets peut être désigné comme le lot 101, 102, etc.)


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