Les Nuu-chah-nulth, sculpteurs sur bois et artisans de la côte du Pacifique

Hochet en forme d’oiseau, collection Yuquot, vers la fin du XIXe siècle. © Parcs Canada / X.78.49.1

Pour la semaine du lundi 14 mars 2022.

Le 15 mars 1978, Parcs Canada acquiert ce magnifique hochet nuu-chah-nulth en forme d’oiseau sculpté dans le bois. Il date de la fin du XIXe siècle et fait partie de la collection Yuquot d’artefacts nuu chah nulth. Créés pour les cérémonies et considérés comme sacrés, les hochets en forme d’oiseau comme celui-ci sont utilisés pour accompagner les chansons et les chants cérémoniels.

Les Nations nuu-chah-nulth et leurs fameux sculpteurs sur bois, artisans et baleiniers vivent sur la côte ouest de l’île de Vancouver depuis des temps immémoriaux. Le lien qui les unit à la terre et à la mer est fort. En utilisant des ressources de part et d’autre, en particulier des os de baleine et du bois de cèdre, elles développent une tradition artistique raffinée. Les Nations nuu-chah-nulth créent quelques-uns des objets les plus exceptionnels et les plus beaux de la côte canadienne du Pacifique, par exemple des canoës, des masques, des chapeaux tressés, des paniers et des hochets. Au cours du XIXe siècle, elles commencent également à intégrer la peinture à leur art. Leur style se caractérise notamment par des lignes franches et des formes géométriques.

Les objets confectionnés ont une importance et des rôles culturels et religieux. Ils sont utilisés dans les rituels et les cérémonies et sont des incarnations du monde spirituel nuu-chah-nulth, y compris d’ancêtres et d’esprits, comme l’oiseau tonnerre. Les objets créés présentent également des emblèmes, à savoir des créatures de lignées familiales ne pouvant être arborées que par les membres et les descendants de ces lignées. Ces emblèmes sont acquis par les ancêtres dans le cadre d’expériences surnaturelles et transmis lors de cérémonies. Les objets cérémoniels sont conçus par des maîtres sculpteurs.

L’arrivée des Européens ébranle les Nations nuu-chah-nulth et leur culture. Celles-ci sont exposées à des maladies et se voient imposer des politiques fédérales d’assimilation, comme la Loi sur les Indiens de 1876, l’interdiction de tenir des potlatchs à partir de 1885 — des cérémonies au centre de la culture nuu-chah-nulth — et le système de pensionnats autochtones. Les chefs autochtones sont emprisonnés pour avoir pratiqué leur culture, et leurs objets cérémoniels sont confisqués, détruits et vendus à des musées. Bien que des articles de la Loi sur les Indiens soient révoqués, y compris l’interdiction de tenir des potlatchs, en 1951, toutes ces politiques ont eu des effets sociaux et culturels dévastateurs sur plusieurs générations, menant par exemple à l’effritement des connaissances traditionnelles. Les Nations nuu-chah-nulth continuent de se battre pour récupérer les biens qui leur ont été ravis.

L’art nuu-chah-nulth connaît un renouveau dans la seconde moitié du XXe siècle, tandis que les Nations nuu-chah-nulth commencent à revendiquer leurs traditions et leur patrimoine culturel. La sculpture sur bois tient un rôle important dans cette renaissance de la culture nuu-chah-nulth et elle nécessite de grandes compétences et connaissances que seuls des maîtres-sculpteurs formés possèdent. Dès son très jeune âge, Joe David, artiste nuu-chah-nulth, est inspiré par de grands maîtres-sculpteurs. Avec l’encouragement de sa famille et de sa communauté, il se donne comme mission d’honorer ses ancêtres par son art. Il commence alors à étudier la tradition de la sculpture sur bois avec l’aide de l’historien Bill Holm et du sculpteur Duane Pasco. Devenu maître-sculpteur, il poursuit l’étude des objets traditionnels créés par ses ancêtres et fait revivre des éléments traditionnels nuu-chah-nulth dans son art, inspirant les générations futures.

Aujourd’hui, l’art nuu-chah-nulth est vivant grâce à des artistes comme Joe David, Tsa-qwa-supp (Art Thompson), Ki-ke-in (Ron Hamilton) et Tim Paul, qui partagent leur passion pour la sculpture sur bois traditionnelle nuu-chah-nulth. Ces artistes créent des pièces à exposer et des objets cérémoniels nuu-chah-nulth, mettant de l’avant leur culture et leur identité.

Si vous désirez en savoir plus sur cet objet ou sur d’autres pièces de la collection nationale de Parcs Canada, veuillez communiquer avec la direction de la Conservation, à l’adresse pc.conservation-curatorial.pc@canada.ca.


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