Wii Niisł Puuntk : matriarche gitga’at de Hartley Bay

Plaque en bronze de la CLMHC commémorant Wii Niisł Puuntk, une matriarche des Gitga’at, le 4 octobre 2018. © Parcs Canada

Pour la semaine du 30 septembre 2019.

Le 4 octobre 2018, une plaque commémorant Wii Niisł Puuntk (aussi connue sous le nom de Lucille Clifton) a été dévoilée dans le village de Hartley Bay, en Colombie-Britannique. Chaque année, à l’automne, Wii Niisł Puuntk organisait un grand festin dont on se souvient encore aujourd’hui. Elle a joué un rôle déterminant dans l’enseignement des méthodes traditionnelles de récolte, de préparation et de partage des aliments.

En 1876, une fille nommée Mooxs, un nom de haut rang, voit le jour dans la famille royale de Sinaxeet, dans le clan Laxsgiik (clan de l’Aigle). Ses parents meurent lorsqu’elle a dix ans et elle est confiée à sa tante maternelle, Mary (aussi connue sous le nom de Wul Puun), et à son mari, le chef Neasloss de Kitasoo. Mooxs sera peu après baptisée sous le nom de Lucille Buxton. En 1891, elle marie Heber L. Clifton qui est un membre important du clan Gispudwada (clan de l’Orque) de la Première Nation des Gitga’at (Ts’msyen). Le couple a 12 enfants dont neuf se rendent à l’âge adulte et occupent des rôles de leader de la communauté.

Lucille porte beaucoup de noms durant sa vie, chacun d’eux associés à un rang et à des responsabilités. En 1980, elle reçoit le nom de Wii Nii Puun, soit un nom du plus haut rang possible pour une femme du clan de l’Aigle. Elle acquiert ce nom en tant que matriarche de la communauté des Gitga’at qui, comme les autres Premières Nations Ts’msyen, est une société matrilinéaire. Au fur et à mesure qu’elle apprend son rôle de chef, Lucille est aussi connue sous le nom de No’os (mère) tandis que Heber est appelé Hadiix (père). Sous le nom de No’os, elle travaille à de nombreux niveaux pour contribuer au mieux-être de sa famille et de sa collectivité ainsi qu’à la conservation des traditions culturelles.

Wii Niisł Puuntk joue un rôle essentiel dans l’enseignement du savoir traditionnel et de la langue Sm’algyax aux jeunes générations de sa communauté, surtout à ses petits-enfants, et ce, malgré des lois qui interdisent aux Premières Nations toute pratique culturelle, y compris les cérémonies de grands rassemblements comme le potlatch. La famille et la communauté de Wii Niisł Puuntk se souviennent d’elle pour son travail auprès des femmes et des enfants à qui elle transmettait ses connaissances sur la médecine traditionnelle et la profession de sage-femme, y compris son savoir sur la prévention des maladies infectieuses et la récolte ainsi que la transformation d’aliments nutritifs comme le saumon, les myes, les algues et les baies.

Parmi les plus importants éléments du legs de Wii Niisł Puuntk, il y a les festins communautaires qu’elle a organisés à partir des années 1920 et jusqu’aux années 1950. Ces repas comportaient un éventail de mets traditionnels comme des pommettes (moolks) et des pimbinas (lhaaya) avec de la graisse d’eulakane fouettée, du saumon coho demi-fumé (wüüx, ts’aal) avec du caviar de saumon (uuskm laan), des bleuets (wo’oksil) et des fruits du salal (dzawes), des algues séchées (lha’ask) et du thé du Labrador (k’wila’maxs). Les membres de la communauté, particulièrement ceux du clan de l’Aigle, participaient à la préparation de ce festin, ce qui leur permettait d’en apprendre davantage sur les aliments traditionnels et les protocoles liés aux places des convives, aux cadeaux et aux discours. Dans la communauté des Gitga’at, on parle encore de ces célébrations qui sont une source d’inspiration pour les festins d’aujourd’hui. Wii Niisł Puuntk est décédée le 6 septembre 1962 à Hartley Bay, à l’âge de 86 ans.

Wii Niisł Puuntk, aussi connue sous le nom de Lucille Clifton, est une personne d’importance historique nationale. La Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration de personnes historiques nationales – des individus qui ont apporté des contributions uniques et durables à l’histoire du Canada.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Pour de plus amples informations sur le processus de présentation d’une demande de désignation, consultez la page suivante : https://www.pc.gc.ca/fr/culture/clmhc-hsmbc/ncp-pcn.

Juin est le Mois national de l’histoire autochtone. Apprenez-en davantage sur la diversité des histoires et des cultures des Peuples Autochtones en consultant les articles sur Skmaqn-Port-la-Joye-Fort Amherst, Francis Pegahmagabow (1889–1952), Wii Niisł Puuntk : matriarche gitga’at de Hartley Bay, et Tisser son identité : la vannerie nlaka’pamux.