Helen Creighton : une folkloriste d’avant-garde

Helen Creighton enregistrant des chansons avec William Gilkie de Sambro (Nouvelle-Écosse), 1959. © Bibliothèque et Archives Canada / Office national du film / e011177107
Helen Creighton et John Hobday, producteur à la CBC, discutant d’émissions dramatiques inspirées de l’ouvrage de Creighton, Bluenose Ghosts, 1959. © Bibliothèque et Archives Canada /Office national du film / e011177106

Pour la semaine du 12 août 2019

Le 18 août 2017, le gouvernement du Canada a désigné la folkloriste Helen Creighton personne historique nationale en raison de son apport important comme collectrice et éditrice prolifique de récits, de coutumes et de chansons traditionnels des Maritimes.

Creighton voit le jour en 1899 dans une famille influente de Dartmouth (Nouvelle-Écosse). Elle fait ses études à Halifax et à Toronto, et œuvre comme travailleuse sociale, éducatrice et journaliste, rédigeant notamment des articles pour le magazine Maclean’s et le journal Montreal Star.

En 1928, alors qu’elle vit à Dartmouth (Nouvelle-Écosse) dans la résidence familiale connue sous le nom d’Evergreen, Creighton commence à recueillir des chansons et des récits à Eastern Passage, une région près d’Halifax. Elle se déplace dans les Maritimes en voiture, à pied et en bateau, transportant son lourd matériel d’enregistrement. La folkloriste réalise plus de 4 000 enregistrements auprès des populations acadienne, anglaise, gaélique, française, mi’kmaq, afro-canadienne et allemande de Nouvelle-Écosse.

Creighton amorce sa carrière dans le domaine du folklore avant que celui-ci ne soit considéré comme une discipline professionnelle ou n’acquière une réelle reconnaissance à l’intérieur ou à l’extérieur du milieu universitaire. Aucun programme universitaire d’études folkloriques menant à l’obtention d’un diplôme n’existe au Canada avant 1944, lorsque l’Université Laval en met un en place. Les établissements tels que le Musée national du Canada (aujourd’hui appelé Musée canadien de l’histoire) ont contribué à faire progresser le domaine du folklore grâce à l’embauche d’experts en la matière, au financement de travaux sur le terrain et à la publication de recherches universitaires. Bien qu’elle soit l’objet de critiques en raison de son manque de formation officielle et sujette à la discrimination en raison de son genre, Creighton persiste, collectionnant des œuvres pour l’American Library of Congress (1943-1948) et travaillant comme chercheuse sur le terrain pour le Musée national du Canada (1947-1967).

Creighton présente ses collections à des auditoires à travers le pays et ailleurs dans le monde. Elle donne des conférences aux États-Unis et au Canada, et publie de nombreuses collections sous forme de livre, comme le recueil Traditional Songs from Nova Scotia (1950), qui contribue à populariser l’hymne non officiel « Farewell to Nova Scotia », et l’ouvrage à succès Bluenose Ghosts (1957). À la suite d’une rencontre fortuite avec le dirigeant de la Canadian Broadcasting Corporation (CBC), elle fait ses débuts à la radio dans le cadre d’une émission nationale en 1938 et 1939. Celle-ci se distingue des autres émissions de la CBC du fait qu’elle met en valeur des enregistrements recueillis sur le terrain et que Creighton insiste pour que des chanteurs traditionnels soient en vedette aux côtés des musiciens de formation généralement entendus sur les ondes.

Helen Creighton, désignée personne historique nationale, meurt à Dartmouth en 1989 à l’âge de 90 ans.


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