« Fils sur papier » : L’immigration chinoise au Canada

Vue en direction ouest depuis Columbia jusqu’à Carrall sur la rue E. Pender, 1904, Vancouver (C.-B.) © Vancouver Public Library/Philip Timms VPL Accession #: 7234

Pour la semaine du lundi le 27 mai 2019.

Le 29 mai 1960, Bill Cunningham, journaliste à la CBC, rapporte que la police enquête sur des cas présumés d’introduction clandestine d’immigrants chinois à Vancouver, en Colombie-Britannique. D’éminents Canadiens d’origine chinoise s’élèvent contre les descentes policières, notamment Jean Lumb, qui deviendra plus tard la première sino-canadienne à recevoir l’Ordre du Canada. « Cela jette la suspicion sur le people chinois », dit-elle. « Quel terrible gâchis ! Comment des gens pourraient-ils passer le reste de leur vie avec le mauvais nom de famille, en vivant dans la crainte d’être déportés? »

Le Canada a longtemps restreint l’immigration chinoise au pays. En vertu de l’Acte de l’immigration chinoise de 1885, le gouvernement fédéral imposait un droit d’entrée dissuasif qui empêchait en fait de nombreuses personnes d’origine chinoise d’être admises au Canada. Cette limitation stricte de l’immigration chinoise reflétait les préjugés anti-asiatiques persistants et profondément enracinés dans la société canadienne. Les préjugés en question trouvent leur expression ultérieurement dans une loi d’exclusion, la Loi de l’immigration chinoise de 1923. Cette loi est abrogée en 1947, mais l’immigration chinoise est encore restreinte. Étant donné les restrictions antérieures en matière d’immigration, peu de Canadiens d’origine chinoise répondent aux exigences relatives à la citoyenneté pour parrainer l’entrée de conjoints ou d’enfants au pays.

Beaucoup fuient le conflit avec le Japon dans les années 1930, la guerre civile en Chine à la fin des années 1940 ou le communisme chinois dans les années 1950. Pendant ce temps, de nombreux immigrants d’origine chinoise arrivent au Canada illégalement en adoptant de fausses identités qui les lient à des familles déjà présentes au pays, et c’est pourquoi on les appelle « fils sur papier ».

En 1960, Douglas Jung, ancien combattant de la Seconde Guerre mondiale et premier député sino-canadien, présente un projet de loi d’initiative parlementaire visant à accorder l’amnistie aux « fils sur papier. » Dans le cadre du programme de rectification de statut à l’intention des immigrants chinois, près de 12 000 de ces immigrants sont amnistiés entre 1960 et 1973.
Au cours de cette même période, de nouveaux règlements adoptés en 1962 et en 1967 éliminent également les dispositions explicitement racistes limitant l’immigration au Canada. La mise en place d’un « système de points », par exemple, rend les compétences plus importantes que la « race » ou l’origine nationale dans le processus de sélection des nouveaux arrivants.

Le quartier chinois de Vancouver et le quartier chinois de Victoria ont été désignés lieux historiques nationaux du Canada.La Commission des lieux et monuments historiques du Canada (CLMHC) conseille le gouvernement du Canada sur la commémoration de lieux historiques nationaux qui peuvent inclure une variété de sites historiques tels que des jardins, des cimetières, des ensembles de bâtiments et des paysages culturels.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada. Pour de plus amples informations sur le processus de présentation d’une demande de désignation, consultez la page suivante : https://www.pc.gc.ca/fr/culture/clmhc-hsmbc/ncp-pcn


Mai est le Mois du patrimoine asiatique. Apprenez-en davantage sur les histoires, les réalisations et les contributions des Canadiens d’origine asiatique en explorant des articles dans nos archives en ligne sur les « Fils sur papier » : l’immigration chinoise au Canada, SS Komagata Maru, la relocalisation forcée des Canadiens d’origine japonaise pendant et après la Seconde Guerre mondiale, le temple Gur sikh d’Abbotsford, et The New Canadian: une voix pour les Canadiens d’origine japonaise.