« Une femme dans un monde d’hommes »

Casgrain recevant le Prix du Gouverneur général de la part d’Edward Schreyer © Gouvernement du Canada / Bibliothèque et Archives Canada / e002415955
Casgrain s’adressant à la Voix des femmes canadiennes pour la paix © Gouvernement du Canada / Bibliothèque et Archives Canada / PA-178173

Pour la semaine du lundi le 15 octobre 2018.

Le 17 octobre 1979, Thérèse Casgrain reçoit le Prix du Gouverneur général. L’honneur reconnaît l’affaire « personne » et ses contributions au suffrage des femmes au Québec.

Encouragée par l’activiste Marie Gérin-Lajoie, Casgrain se joint en 1921 à la campagne montée pour revendiquer le droit de vote des femmes. Les deux femmes s’associent à d’autres féministes pour créer le Comité provincial pour le suffrage  féminin. Dirigé par Casgrain de 1928 à 1941, le Comité devient la Ligue des droits de la femme et étend son champ d’action à la défense de la réforme du Code civil du Québec. Cette réforme aide les femmes mariées à obtenir le contrôle de leurs biens en vertu de la loi.

Ils exercent également des pressions auprès des députés provinciaux pour faire adopter une loi qui donne aux femmes le droit de voter. Devant l’opposition farouche de l’Église catholique et la crainte démesurée de voir le droit de vote des femmes menacer la société canadienne-française, la campagne pour le suffrage des femmes au Québec chancèle. Malgré tout, Casgrain et d’autres femmes persistent et obtiennent le droit de vote en 1940. Certaines Québécoises restent néanmoins exclues, par exemple les femmes autochtones qui devront attendre jusqu’en 1969 avant de pouvoir voter lors des élections provinciales.

En 1942, Casgrain se présente comme candidate libérale indépendante dans Charlevoix – Saguenay, un poste occupé auparavant par son mari et son père. Désillusionnée par le manque de soutien de son parti, Casgrain laisse le Parti libéral en 1946 pour intégrer la Fédération du commonwealth coopératif (CCF), un parti politique réunissant des agriculteurs, des travailleurs et des groupes socialistes. À la fin du printemps 1951, Casgrain devient la première femme à diriger un parti au Québec – le Parti social démocratique du Québec. En tant que chef, elle se présente à trois reprises aux élections fédérales, mais elle ne parvient pas à obtenir un siège à la Chambre des communes. 

Dans un autre rôle de leader, au plus fort des tensions de la guerre froide, Casgrain contribue à la fondation de la section québécoise de la Voix des femmes, qui lutte en faveur du désarmement nucléaire. En qualité de présidente, elle assiste à des conférences internationales, dont la Conférence pour la paix mondiale, à Helsinki. À Paris, Casgrain est détenue par la police pendant trois heures pour avoir pris part à des protestations contre les essais nucléaires en 1964. 

Si elle occupe de nombreux postes de leadership tout au long de sa vie, elle reste bien consciente des limites que son sexe impose aux possibilités qui lui sont offertes. Casgrain a dit : « Si j’avais été un homme, je serais soit premier ministre du Canada, soit en prison. Quel choix! »

Thérèse Casgrain a travaillé auprès de Marie Lacoste Gerin-Lajoie, qui est désignée personne d’importance historique nationale.  

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