The New Canadian : Une voix pour les Canadiens d’origine japonaise

The New Canadian, rédigé et imprimé en japonais et en anglais dans des camps d’internement de l’Ouest canadien pendant la Seconde Guerre mondiale. © Bibliothèque et Archives Canada / C-047104

Pour la semaine de lundi le 13 mai 2019.

Le 19 mai 1945, un éditorial paru dans The New Canadian, journal de la communauté canado-japonaise, prévient ses lecteurs que l’escalade des combats dans le Pacifique pourrait se révéler lourde de conséquences pour les Canadiens d’ascendance japonaise, qui sont depuis longtemps victimes de discrimination et de racisme anti-asiatiques systémiques : [traduction] « L’histoire des Canadiens d’origine japonaise a été marquée par une lutte constante contre les forces de l’intolérance et les préjugés qui affligent les groupes minoritaires. Notre parcours a été semé d’embûches, mais le plus difficile reste à venir. »

Les Nisei, ou la seconde génération de Canadiens d’ascendance japonaise, fondent The New Canadian à Vancouver, en Colombie-Britannique, en 1938. À l’époque, la côte ouest abrite une grande communauté japonaise florissante, accueillant près de 95 % de la population canado-japonaise. Le fondateur, Peter Higashi, en est le rédacteur en chef. Au départ, le journal est publié exclusivement en anglais, langue première de la plupart des lecteurs nisei. Il a pour mandat de lutter jusqu’à ce que les Canadiens d’origine japonaise soient reconnus comme de dignes citoyens à l’échelle nationale et dans la vie politique de leur pays de naissance, le Canada. 

En 1939, Thomas Kunito Shoyama remplace Higashi comme éditeur et rédacteur en chef de langue anglaise chez The New Canadian, poste qu’il occupera jusqu’en 1945. Né à Kamloops en 1916, il obtient un diplôme en commerce et en économie de l’Université de la Colombie-Britannique. Incapable de se trouver du travail comme comptable, il accepte un emploi dans une scierie avant de se joindre à l’équipe du journal The New Canadian, qui embauche également Takaichi Umezuki à titre de premier éditeur en langue japonaise en 1942.

En 1941, le Japon attaque Pearl Harbor et déclare la guerre aux États-Unis et à ses alliés. Dès lors, le gouvernement canadien traite tous les Canadiens d’ascendance japonaise comme des « sujets d’un pays ennemi », indépendamment de leur citoyenneté, de leur genre ou de leur âge. Il leur ordonne de se réinstaller à au moins 160 km des côtes, confisque leurs biens et force un grand nombre d’hommes physiquement aptes à travailler comme ouvrier en construction routière ou sur des projets similaires. À compter de 1942, The New Canadian est publié à Kaslo, en Colombie-Britannique, où près de 1 200 Canadiens d’ascendance japonaise sont désormais installés. Il continue de publier des nouvelles locales, tout en diffusant des renseignements provenant du gouvernement canadien traduits en japonais à des fins de diffusion à grande échelle.

Shoyama quitte le journal en 1945 et s’inscrit à une formation en vue de devenir interprète de langue japonaise pour l’Armée canadienne, mais la guerre prend fin avant qu’il ne complète sa formation. Après la guerre, The New Canadian se réinstalle à Winnipeg, au Manitoba, puis à Toronto, en Ontario, en 1949 où il reste jusqu’à la publication de son dernier numéro en 2001.

 

L’internement-des-Canadiens-japonais durant la deuxième guerre mondiale a été désigné un événement historique national.

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