Pionnier canadien de la dactyloscopie

L’édifice Langevin, où l’Office canadien d’identification criminelle s’établit en 1911 © Ministère des Mines et des Relevés techniques/ Bibliothèque et Archives Canada / PA-023211

Pour la semaine du lundi le 12 novembre 2018.

Le 14 novembre 1863, Edward Foster naît à Stittsville, au Canada-Ouest (l’Ontario d’aujourd’hui). En 1911, ce pionnier canadien de l’identification criminelle par les empreintes digitales livre un témoignage expert à Chicago, dans le cadre d’une affaire mettant en cause la dactyloscopie. Cette nouvelle technique fait l’objet d’études approfondies par le système judiciaire. Foster témoigne de la fiabilité de l’identification par les empreintes digitales en affirmant : « Je suis certain, ce n’est pas une opinion. »

En 1890, Foster se joint comme gendarme à la police du Dominion, petit groupe mis sur pied par le gouvernement fédéral pour garder les édifices du Parlement. À l’Exposition universelle de St. Louis (Missouri), en 1904, il assiste à un exposé de J. K. Ferrier, détective de la Police métropolitaine de Londres, sur la science de la dactyloscopie. Désireux d’en savoir plus, Foster étudie la méthode, écrit à Ferrier pour obtenir des conseils et devient un expert dans le domaine de l’identification par les empreintes digitales. Deux ans plus tard, Percy Sherwood, un des fondateurs de l’Association canadienne des chefs de police, déclare Foster comme étant l’éminence en dactyloscopie.

Foster préconise la création d’une base de données centralisée d’empreintes digitales lorsque l’intérêt pour cette technique progresse au sein de la police du Dominion. En 1911, celle-ci crée une base de données d’identification, bien avant l’avènement d’un tel système aux États-Unis. La base rassemble les dossiers fournis par les pénitenciers fédéraux de tout le Canada, y compris celui de Kingston, qui envoie les fiches signalétiques de 150 détenus. Foster est promu au grade d’inspecteur et se voit confier le nouvel Office canadien d’identification criminelle de la police du Dominion, responsable de constituer la base de données. Au départ, l’Office ne compte que deux employés, qui classent les dossiers dactyloscopiques dans un bureau situé près de la Colline du Parlement.

En 1920, la police du Dominion, y compris l’Office, est intégrée à la toute nouvelle Gendarmerie royale à cheval du Canada, qui crée une section des empreintes digitales au sein de son Bureau d’enquête. Toujours dirigée par Foster, l’équipe finit par compter plus d’une vingtaine d’employés, et la prise des empreintes digitales devient un élément routinier du travail des policiers canadiens. Lorsque Foster prend sa retraite en 1932, plus de 300 000 empreintes digitales ont été recueillies et ont permis d’identifier au moins 38 000 personnes. Aujourd’hui, la base de données contient des millions de dossiers dactyloscopiques.

Le  pénitencier de Kingston et le Bloc Langevin sont désignés lieux d’importance historique nationaux.

Document photographique du condamné Joseph Chartrand après son évasion du Pénitencier de Kingston, en 1910. Le manque de ressources pour l’identifier entraîne un tollé général et contribue à la création de l’Office canadien d’identification criminelle l’année suivante. © Bibliothèque et Archives Canada, ancien numéro de référence archivistique RG73-C-6

 

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