Suffragette et journaliste agricole E. Cora Hind (1861–1942)

E. Cora Hind © Archives provinciales du Manitoba, Canadian Women's Press Club, no˚ 7

Pour la semaine du lundi 16 septembre 2019

Le 18 septembre 1861, la journaliste et militante des droits des femmes Ella Cora Hind naît à Toronto, en Ontario.

E. C. Hind grandit sur une ferme en Ontario, où elle est élevée par sa tante et son grand-père paternel. À l’âge de 21 ans, elle déménage à Winnipeg, au Manitoba. Elle essaie alors de s’engager dans une carrière de journaliste, mais le rédacteur en chef W. F. Luston lui refuse un emploi au Manitoba Free Press sous prétexte que le monde du journalisme est « un milieu exigeant, et souvent dur, où il faut travailler de longues heures et parfois rencontrer des gens qui ne sont pas très sympathiques ». Autrement dit, il s’agit d’un milieu qui ne convient pas à une jeune femme. E. C. Hind persévère. Elle publie des articles comme journaliste pigiste, puis, tout en travaillant comme dactylographe au cabinet d’avocats Macdonald, Tupper et Dexter, elle devient progressivement propriétaire du premier bureau de sténographie dans l’Ouest canadien, ce qui l’aide à établir un réseau de contacts.

 Elle est déjà bien établie comme journaliste agricole en 1898 lorsqu’un éditeur torontois, le colonel John Bayne Maclean, lui demande d’enquêter sur les champs de blé des Prairies. Les pluies abondantes menacent la récolte. Craignant que les agriculteurs ne puissent payer à l’achat de leurs marchandises, les grossistes de l’est du Canada cessent d’expédier des biens vers les Prairies. Les expéditions ne reprennent qu’après la publication d’un rapport rassurant d’E. C. Hind qui prédit avec exactitude une bonne récolte. L’économie de l’Ouest repose alors sur l’exactitude continue des inspections annuelles des cultures que Hind poursuit pendant environ 30 ans. Son expérience agricole variée lui vaut une renommée internationale et le poste de contrôleuse alimentaire du Dominion pendant la Première Guerre mondiale.

En 1901, plus de 20 ans après avoir présenté sa première demande d’emploi au journal, E. C. Hind devient rédactrice en chef du Manitoba Free Press, poste qu’elle occupe jusqu’en 1937. De 1905 à 1922, elle rédige également une chronique mensuelle, « The Woman’s Quiet Hour » (l’heure de tranquillité pour les femmes), qui est publiée dans le Western Home Monthly, un supplément mensuel du Manitoba Free Press. Étant une ardente militante des organisations syndicales, elle profite souvent de sa chronique pour plaider en faveur de l’amélioration des conditions de travail pour les femmes.

Elle milite aussi pour les droits des femmes et des réformes sociales, étant l’une des premières membres de la section winnipégoise de la Canadian Woman’s Christian Temperance Union (Union chrétienne des femmes pour la tempérance du Canada). Elle est également membre fondatrice de la Ligue manitobaine pour l’égalité politique et, en 1893, elle joue un rôle de premier plan dans le premier simulacre de parlement ayant eu lieu au théâtre Bijou à Winnipeg. De plus, elle est présidente-fondatrice, en 1907, de la section winnipégoise du Canadian Women’s Press Club.

E. Cora Hind reçoit de nombreux éloges et distinctions honorifiques de la part d’organisations agricoles et du secteur de l’élevage en plus d’un doctorat honorifique de l’Université du Manitoba. Elle est désignée personne historique nationale.

 


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