Richard Pierpoint
Richard Pierpoint, Illustration par Malcolm Jones, 1.E.2.4-CGR2
© Musee canadien de la guerre

Richard Pierpoint a été désigné personnage historique national en 2020.

Importance historique : Rare récit connu des expériences vécues et contributions d’un loyaliste Noir au Haut-Canada.

Plaque commémorative : Aucune plaque en place. Endroit proposé : Fergus, Ontario.

Richard Pierpoint

Richard Pierpoint, né dans le royaume du Boundou (une région qui fait partie aujourd’hui du Sénégal), est capturé vers 1760 et transporté de force vers les Treize colonies anglaises d’Amérique (les États-Unis aujourd’hui). Après environ 20 ans d’esclavage, il obtient son émancipation en combattant pour la Grande-Bretagne durant la guerre d’Indépendance américaine (1775-1783). Il s’installe ensuite au Haut-Canada (Ontario), où il travaille comme journalier et fait face à d’importants préjugés raciaux. Au cours de la guerre de 1812, il participe à la création du « Colored Corps », la seule unité du Haut-Canada composée entièrement d’hommes d’ascendance africaine. Cette unité prend part aux combats et contribue à la réparation de fortifications dans la région du Niagara. L’histoire de Richard Pierpoint illustre la vie d’un loyaliste noir, allant de son asservissement à sa lutte pour obtenir son affranchissement durant la guerre d’Indépendance américaine, jusqu’à ses contributions civiles et militaires après son établissement au Haut-Canada.

C’est probablement dans le royaume d’Afrique de l’Ouest du Boundou que Pierpoint apprend les traditions orales des griots, les gardiens des histoires africaines et des traditions orales qui jouent un rôle de premier plan dans leur communauté d’origine. À l’instar des centaines de milliers d’Africains, il est capturé et transporté de force vers les Treize colonies américaines. Après avoir été assujetti à l’esclavage pendant 20 ans, il obtient son émancipation en combattant aux côtés des Britanniques pendant la guerre d’Indépendance. En tant que loyaliste, Pierpoint reçoit des terres dans ce qui allait devenir le canton de Grantham près du lac Ontario (St. Catherines aujourd’hui). Il devient un chef de file parmi les loyalistes noirs du Haut-Canada, où les hommes d'origine africaine sont confrontés à l’isolement social et aux préjugés. Ayant vendu ou perdu ses concessions, Pierpoint gagne probablement sa vie comme journalier entre 1806 et 1812.

Illustration de Richard Pierpoint 
Représentation artistique de Richard Pierpoint
Le matériel de The Kids Book of Black Canadian History écrit par Rosemary Sadlier et illustré par Wang Qijun est utilisé avec la permission de Kids Can Press Ltd., Toronto. Illustrations © 2003 Wang Qijun

Peu avant le déclenchement de la guerre de 1812 entre la Grande-Bretagne et les États-Unis, Pierpoint adresse une pétition au commandant militaire du Haut-Canada pour proposer la création de la première et de la seule compagnie de milice de la colonie entièrement composée d’hommes d’ascendance africaine. Si les autorités britanniques rejettent l’offre initiale, elles autorisent au mois d’août 1812 sa formation à l’intérieur de la 1st Lincoln Militia. Pierpoint et ses camarades de la compagnie aident à repousser l’invasion américaine à la bataille des Hauteurs-de-Queenston en 13 octobre 1812. Renommée le « Colored Corps » au début de l’année 1813 et rattachée un an plus tard au Corps royal du génie, l’unité participe à la réparation des fortifications à l’embouchure de la rivière Niagara et contribue à la construction du fort Mississauga au printemps 1814 jusqu’à leur démobilisation au mois de mars 1815.

À la fin de la guerre en 1815, Pierpoint retourne travailler comme journalier dans la région de Grantham. En 1821, sa requête, adressée au lieutenant-gouverneur, pour obtenir l’autorisation de retourner en Afrique est refusée. Il reçoit en contrepartie 40,4 hectares (100 acres) de terre dans le canton de Garafaxa sur la rivière Grand (près de Fergus aujourd’hui). Malgré son âge avancé, il remplit ses obligations de colon, tout en poursuivant ses activités de griot, avant sa mort en 1837 ou 1838.

Ces dernières années, la vie de Richard Pierpoint est devenue un exemple bien connu des premières contributions et épreuves des loyalistes noirs vivant au Haut-Canada à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle.

Dernière mise à jour de ce document d'information : 2020-07-31

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