Le système des pensionnats autochtones est un sujet pouvant causer des traumatismes évoqués par des souvenirs d’abus passés. Le gouvernement du Canada reconnaît la nécessité d’établir des mesures de sécurité afin de minimiser le risque de déclencher une réaction à l'évocation de violences passées. Une ligne d’écoute téléphonique des pensionnats autochtones a été établie au niveau national pour apporter du soutien aux anciens élèves des pensionnats. Vous pouvez obtenir de l’information sur le site Web ou accéder en tout temps à des services de soutien affectif et d’aiguillage en situation de crise en composant le : 1-866-925-4419.

Grand bâtiment
L’ancien pensionnat indien de Shingwauk
© Parcs Canada / Nathalie Ouellette

L'ancien pensionnat indien de Shingwauk a été désigné lieu historique national en avril 2021.

Plaque commémorative : Pas de plaque installée Footnote 1

Désignation proposée par le Shingwauk Residential Schools Centre

L’ancien pensionnat indien de Shingwauk se situe à Sault Ste. Marie (Ontario) sur le territoire visé par le traité Robinson-Huron, territoire traditionnel des Anishinaabe et des Métis, à l’emplacement du campus actuel de l’Université Algoma et de la Shingwauk Kinnomaagee Gamig (l’Université Shingwauk). La demande de désignation pour ce site a été présentée à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada par le Shingwauk Residential Schools Centre (SRSC). Parcs Canada, la Children of Shingwauk Alumni Association et le SRSC ont collaboré pour déterminer les valeurs historiques de cet ancien pensionnat puis ont codéveloppé un rapport à l’intention de la Commission portant sur les expériences des élèves et l’histoire du pensionnat.

Le système de pensionnats autochtones

Établi en 1875 par l’Église anglicane, le pensionnat de Shingwauk fait partie du système de pensionnats indiens soutenu par le gouvernement canadien et certaines églises et organisations religieuses qui, dans un effort concerté et délibéré, visent à assimiler les enfants autochtones, les convertir au christianisme et les isoler de leurs familles, de leur culture, de leur langue et de leurs traditions. Le pensionnat est administré par le gouvernement fédéral à partir de 1935, mais demeure sous la gestion de l’Église anglicane jusqu’en 1969. Le gouvernement fédéral en aura l’entière responsabilité jusqu’à sa fermeture en 1970.

Le pensionnat doit son nom à l’éminent chef anishinaabe Shingwaukonse dont la vision d’une école où les élèves anishinaabe pourraient acquérir des connaissances et habiletés européennes qui leur permettraient de s’épanouir dans une société évoluant rapidement avait déjà mené à la création d’autres écoles dans la région. Au cours de ses 96 années d’existence, soit de 1875 à 1970, le pensionnat de Shingwauk ne conserve toutefois du chef Shingwaukonse que son nom, car sa véritable vision est perdue.

Le site et le bâtiment

Construit en 1934-1935 pour remplacer le bâtiment d’origine datant de 1875, Shingwauk Hall, est l’un des derniers édifices ayant servi de pensionnat indien qui subsiste toujours au Canada. De plus, le site du pensionnat est l’un des rares qui existent encore aujourd’hui. Ce dernier se compose d’un ensemble notable d’éléments bâtis et de paysages préservés qui témoigne de la longue histoire des pensionnats au Canada, notamment le cimetière commémoratif Shingwauk (1876), la chapelle commémorative de l’évêque Fauquier (1883), le bâtiment Shingwauk Hall (1934-35), lequel constitue le bâtiment principal du site, l’ancienne résidence du directeur (1935), l’ancien atelier de menuiserie (1951) et l’école publique Anna McCrea (1956).

Les mauvais traitements infligés aux élèves

Plus de mille enfants autochtones de l’Ontario, du Québec, des Prairies et des Territoires du Nord-Ouest fréquentent ce pensionnat. Venus par choix ou par obligation, tous les élèves sont soumis chaque jour à un emploi du temps très strict marqué par des tâches d’entretien, une discipline sévère et des abus, du travail pénible et de la négligence émotionnelle. Les frères et sœurs sont séparés selon leur sexe et leur âge, et les langues autochtones sont interdites. De nombreux élèves y passent toute leur enfance, et certains ne sont jamais rentrés à la maison. Les séquelles durables des expériences vécues dans les pensionnats ont encore aujourd’hui des répercussions importantes sur les anciens élèves, leurs familles et leur communauté.

Un lieu de reconquête culturelle

Depuis la fermeture du pensionnat de Shingwauk en 1970, le site est utilisé à des fins de réappropriation culturelle et d’éducation. Depuis plusieurs décennies, l’Université Algoma, la Shingwauk Kinnomaagee Gamig, la Children of Shingwauk Alumni Association et leurs partenaires travaillent à restaurer la véritable intention du chef Shingwaukonse et l’essence de sa vision, c’est-à-dire l’éducation et l’apprentissage interculturels, et à réinterpréter le site comme un lieu de guérison et de réconciliation.

Dernière mise à jour de ce document d'information : 2021-07-07

Description du lieu patrimonial

Le lieu historique national du Canada de l’Ancien- Pensionnat-Indien-de-Shingwauk se situe à Sault Ste. Marie, en Ontario, sur le territoire visé par le traité Robinson Huron, sur les terres ancestrales des Anishinaabe et des Métis, à l’emplacement du campus actuel de l’Université Algoma et du centre d’excellence en éducation Anishinaabe Shingwauk Kinoomaagee Gamig.

L’Église anglicane fonde le pensionnat en 1875. En 1935, elle en transfère la propriété et l’administration au gouvernement fédéral, mais en aura l’entière responsabilité jusqu’à ce qu’il ferme ses portes, en 1970. Construit en 1934 1935 pour remplacer le bâtiment d’origine, le bâtiment principal, Shingwauk Hall, est d’un style architectural typique des pensionnats de l’époque..

Certains éléments bâtis et paysagers sont préservés, notamment la chapelle, le cimetière, l’ancienne résidence du directeur, l’ancien atelier de menuiserie et l’école primaire publique (Anna McCrea). Depuis la fermeture du pensionnat, le site est utilisé à des fins de réappropriation culturelle, d’éducation et d’apprentissage interculturels et est réinterprété comme un lieu de guérison et de réconciliation.

La reconnaissance officielle s’applique à l’enceinte de la propriété, qui s’étend au nord jusqu’à la limite de la rue Wellington Est, à Sault Ste. Marie, et au sud, jusqu’à la ligne de laisse de crue de la rive nord de la rivière Sainte-Marie. Les limites du site sont fort semblables à l’enceinte d’origine de la propriété acquise en 1874.

Valeur patrimoniale

L’ancien pensionnat indien de Shingwauk a été désigné lieu historique national du Canada en 2021. Il a été reconnu pour les raisons suivantes :

  • établi sur le territoire traditionnel des Anishinaabe et des Métis, il doit son nom à l’éminent chef anishinaabe Shingwaukonse dont la vision d’une école où les élèves anishinaabe pourraient acquérir des connaissances et habiletés européennes qui leur permettraient de s’épanouir dans une société évoluant rapidement avait déjà mené à la création d’autres écoles dans la région;
  • ouvert en 1875 par l’Église anglicane, il fait partie du système des pensionnats imposé aux peuples autochtones par le gouvernement fédéral et les Églises chrétiennes qui travaillent ensemble dans une tentative délibérée d’assimiler les enfants autochtones et de les convertir au christianisme en les isolant de leurs familles, de leur culture, de leur langue et de leurs traditions. De 1935 et jusqu’à sa fermeture en 1970, le pensionnat est administré par le gouvernement fédéral, mais demeure sous la gestion de l’Église anglicane jusqu’en 1969;
  • au cours de ses 96 années d’existence, soit de 1875 à 1970, le pensionnat de Shingwauk ne conserve du chef Shingwaukonse que son nom, car sa véritable vision est perdue. Plus de mille enfants autochtones de l’Ontario, du Québec, des Prairies et des Territoires du Nord-Ouest fréquentent ce pensionnat. Venus ici par choix ou par obligation, tous les élèves sont soumis chaque jour à un emploi du temps très strict marqué par des tâches d’entretien du pensionnat, une discipline sévère et des abus, du travail pénible et de la négligence émotionnelle. Les frères et sœurs sont séparés selon leur sexe et leur âge, et les langues autochtones sont interdites; de nombreux élèves passent toute leur enfance au pensionnat, et certains ne sont jamais rentrés à la maison. Les séquelles durables des expériences vécues dans les pensionnats ont encore aujourd’hui des répercussions importantes sur les anciens élèves, leurs familles et leur communauté;
  • Shingwauk Hall, principal bâtiment du site du pensionnat construit en 1934-1935 pour remplacer le bâtiment de 1875 alors devenu vétuste, est l’un des derniers bâtiments ayant servi de pensionnat indien qui existent encore au Canada. Conçu par R. G. Orr, architecte en chef du ministère des Affaires indiennes, le bâtiment est un exemple représentatif d’un pensionnat de style gothique collégial. Sa taille imposante, son apparence institutionnelle, ses ornements gothiques austères et la ségrégation rigide de ses espaces renforcent les objectifs d’assimilation du gouvernement dans leurs liens stylistiques avec les établissements d’enseignement européens. Chez les élèves, l’architecture de l’école accentue les sentiments de peur et d’isolement;
  • le site du pensionnat est l’un des rares qui existent encore aujourd’hui. Composé d’un ensemble notable d’éléments bâtis et de paysages préservés, notamment le cimetière commémoratif Shingwauk (1876), la chapelle commémorative de l’évêque Fauquier (1883), le bâtiment Shingwauk Hall (1934-35), l’ancienne résidence du directeur (1935), l’ancien atelier de menuiserie (1951) et l’école publique Anna McCrea (1956), il témoigne encore aujourd’hui de la longue histoire du système des pensionnats au Canada;
  • depuis la fermeture du pensionnat en 1970, le site est utilisé à des fins de réappropriation culturelle et d’éducation. Depuis plusieurs décennies, l’Université Algoma, la Shingwauk Kinnomaagee Gamig (l’Université Shingwauk), la Children of Shingwauk Alumni Association et leurs partenaires travaillent à restaurer la véritable intention du chef Shingwaukonse et l’essence de sa vision, c’est-à-dire l’éducation et l’apprentissage interculturels, et à réinterpréter le site comme un lieu de guérison et de réconciliation.

Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, décembre 2020.


Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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