Portrait historique d'un homme
Capitaine John Stewart
© Bureau des archives et des documents publics de l'Île-du-Prince-Édouard (PAROPEI Acc 2320/2-1) / Collection Bill Rose

John Stewart a été désigné personnage historique national en 2022.

Plaque commémorative : Note de bas de page 1

John Stewart (1758-1834)

John Stewart est auteur de l’ouvrage An Account of Prince Edward Island (1806), considéré comme la première histoire écrite de la colonie de l’Île-du-Prince-Édouard. Grâce à cette publication, Stewart contribue considérablement à la compréhension et à l’interprétation de l’histoire de l’Île-du-Prince-Édouard, ainsi qu’à la connaissance de l’écologie et des ressources naturelles de l’île à l’époque coloniale.

Né en 1758 à Campbeltown, dans la région du Kintyre en Écosse, John Stewart arrive sur l’île Saint-Jean (aujourd’hui l’Île-du-Prince-Édouard) avec sa famille en 1775. Connu sous le nom de « Hellfire Jack » pour son tempérament fougueux, Stewart est un membre de la bourgeoisie coloniale de l’île et est impliqué dans les affaires militaires, juridiques, politiques et foncières. Comme plusieurs autres personnes occupant des postes similaires, Stewart utilise ses charges publiques de façon à en tirer des avantages personnels et à régler des comptes. Par exemple, à plus d’une occasion, il suscite une agitation contre des rivaux personnels et politiques dans le but de les évincer du pouvoir politique. Il est élu pour la première fois à l’Assemblée de la colonie en 1784 et exerce une forte influence. Il en sera le président à trois reprises, malgré les scandales et l’opposition qu’il suscite. Tandis qu’il est membre de l’Assemblée, Stewart accumule d’autres charges publiques ainsi que des terres. En 1790, il obtient le poste de receveur général des redevances de l’île, où il est responsable de percevoir au nom de l’État les redevances auprès des propriétaires. Stewart exerce cette fonction pendant plus de 25 ans. Il occupe également diverses fonctions militaires.

En 1804, Stewart est nommé payeur général des forces britanniques et est posté à Terre-Neuve. Habitant en alternance à St. John’s et à Londres, il continue de participer aux affaires de l’Île-du-Prince-Édouard et publie une œuvre marquante avec un héritage historique durable : An Account of Prince Edward Island (1806), un portrait historique et géographique de l’île au tournant du siècle. Grâce à cette publication, Stewart est considéré comme le premier historien de l’île.

Avec son livre, Stewart vise à présenter une nouvelle interprétation du peuplement (ou de l’absence de peuplement) de l’île aux autorités coloniales en Grande-Bretagne, ce qui, espère-t-il, permettrait de contrer l’image négative de l’île et de ses résidents. Il critique les propriétaires absentéistes qui restent en Grande-Bretagne et qui ne développent et ne colonisent pas leurs terres, mais ne critique pas les fonctionnaires de l’île ou le système de propriété foncière de l’île lui-même. Cet argument subtil, opposant les propriétaires absentéistes aux résidents de l’île, est imbriqué dans la description encyclopédique de l’Île-du-Prince-Édouard faite par Stewart. Son récit eut un impact durable sur la façon dont les historiens ultérieurs ont écrit l’histoire de l’île, influençant les interprétations jusque dans les années 1970.

Le livre est également devenu une source historique importante sur l’île en soi. Le récit de Stewart est une source fréquemment citée dans l’histoire environnementale et naturelle de l’Île-du-Prince-Édouard. Le détail avec lequel Stewart a compilé les ressources naturelles de l’île, combiné à sa date de publication précoce, fournit une capsule temporelle de la flore et de la faune de l’île avant que les pratiques agricoles européennes ne dominent le paysage.

Après une carrière politique longue et mouvementée, Stewart se retire de la vie publique en 1830 et décède en 1834.

Cette fiche d’information a été préparée au moment de l’annonce ministérielle en 2022.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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