Les Fortifications de Québec ont été désignées lieu historique national en 1948.

Photo d'un lieu historique entouré de murs de briques
Vue general
© Parcs Canada / P. St. Jacques / 1984

Plaque commémorative : 97, rue Saint-Louis, Québec, Québec Footnote 1

Principale place forte du Canada à l'époque coloniale, la ville de Québec était protégée par un système défensif élaboré, mis en place entre 1608 et 1871. Outre les remparts, les fortifications comptaient de nombreux ouvrages et espaces à vocation militaire, tels l es corps de garde, les portes, les poudrières, les entrepôts, les casernes pour soldats et officiers ainsi que les places d'armes et les esplanades. Aujourd'hui, les principales composantes de ce système de défense encore présentes sont les remparts ceinturant la vieille ville sur un périmètre de 4,6 kilomètres, la Citadelle, trois tours Martello et, à Lévis, le fort Numéro-Un. Une bonne partie des fortifications échappa à la démolition grâce à un ensemble d'initiatives, dont celle du gouverneur général lord Dufferin qui, à la fin du XIXe siècle, faisait figure de pionnier au sein du mouvement de conservation patrimoniale au Canada. Québec est la seule ville fortifiée en Amérique du Nord à avoir conservé ses remparts et un nombre appréciable d'ouvrages défensifs, ce qui a contribué à son inscription, en 1985, sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Description du lieu patrimonial

Image d'une ville fortifiée
Un mur des fortifications de Québec et la porte Saint-Jean à place D'Youville, Québec. À l'arrière-plan, la porte Kent.
© Pierre-Olivier Fortin, 2012
Image d'une ville fortifiée
La porte Saint-Jean et rue Saint-Jean depuis place d'Youville, Québec.
© Pierre-Olivier Fortin, 2012

Le lieu historique national du Canada des Fortifications-de-Québec se compose de plusieurs lieux associés aux systèmes de défense historiques de la ville de Québec. Ces composantes sont situées dans la Haute-Ville et la Basse-Ville de Québec, le long de la rive nord du fleuve Saint Laurent jusqu’à la rivière Montmorency, à Beauport, et sur la rive sud, à Lévis. Le lieu comprend les fortifications à proprement parler ainsi que certaines composantes telles que des portes, des postes de garde, des poudrières, des entrepôts, des casernes et des espaces militaires, tous aménagés entre 1608 et 1871 en tant qu’éléments du système de défense de la ville. La désignation fait référence à toutes les ressources physiques, bâties, archéologiques et de paysage associées à l’intérieur des périmètres définis et qui sont liées au système de défense, notamment la redoute du moulin et le parc du Mont-Carmel, la poudrière de l’Esplanade et la poudrière située sur la propriété de l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, les casernes de l’Artillerie, les sections du site patrimonial du Parc-de-l'Artillerie déclarées excédentaires par les Arsenaux du dominion, les quartiers du capitaine dans le site patrimonial du Parc-de-l'Artillerie, le dépôt du service du matériel dans le bastion Saint-Jean, les casernes Dauphine, ainsi que les lieux historiques nationaux du Canada (LHNC) des Tours-Martello-de-Québec, du Cercle-de-la-Garnison-de-Québec, de la Citadelle-de-Québec et des Forts-de-Lévis.

Valeur patrimoniale

Les fortifications de Québec ont été désignées lieu historique national du Canada en 1957 pour la raison suivante : ce lieu commémore le système défensif mis en place entre 1608 et 1871 à Québec, principale place forte du Canada à l’époque coloniale. 

Situées sur un plateau qui surplombe la confluence du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint Charles, les fortifications de Québec voient le jour en même temps que la ville, fondée en 1608 par Samuel de Champlain. Les fortifications d’origine sont composées d’ouvrages improvisés, construits pour répondre aux besoins les plus pressants de la colonie. Ressemblant à un château médiéval, le premier fort de Champlain (l’Habitation) comprend une résidence, un magasin de produits et de fournitures, ainsi qu’une redoute aux murs élevés. Au cours du XVIIe siècle, la première Habitation est remplacée par une succession d’ouvrages militaires rudimentaires, notamment le fort Saint-Louis et la deuxième Habitation de Champlain. En 1690, la chute de Port Royal en Acadie pousse les Français à munir la ville de fortifications appropriées en y construisant la première enceinte, formée de 11 redoutes reliées par des palissades. Même si les falaises abruptes de la Haute-Ville font office de remparts naturels sur deux des trois côtés, la limite ouest, qui s’ouvre sur les Plaines d’Abraham, est vulnérable et constitue la priorité du programme des fortifications de Québec. L’enceinte initiale subit de nombreux ajouts et modifications jusqu'en 1745, date à laquelle un nouvelle enceinte de pierre est constuite pour fermer la limite ouest de façon permanente puisque la prise de Louisbourg par les Britanniques a semé un vent de panique chez les habitants de Québec.

Photo du lever du soleil d'une ville fortifiée
Murs de la Citadelle et le Château Frontenac.
© Parks Canada
Photo d'un bâtiment historique au sommet d'une colline
Plaines d'Abraham et tour martello n°1
© Josyan Pierson, 2006

Peu après la conquête du Canada en 1759, les vainqueurs britanniques doivent revoir leurs besoins en matière de défense. Même s’ils craignent une reprise de la ville par les Français et un soulèvement de la population francophone, les Britanniques sont incapables d’amasser tout de suite les fonds nécessaires au renforcement des ouvrages défensifs de la ville. La Révolution américaine les incite enfin à construire de nouvelles fortifications. Les Britanniques entreprennent un plan visant à solidifier et à étendre l’enceinte de 1745 à tout le périmètre de la ville, à construire des ouvrages à l’extérieur de cette enceinte pour gêner l’approche de l’ennemi ainsi que des ouvrages de défense sur les hauteurs des Plaines d’Abraham, et enfin, à ériger une citadelle de maçonnerie sur le Cap Diamant. Cette dernière étape du plan se termine entre 1819 et 1832. Puisqu’on incorpore à la citadelle les éléments déjà existants du système de défense du XVIIIe siècle, on ne doit construire que les murs faisant face à la ville, ce qui laisse croire que l’ouvrage avait au départ été construit, en partie, pour servir de refuge aux Britanniques en cas de révolte des Francophones. L’achèvement de la citadelle marque l’apogée du rôle de forteresse de Québec.

En 1865, la construction de forts indépendants sur la rive sud, à Lévis, est suivie par le départ de la garnison britannique, en 1871. Même si plusieurs structures des fortifications ont été endommagées ou démolies depuis, les principaux ouvrages de défense de la ville ont été préservés, grâce à l’intervention, à la fin du XIXe siècle, de Lord Dufferin, Gouverneur général du Canada de 1872 à 1878. La ville de Québec est, à ce jour, la seule ville fortifiée en Amérique du Nord.

Sources : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbal, 1948, décembre 2000, juin 2001; Énoncé d’intégrité commémorative, 2004.

Informations liées à cette désignation :

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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