Le personnel de la Sous-section de l’examen posé devant l'annexe du Conseil national de recherche du Canada
Le personnel de la Sous-section de l’examen posé devant l'annexe du Conseil national de recherche du Canada, en face du 345, avenue Laurier Est, à Ottawa, le 30 mai 1945, pendant la Seconde Guerre mondiale
© Bibliothèque et Archives Canada/PA-178055

La Sous-section de l’examen (1941-1945) a été désignée événement historique national en 2021.

Importance historique : Le premier au Canada et le seul bureau de cryptographie civil actif pendant la Seconde Guerre mondiale.

Plaque commémorative : 335, avenue Laurier Est, Ottawa, ONFootnote 1

Durant la Seconde Guerre mondiale, ce bureau canadien de cryptographie civil secret relève du ministère des Affaires extérieures au sein du Conseil national de recherches du Canada (CNRC). Les femmes représentent environ 40 pour cent du personnel. Situé à côté de la demeure du premier ministre Mackenzie King de mars 1942 à juillet 1945, il fournit des renseignements aux autorités canadiennes et contribue au décryptage de messages français, allemands et japonais pour les Alliés. Il établit des partenariats durables et jette les bases de la Direction générale des communications du CNRC (1946) et du Centre de la sécurité des télécommunications (1975).

La Sous-section de l’examen (XU) est le bureau canadien de cryptographique civil secret pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle fonctionne sous l’administration du Conseil national de recherche du Canada (CNRC) et relève du ministère des Affaires extérieures de juin 1941 à août 1945, jetant les bases de la Direction générale des communications du CNRC (1946) et de son successeur, le Centre de la sécurité des télécommunications (1975). Les femmes représentaient environ 40 pour cent de la main-d’œuvre totale connue de la XU. Les rapports produits par la XU amènent les autorités et les ministres canadiens à réaliser la valeur des renseignements étrangers pour la prise de décisions au Canada, qui n’était pas reconnue auparavant. Ses contributions aux efforts des Alliés pour décrypter les codes et les messages cryptés utilisés dans les communications militaires et diplomatiques secrètes, et ses activités de décryptage des messages interceptés de la France de Vichy et de la France libre, ainsi que de messages en allemand, en japonais et en espagnol, permettent au Canada d’avoir sa propre source indépendante de renseignements étrangers. Cela lui donne également les moyens d’établir d’importants partenariats dans le domaine du renseignement avec les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Commonwealth, partenariats qui se poursuivent après la guerre.

Le premier bureau de cryptographie au Canada

Plaque commémorative en bronze
Plaque commémorative de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada pour l'Événement historique national de la la Sous-section de l’examen (1941-1945)

Le premier bureau canadien de cryptographie relève du ministère des Affaires extérieures, mais fonctionne sous l’administration du CNRC, afin de dissimuler son budget et ses activités. En août 1941, l’équipe de neuf personnes a déjà réussi à décrypter plusieurs codes et messages cryptés utilisés par l’Allemagne, le Japon, la France de Vichy et la Colombie, dont certains n’avaient pas reçu l’attention des services de décryptage de la Grande-Bretagne et des États Unis jusqu’alors. Elle est la première unité à résoudre le chiffrement par transposition utilisé par la flotte de Vichy, information qu’elle partage rapidement avec les Britanniques et les Américains. La XU se spécialise de plus en plus dans les communications japonaises et françaises, notamment en portant une attention particulière aux messages de la France libre après la rupture des relations diplomatiques du Canada et des États-Unis avec Vichy à la fin de 1942. Les dirigeants de la France libre utilisent des codes et des messages cryptés déjà connus de la XU, ce qui constitue une transition relativement facile pour les Canadiens. Les messages déchiffrés ainsi obtenus aident le ministère des Affaires extérieures à mieux comprendre les événements qui surviennent dans les zones occupées de l’Europe et dans le Pacifique, plutôt que de se fier exclusivement aux analyses britanniques et américaines.

Fermé en 1945

Après la capitulation de l’Allemagne en mai 1945, la XU ferme sa section française et quitte la résidence victorienne du 345, avenue Laurier Est, à Ottawa, où l’unité logeait depuis mars 1942. Le 1er août, la section japonaise est fusionnée à la Joint Discrimination Unit de l’armée canadienne à l’ancienne Académie La Salle sur la promenade Sussex. Craignant que le Canada n’obtienne que peu de renseignements étrangers des Alliés s’il n’en offrait pas en retour, le ministère des Affaires extérieures décide de maintenir un bureau de cryptographie civil après la guerre. Lorsque la Joint Discrimination Unit cesse ses activités en juin 1946, 17 employés chevronnés de la XU se joignent au nouveau Centre de recherches sur les communications, renommé Direction générale des communications du CNRC au moment de commencer ses activités en septembre 1946.

Leur héritage

L’expérience acquise au cours de la guerre dans l’exploitation d’un centre de cryptographie indépendant au Canada fait comprendre aux autorités la valeur du renseignement étranger. Sans les bases établies par la XU pendant le conflit, la capacité de collecte de renseignements sur les transmissions développées après la guerre n’aurait pas mené à la création en 1975 du Centre de la sécurité des télécommunications, toujours en place aujourd’hui. Les activités de la XU dans le cadre d’une alliance en temps de guerre aident également le Canada à accéder, au cours des premières années de la guerre froide, à un réseau sans précédent de partage de renseignements sur les transmissions avec ses alliés en temps de paix, réseau qui est à l’origine de l’actuelle alliance du renseignement appelée le Groupe des cinq.

Le Programme national de commémoration historique repose sur la participation des Canadiens afin d’identifier les lieux, les événements et les personnages d’importance historique nationale. Tous les membres du public peuvent proposer un sujet afin qu’il soit étudié par la Commission des lieux et monuments historiques du Canada.

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