Curé Antoine Labelle
Curé Antoine Labelle
© William Notman. Société d’histoire de la Rivière-du-Nord; Fonds Mgr Paul Labelle.

Le Curé Antoine Labelle a été désigné personnage historique national en 2019.

Importance historique : Personnage légendaire québécois, il encourage les Canadiens Français à s'établir sur les territoires du nord du Québec et de l'Ontario ainsi que du Manitoba.

Plaque commémorative : Cathédrale de Saint-Jérôme, 355, place du Curé-Labelle, Saint-Jérôme, QuébecFootnote 1

Pour contrer l’exode des Canadiens français vers les États-Unis, le curé Labelle œuvre sans relâche à leur établissement sur les terres du nord-ouest du Québec, du nord de l’Ontario et du Manitoba. Son rôle majeur dans la colonisation des Laurentides et le développement de son chemin de fer, sa fonction comme sous-ministre de l’Agriculture et de la Colonisation du Québec et sa participation à des missions en Europe pour attirer les immigrants témoignent du parcours atypique du bouillant curé de Saint-Jérôme. La mémoire du « roi du Nord », figure colorée du XIXe siècle, se perpétue notamment dans la toponymie et la culture populaire.

Curé Antoine Labelle  (1833-1891)

Personnage marquant de la fin du XIXe siècle au Québec, Antoine Labelle est un prêtre catholique qui a été curé de la paroisse de Saint-Jérôme de 1868 à 1891. Surnommé le « roi du Nord », il conçoit un projet visant l’établissement des Canadiens français sur les territoires du nord-ouest du Québec, du nord de l’Ontario et du Manitoba afin de contrer leur exode vers les États-Unis. Principal artisan de la colonisation des Laurentides et promoteur de son développement économique et de son réseau ferroviaire, Labelle participe à la fondation d’une vingtaine de paroisses et à l’établissement de près de 5 000 habitants dans cette région. En 1885 et 1889, il effectue deux missions gouvernementales en Europe afin de recruter de nouveaux colons de langue française et de stimuler les échanges économiques. Labelle est également reconnu pour son rôle comme sous-ministre du ministère de l’Agriculture et de la Colonisation du Québec de 1888 à 1890. Connus sous le nom de « curé Labelle », il voit sa mémoire se perpétuer notamment dans la toponymie et des séries télévisées populaires.

Plaque commémorative en bronze
Plaque commémorative de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada pour le Personnage historique national du Curé Antoine Labelle (1833-1891)

Né en 1833 à Sainte-Rose (Laval) dans le Bas-Canada, Antoine Labelle quitte le foyer familial pour le Petit Séminaire de Sainte-Thérèse à l’âge de 10 ans, où il étudie jusqu’en 1852 puis y fait sa cléricature. De 1855 à 1856, il complète sa formation au Grand Séminaire de Montréal pour être ordonné prêtre à l’âge de 23 ans. Au cours des 12 années suivantes, il œuvre dans plusieurs paroisses jusqu’à l’obtention de sa première cure à Saint-Antoine-Abbé dans le comté de Huntingdon en 1859. Pendant l’exercice de ses fonctions dans cette paroisse, il développe ses qualités de médiateur et prend connaissance de la gravité du phénomène de l’émigration massive des Canadiens français vers la Nouvelle-Angleterre. Le 15 mai 1868, Labelle est nommé curé de la paroisse de Saint-Jérôme où il passe 22 ans au service de cette communauté. Jouissant d’une grande influence au sein du parti conservateur, il entreprend un ambitieux projet qui consiste à mettre en valeur la possibilité de développer de nouvelles terres agricoles au nord-ouest de l’île de Montréal et ainsi d’endiguer l’émigration canadienne-française vers les États-Unis.

Le projet de colonisation du curé Labelle s’inscrit dans la logique coloniale mise en place au XIXe siècle au Québec. À cette époque, la population d’origine européenne au Bas-Canada qui augmente empiète sur les territoires autochtones dans la vallée du Saint-Laurent tandis que les territoires qui sont situés à l’intérieur des terres sont visés par le développement forestier et l’établissement de colons. La région convoitée par Labelle est occupée par diverses populations depuis près de 6 000 ans, et fait partie du territoire des Algonquins-Anishinabeg. Confrontés à l’expansion coloniale, ces derniers demandent la protection de leurs territoires et le versement d’une compensation financière pour les terres occupées sans leur accord. En retour, le gouvernement réserve des terres à leur usage exclusif, ce qui sert également l’objectif d’assimilation et de colonisation du gouvernement visant à forcer les Premières Nations à s’établir de manière permanente et à adopter un mode de vie basé sur l’agriculture. Les Anishinabeg n’abandonnent pas pour autant leur territoire ancestral, continuant à l’habiter et à y mener de nombreuses activités de subsistance.

Le curé Labelle devient un personnage légendaire québécois grâce à son œuvre, mais aussi grâce à ceux qui ont perpétué son souvenir dont Claude-Henri Grignon qui le dépeint dans sa série télévisée Les belles histoires des pays d’en haut et dans la toponymie du Québec qui compte de nombreux endroits dédiés à sa mémoire.

Dernière mise à jour de ce document d'information : 2022-05-04

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