L'entrée de la grotte de Tse’K’wa avec de la neige aux alentours
Tse’K’wa
© M. Stopp, Parcs Canada.

Situé au nord-est de la Colombie-Britannique, Tse’K’wa est un site archéologique exceptionnel qui a contribué à la compréhension des changements environnementaux et de l’occupation humaine depuis la fin de la dernière glaciation, il y a 12 500 ans, jusqu’à il y a 1 000 ans. Aussi connue sous le nom de grotte du lac Charlie, Tse’K’wa présente une succession de couches de sol datées au radiocarbone et assez peu perturbées, un phénomène rare en Amérique du Nord. Le site est important en raison de ce qu’il a révélé sur les premiers humains, leurs déplacements au fil du temps, leur mode de vie, les cultures qui ont suivi et les changements environnementaux postglaciaires.

Tse’K’wa se trouve dans le terrain vallonné du district de la rivière de la Paix, à l’est des Rocheuses, à neuf kilomètres au nord-ouest de Fort St. John. Le site fait partie du territoire traditionnel des Premières Nations Dane-zaa, et pour ces groupes des Premières Nations, qui assurent l’intendance du site, Tse’K’wa est un lieu spirituel et emblématique de leur longue occupation de la région de la rivière de la Paix, du lac Charlie et du site lui-même. Le site est devenu un élément intégral de l’identité des Dane-zaa et des traditions perpétuées par des histoires, des chansons et des récits.

À Tse’K’wa, les couches de sol les plus profondes contiennent une combinaison d’éléments intacts qui témoignent de la présence des premiers habitants du Canada, connus des archéologues sous le nom de peuples paléo-indiens. Ces éléments comptent des outils en pierre et des os d’animaux de la dernière glaciation. L’analyse des restes d’ossements de bisons anciens a révélé que ces animaux étaient chassés, et le nombre élevé d’os de pattes par rapport aux autres parties de squelette suggère que les viandes préférées apportées dans ce camp provenaient d’ailleurs. De plus, l’analyse génétique des ossements de bison a contribué à la compréhension de la spéciation du bison et a permis de mieux comprendre les schémas de migration du bison et de l’humain à la fin de la période glaciaire. Deux squelettes pratiquement complets de corbeaux ont également été trouvés dans les couches de sol plus profondes. Il peut s’agir d’enterrements délibérés liés à des systèmes de croyances anciens et possiblement les plus anciens éléments de ce genre au pays.

Les couches de sol supérieures contiennent des artefacts et des os d’animaux des cultures qui ont suivi, illustrant une présence humaine presque continue après la période paléo-indienne jusqu’à il y a 1 000 ans. Ce matériel a fourni des données comparatives clés pour l’étude du changement culturel dans l’Ouest du Canada.