Théâtre du Festival à Stratford en Ontario.
© L. Lockwood, Parcs Canada

Créé en 1953, le Festival de Stratford, qui doit son succès initial à la production annuelle des pièces de William Shakespeare, est rapidement devenu un festival de théâtre de renommée mondiale connu pour son excellence dans la présentation d’œuvres classiques. Attirant des comédiens de grand talent de tout le pays, le Festival a contribué au développement du théâtre professionnel canadien en établissant et en maintenant une troupe en résidence ainsi qu’en offrant formation et expérience de travail aux comédiens, aux metteurs en scène et à d’autres employés. Par ailleurs, il a permis de lancer la carrière de grands acteurs canadiens comme William Hutt, Colm Feore et Christopher Plummer. Le théâtre a utilisé une avant-scène novatrice, imaginée par le metteur en scène britannique Tyrone Guthrie et conçue par Tanya Moiseiwitsch, afin de reproduire un cadre d’intimité favorisant l’établissement d’un rapport entre les comédiens et le public qui rappelle l’époque élisabéthaine. Ce Festival a exercé une grande influence sur la production des pièces de Shakespeare dans le monde entier. Comme l’avait souhaité son fondateur, Tom Patterson, le Festival a transformé l’économie et la vie culturelle de sa ville d’accueil, Stratford, tant pour les résidents que pour les visiteurs. Le nom de la ville est d’ailleurs devenu synonyme de son célèbre festival.

Le Festival de Stratford a été créé lors d’une période d’expansion du théâtre au Canada, stimulé par le dynamisme du théâtre amateur, le théâtre radiophonique et la montée d’un nationalisme culturel. Il est né de l’imagination de deux hommes : Tom Patterson, qui cherchait à relancer l’économie chancelante de sa ville natale, Stratford, en Ontario, en tirant profit du nom de la ville, et Tyrone Guthrie, metteur en scène anglais, qui rêvait de fonder au Canada un théâtre national disposant d’une troupe en résidence. Guthrie a embauché l’acteur britannique Alec Guinness, qui interprète le rôle principal dans Richard III, et l’Américaine Irene Worth, qui joue le rôle-titre dans All’s Well That Ends Well. Toutefois, le reste des acteurs et les membres de l’équipe proviennent d’un bassin de talents canadiens. Après sa première saison en 1953, le Festival a rapidement acquis une solide réputation internationale pour son théâtre classique de grande qualité. Plus tard, Guthrie a quitté Stratford pour fonder une autre compagnie de théâtre shakespearienne à Minneapolis et a été succédé par Michael Langham. En 1957, la salle de théâtre, conçue par l’architecte Robert Fairfield, est bâtie avec un auditorium de 1 838 places. Son avant-scène prolongée est encadrée par le public sur trois côtés, les spectateurs étant assis en demi-cercle autour de la scène.

Dans les décennies qui ont suivi, le Festival a pris beaucoup d’expansion et a même permis de lancer les carrières d’acteurs et de metteurs en scène de renom. Il a permis de créer des programmes de formation, tels le Birmingham Conservatory for Classical Theatre Training, tenu à Stratford, et de maintenir un groupe central d’acteurs et d’autre personnel d’une saison à l’autre. Cet accomplissement a permis d’embaucher et de former des metteurs en scène, des techniciens et plus encore, et d’aider d’autres compagnies de théâtre à voir le jour au Canada. Plus tard, des Canadiens ont été nommés comme directeurs artistiques, notamment Jean Gascon, John Hirsch et Richard Monette. Le Festival a continué de produire des pièces de Shakespeare et d’autres œuvres classiques et de préserver sa notoriété internationale, et ce, tout en élargissant son répertoire avec des classiques français, tels que Molière, et des comédies musicales. Le Festival demeure un succès économique et artistique colossal. Aujourd’hui, le Festival propose, de mai à octobre, plus de 700 représentations par saison.