Construit en 1866 pour l’entrepreneur torontois James Austin et son épouse Susan Bright Austin, ce lieu d’intérêt de Toronto est un rare exemple de domaine et villa de campagne transformés en une opulente résidence édouardienne. De 1897 à 1913, l’architecte torontois W.C. Vaux Chadwick, l’architecte Eustace G. Bird, de la firme américaine Carrère and Hastings, et le peintre Gustav Hahn mettent en œuvre de grands changements à la maison de campagne victorienne qui se trouvait déjà sur le site et dont le concepteur est inconnu. C’est le fils de James Austin, Albert, qui hérite de la Spadina. Avec l’aide de son épouse, Mary, Albert fait faire des modifications visant à indiquer clairement aux voisins et aux visiteurs la position sociale de premier plan qu’occupe la famille et la richesse qu’elle possède. L’architecture, l’aménagement intérieur et l’ameublement de ce manoir ainsi que les vastes terrains, jardins et dépendances qui l’entourent illustrent la splendeur dans laquelle l’élite fortunée du Canada vit pendant la rapide période d’expansion urbaine du début du XXe siècle. À l’intérieur, cette aisance se traduit par l’aménagement novateur de pièces publiques et privées pour la famille ainsi que de logements pour les domestiques. À l’extérieur, elle s’exprime par la conception et la disposition du jardin, de la serre et du garage, ce dernier comportant un logement pour le chauffeur.

Spadina, Toronto
© Jennifer A. Cousineau, Parcs Canada, 2018

La Spadina actuelle est un grand manoir au style architectural éclectique comptant 55 pièces. Auparavant, la propriété comptait deux petites maisons construites en 1818 et 1836, également nommées Spadina, qui furent détruites par les flammes. La Spadina ayant été considérablement modifiée dans son apparence lors des dernières rénovations du début du XXe siècle, elle présente essentiellement le style Second Empire, en plus de certaines caractéristiques architecturales antérieures datant du milieu du XIXe siècle, visibles à l’intérieur comme à l’extérieur. Dotée de briques couleur chamois, de moulures vert foncé et d’un toit en mansarde gris, la Spadina se distingue par ses baies vitrées à double hauteur, ses nombreuses lucarnes, sa terrasse à balustres du côté sud et sa splendide porte-cochère en fer et en verre du côté ouest. La maison est à peu près symétrique, divisée par un long couloir central nord-sud, mais la disposition des fenêtres, des portes et des pièces est irrégulière. La structure extérieure vivante de l’édifice révèle une conception d’élévation différente sur chacun de ses quatre côtés.

L’intérieur de la Spadina combine des espaces luxueux réservés à un usage familial privé et à des activités sociales ainsi que des espaces de service autrefois habités par le personnel qui dirigeait la maisonnée. Le cœur du musée est composé de nombreuses pièces présentant des collections intactes de meubles et d’objets d’art d’origine ayant appartenu à la famille. Les autres pièces remplissent diverses fonctions muséologiques, ce qui comprend des bureaux, une bibliothèque et des espaces d’entreposage. Le sous-sol abrite aujourd’hui une boutique de souvenirs, une salle de réunion, des espaces d’entreposage et un espace exposant les fondations de la première maison (1818). Au rez-de-chaussée, on trouve des pièces historiques telles que la cuisine, la salle à manger, le hall d’entrée, la salle de réception, la salle de séjour et la véranda connue sous le nom de la salle Palm. Le deuxième étage comprend des chambres historiques, des bureaux à l’usage du personnel actuel et des salles de séjour. Finalement, les espaces des serviteurs (chambres, salle de bain et salle de séjour), des chambres pour la famille et des salles de séjour historiques occupent le troisième étage.

Située sur la colline de Davenport, la Spadina repose sur 2,31 hectares de terres dans le quartier Casa Loma, à Toronto. La partie nord de la propriété, maintenant séparée de la partie sud, du côté ouest, par une pergola en pierre datant de 1909, compte les bâtiments de services, soit l’étable (1850), le garage/résidence du chauffeur (1909) et une serre (1913). Au nord de la maison, on trouve également une pommeraie. À l’est se trouve une grande cuisine soigneusement élaborée et un jardin de parterres fleuris. Au sud de la maison, la terrasse donne sur une grande pelouse bien entretenue qui se termine par un rideau d’arbres à la lisière de la colline de Davenport.