Lieu historique national Fort Prince-de-Galles.

En 1768, la Compagnie de la Baie d’Hudson (CBH) a amorcé sa collaboration avec la Royal Society, une société scientifique savante britannique, afin de faciliter l’observation du transit de Vénus au fort Prince de Galles en 1769. À partir de cette date, et jusqu’à environ 1810, la CBH a joué un rôle essentiel dans la promotion de travaux scientifiques dans ses postes de traite du Nord canadien, en particulier dans les domaines de l’astronomie, de la météorologie, de la cartographie et de l’histoire naturelle. Une bonne partie des données cartographiques et des données d’histoire naturelle compilées par les employés européens de la CBH était tirée du travail d’Autochtones qui détenaient des connaissances importantes sur l’histoire naturelle de leur territoire et connaissaient l’interdépendance entre plantes et animaux. Les données scientifiques compilées par les postes de traite de la CBH dans le nord du Canada étaient activement transmises à la Royal Society et d’autres établissements à vocation scientifique, et elles ont été intégrées au savoir scientifique grandissant sur les régions arctiques et subarctiques de la planète.

Les débuts des recherches au nord du Canada ont commencé en 1768, lorsque la Royal Society a envoyé deux astronomes au fort Prince-de-Galles de la CBH, qui est maintenant Churchill, au Manitoba, pour observer le transit de Vénus l’année suivante. Leurs observations ont servi à calculer la distance entre la terre et le soleil à 1 % de la valeur actuellement acceptée. Cela a marqué un jalon important dans l’histoire de l’astronomie ainsi que dans l’histoire de la recherche scientifique occidentale.

Les données météorologiques recueillies depuis les années 1770 à ces postes du nord constituent les observations météorologiques les plus constantes et les plus exhaustives au monde. Les postes de la CBH autour de la baie d’Hudson étaient les premiers fournisseurs principaux de spécimens d’histoire naturelle de l’Amérique du Nord à l’Angleterre. L’étude de ces spécimens a contribué aux progrès dans la compréhension du comportement et de la physiologie des animaux, ainsi qu’à l’identification de nouvelles espèces. De plus, les commerçants et les arpenteurs de la CBH ont produit des cartes précises qui intégraient souvent les connaissances géographiques des Autochtones et qui étaient ensuite transmises aux principaux cartographes européens de l’époque.

Bien que le mérite de ces réalisations scientifiques soit revenu en grande partie aux chercheurs de la Royal Society, les peuples autochtones ont joué un rôle essentiel dans bon nombre de ces recherches scientifiques. Les commerçants autochtones aux postes ont contribué de façon importante aux connaissances en géographie et en histoire naturelle, et ont apporté aux postes des spécimens et des renseignements qui étaient précisément destinés aux collecteurs. Le mécénat des sciences nordiques de la CBH commença toutefois à décroître vers 1810 dû à une expansion vers l’intérieur du continent. Néanmoins, l’héritage de ces travaux scientifiques sur le Nord se perpétue encore aujourd’hui dans le développement et l’orientation des institutions de sciences naturelles, les activités permanentes de recherches nordiques et la coopération scientifique internationale dans la région du cercle polaire arctique.