Expo 67, exposition mondiale tenue à Montréal d’avril à octobre 1967, constituait l’élément central des célébrations du Canada dans le cadre du centenaire de la Confédération. L’exposition internationale et universelle a attiré plus de 64 millions de visiteurs venus du Canada et des quatre coins du monde, a suscité un sentiment de fierté dans l’histoire, les réalisations et les perspectives d’avenir du Canada et a rehaussé le prestige de la ville et du Canada à l’échelle internationale. L’Expo était une merveille culturelle et artistique. Son thème, « Terre des Hommes », a inspiré la construction de pavillons spectaculaires, des réalisations architecturales imposantes, de nouveaux concepts de design, des innovations cinématographiques et technologiques et des performances artistiques provenant du Canada et de plus de 60 autres pays. Aménagée sur un site ambitieux, qui nécessitait la création d’une nouvelle île dans le fleuve Saint-Laurent et l’expansion d’une autre, l’Expo lègue en héritage d’importants points d’intérêt architecturaux tels qu’Habitat 67, la Biosphère et le parc Jean-Drapeau. Illustrant la vision optimiste de nombreux Canadiens et Canadiennes dans les années 1960, tout en laissant présager les bouleversements sociaux qui allaient suivre, l’Expo 67 a marqué tous les visiteurs, même si elle mettait l’accent sur des questions importantes en pleine émergence comme l’identité autochtone et l’avenir du Québec au Canada.

Depuis le milieu du XIXe siècle, les expositions universelles mettent à l’honneur l’innovation, les réussites culturelles ainsi que les autres réalisations des nations, et c’est exactement ce qui s’est produit lors d’Expo 67. Accueillant les dignitaires invités et déployant tout l’apparat et le cérémonial associés aux événements internationaux, l’Expo présente aux visiteurs une architecture étonnante, de nouveaux films et de nouvelles techniques cinématographiques, des expositions, des manèges et des performances artistiques de calibre mondial. Plus de 60 pavillons nationaux sont construits, dont plusieurs présentent une architecture exceptionnelle. Le pavillon des États-Unis est une sphère géante, ou dôme géodésique; l’emblématique pavillon de l’Allemagne prend la forme d’un chapiteau asymétrique d’une hauteur de quinze étages; le pavillon du Canada, haut de neuf étages, est une pyramide inversée appelée Katimavik. La technologie est aussi en vedette. Les États-Unis et l’Union soviétique présentent leurs programmes concurrents d’exploration spatiale tandis que l’Office national du film présente un cinéma à écrans multiples sur trois étages dans son pavillon nommé « Labyrinthe ». Des performances artistiques mettent en valeur les cultures canadiennes et internationales. Une fois son aménagement terminé, l’Expo est une incarnation du futur avec son paysage urbain, son environnement exempt d’automobiles et les liens créés par les promenades, les ponts, les canaux et les moyens de transport en commun.

Malgré la thématique de l’unité, l’Expo rencontre son lot de problèmes, dont des dépassements de coûts, des problèmes de construction et des controverses politiques. Le pavillon « Indiens du Canada », par exemple, partage une histoire marquée par des promesses rompues, des terres confisquées et la destruction de cultures. De plus, les tensions entre les communautés anglophone et francophone sont immortalisées durant la visite controversée du président français Charles de Gaulle, lequel déclame « Vive le Québec libre » devant une foule assemblée à l’hôtel de ville de Montréal. Dans son ensemble, l’Expo 67 connaît un succès retentissant et des milliers de Canadiens et de Canadiennes affluent à Montréal pour la voir.