© Parcs Canada. Tous droits réservés.

Canards Illimités Canada (CIC) a été fondé à Winnipeg en 1938 par des particuliers canadiens s’intéressant à la chasse et à la protection de l’environnement, en collaboration avec la fondation More Game Birds in America. C’est l’un des premiers exemples de démarche internationale de conservation de la nature à l’échelle continentale au Canada et aux États-Unis. L’organisme a été créé en réaction au déclin des populations de sauvagine et à la perte généralisée de terres humides en Amérique du Nord. En tant qu’organisme de conservation, CIC s’est distingué par son application novatrice de principes commerciaux et de techniques de promotion à la conservation de la nature ainsi que par son investissement de sommes provenant du secteur privé américain dans des projets de conservation canadiens. Il est aussi reconnu pour sa promotion d’un sentiment d’appartenance à un réseau nord-américain transfrontalier de zones humides et pour sa capacité à mobiliser une force importante de bénévoles et de citoyens scientifiques, qu’on appelait des « Keemen ». Au cours de ses 40 premières années d’existence, CIC a été à l’avant-garde de l’écologie des milieux humides, a réalisé l’un des premiers relevés à grande échelle de la sauvagine reproductrice au Canada, a porté à l’attention du public l’importance des milieux humides et a joué un rôle de premier plan dans la conservation et la gestion de plus de 860 000 hectares d’habitats de la sauvagine.

Avant la création de CIC, une fondation privée a vu le jour aux États-Unis, en 1930, soit la fondation More Game Birds in America. Après avoir fait un important dénombrement des populations d’oiseaux nicheurs du continent, en 1935, la fondation a décidé de concentrer ses ressources sur le rétablissement, la protection et la gestion des habitats de la sauvagine reproductrice. En 1937, elle a donc mis sur pied Ducks Unlimited, Inc. (DUI) aux États-Unis pour amasser des fonds tandis que CIC devait offrir des programmes relatifs à l’habitat dans les sites de nidification des Prairies canadiennes. Une fois la transition terminée, la fondation More Game Birds in America a mis fin à ses opérations, en 1940.

CIC a appliqué des principes commerciaux et des techniques de promotion à la conservation de la nature. L’organisme a géré les milieux humides comme si c’étaient des « usines » et a produit des rapports réguliers sur le nombre de sauvagines pour les investisseurs. Dès le départ, des relations publiques et des stratégies de communication efficaces ont fait partie intégrante du travail de CIC. À l’aide de campagnes promotionnelles favorisant un sentiment d’appartenance à un écosystème commun et d’activités de sensibilisation à l’importance des milieux humides, CIC a encouragé les contributions pluriannuelles et le parrainage de projets par des particuliers et des clubs américains et canadiens de pêche et de chasse dont les activités sont axées sur la conservation. En 1938, CIC a entrepris son premier relevé des sauvagines, étudiant les populations d’oiseaux de l’ouest par voies aérienne et terrestre avec l’aide de milliers de bénévoles appelés « Keemen » ou « Kee-Men ». Dans les années suivantes, ces bénévoles ont fourni à CIC la main-d’œuvre dont il avait besoin et lui ont aussi permis d’obtenir des données sur l’état des populations de sauvagine, données qui ont servi à appuyer le travail des scientifiques de CIC.

Dans les premières années d’existence de l’organisme, ses ingénieurs ont dirigé les travaux de restauration des marécages par la retenue des eaux de canaux d’écoulement, la construction de digues, et, donc, le réaménagement du paysage des Prairies dans des endroits comme le marais Big Grass, au Manitoba, où se trouve l’« usine à canards » no 1. Bon nombre de ces projets sont associés à de grands complexes de milieux humides dans la zone forestière boréale, y compris les marais de Cumberland, le triangle de la rivière Carrot, le complexe Reader-Root et le complexe du marais Summerberry dans le delta de la rivière Saskatchewan, en Saskatchewan et au Manitoba. Parallèlement, CIC a aidé à développer les connaissances scientifiques sur la sauvagine et l’écologie des milieux humides grâce à des projets comme le programme d’inventaire des terres humides et le programme de recherche sur l’écologie des marais.