Les débuts de la radiodiffusion commerciale au Canada, 1918-1932
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La radio commerciale fait ses débuts au Canada avec la station XWA, à Montréal. Depuis ces premières radiodiffusions jusqu’à la création d’un réseau public en 1932, un engouement pour la radio balaie le pays et voit l’établissement d’une industrie de communication de masse qui révolutionne la façon dont les Canadiens et Canadiennes consomment l’information et le divertissement. Avec les nouvelles stations de langue anglaise et française qui entrent en ondes et la multiplication des postes de radio dans les foyers du pays, la radiodiffusion privée au Canada devient rapidement une force culturelle et économique dominante. Les stations de radio privées de langue anglaise et française créées à cette époque constituent l’infrastructure de base pour la radio nationale au Canada et influencent grandement le réseau public canadien de radiodiffusion, au premier chef avec la création de la Commission canadienne de la radiodiffusion en 1932. Diffusant tant en français qu’en anglais, la radio porte les discussions et les débats sociaux et politiques dans les foyers canadiens, et amène les sphères publique et privée à joindre un large éventail de Canadiens et Canadiennes de tous les horizons.

La radio commerciale au Canada fait ses débuts en 1918 avec la Marconi Wireless Telegraph Company of Canada. À partir de ses installations de Montréal, cette entreprise fait des essais de radiodiffusion sans fil et obtient une licence pour la station XWA en décembre 1919. Un an plus tard, elle lance un horaire régulier de transmissions.

De cette seule station naît une industrie qui, au cours des 12 années suivantes, marque le début de l’ère moderne de la communication de masse. En 1922, le Canada compte 39 stations de radio. La « radiomanie » retient l’attention des Canadiens et Canadiennes alors que ce médium, au départ dominé par quelques amateurs, accroît sa présence dans le paysage commercial. Entre 1922 et 1932, le nombre de stations de radio commerciales double presque pour atteindre 77. Cette croissance se reflète dans les ventes de postes radio puisqu’en 1928, 52 500 postes sont vendus au Canada. En 1931, ce nombre passe à 173 200. Même pendant la Crise, l’industrie de la radio demeure en pleine croissance.

Avec la croissance du nombre de stations et de ventes de postes de radio à travers le pays, la programmation nationale devient une possibilité à la fin des années 1920. La Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada (CN) construit un réseau national en utilisant une combinaison de ses propres stations et de stations « fantômes » afin de divertir les passagers à bord de ses trains. Le réseau utilise les lignes télégraphiques et téléphoniques qui longent la voie ferrée pour relier les stations. En se basant sur ce modèle, les stations commerciales se branchent en réseau pour assurer une couverture nationale des grands événements, notamment le Jubilé de diamant du Canada, en juillet 1927, alors que CFCF (anciennement XWA) sert de station d’ancrage pour la diffusion d’une émission d’un océan à l’autre.

Fondée en 1932, la Commission canadienne de la radiodiffusion, le premier radiodiffuseur public au Canada, met fin à l’ère de la radio exclusivement privée. Cette période a cependant jeté les bases de la radiodiffusion canadienne au XXe siècle. En un peu plus d’une décennie, la radio est passée d’un passe-temps spécialisé à une industrie culturelle majeure.