À titre de première organisation mondiale de nationalisme noir avec une section au Canada, l'Universal Negro Improvement Association (Association universelle pour la promotion des Noirs ou UNIA) a joué un rôle déterminant en favorisant l'unité et la fierté des Canadiens d'ascendance africaine. L'UNIA a établi un cadre organisationnel dans lequel les Canadiens noirs pouvaient développer leurs talents et exercer des fonctions de leadership à une époque où de telles occasions leur étaient refusées ailleurs. Les Liberty Halls de l'UNIA, des salles louées ou appartenant à l'organisation, constituaient des centres d'activité politique, sociale et culturelle pour les Canadiens noirs à une époque où ils avaient peu accès à des endroits permettant des rassemblements communautaires. L'Association a consolidé le leadership des Canadiens d'origine antillaise, liant encore plus étroitement les uns aux autres les membres de ce groupe ethnique motivé et à un réseau national et international de fiers militants noirs.

L'UNIA a été fondée en Jamaïque en 1914 par Marcus Mosiah Garvey. En moins d'une décennie, elle a évolué pour finalement devenir l'organe central du plus important mouvement nationaliste noir mondial de l'histoire, comptant plus de 1 000 sections dans 40 pays. En juin 1919, la première division canadienne de l'UNIA a ouvert ses portes à Montréal, suivie de près par celle de Toronto en décembre de la même année. En 1922, l'UNIA comptait 32 sections au Canada, s'étendant géographiquement de Sidney, en Nouvelle-Écosse, à Victoria, en Colombie-Britannique. Un quart des Canadiens noirs, soit près de 5 000 personnes, auraient été membres de l'UNIA à son apogée au début des années 1920. Après la mort de Garvey en 1940, les activités de l'organisation et le nombre de membres ont commencé à décliner. La division de Toronto a fermé ses portes en 1982, mais celle de Montréal continue aujourd'hui d'offrir des services.

Historiquement, de nombreux postes de cadres de l'UNIA étaient occupés par des hommes et des femmes qui présidaient des réunions hebdomadaires, des conférences régionales et des colloques internationaux en plus de recueillir des fonds, d'organiser des cours et de diriger des groupes sociaux et culturels subsidiaires comme les Black Cross Nurses, la School of African Philosophy et le Literary Club, entre autres. En confiant des rôles de leadership aux membres de l'organisation, l'UNIA cultivait délibérément une classe de dirigeants noirs au Canada à une époque où de telles possibilités étaient limitées. La majorité des activités de l'UNIA se déroulaient dans les Liberty Halls, salles dont l'achat représentait un accomplissement majeur pour les sections du Canada. À l'exception des églises, il s'agissait de l'un des rares endroits où les Canadiens noirs avaient le droit de se rassembler en grand nombre.

Le succès de l'UNIA au Canada est étroitement associé aux Antillais, qui composaient la majorité de ses membres au Canada, et qui étaient particulièrement prédominants dans les grands centres urbains et en Nouvelle-Écosse. En plus de les mettre en relation avec des membres de l'UNIA partout dans le monde et une diaspora mondiale de migrants économiques originaires des Antilles, l'UNIA constituait pour les immigrants afro-antillais un instrument leur permettant d'atténuer le racisme systémique qui réduisait leur capacité à trouver un logement et un emploi et qui limitait leurs activités sociales. Les dirigeants antillais de l'UNIA sont des modèles d'engagement et de militantisme pour les membres de leur propre communauté et pour l'ensemble des Canadiens et des Canadiennes.