Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft)
Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft)
© Ministère de la Défense nationale Canada/ Bibliothèque et Archives Canada / MIKAN 3629837

Onondeyoh (Frederick Ogilvie Loft) est un important dirigeant politique des Premières Nations durant la période suivant la Première Guerre mondiale. En 1919, il fonde la League of Indians of Canada, première organisation politique pan-autochtone au pays, qui milite pour la conservation et le contrôle des territoires autochtones, pour l'amélioration de l'éducation pour les peuples autochtones et qui contribue à jeter les bases de l'activisme politique autochtone. Tout au long de sa vie, Onondeyoh écrit, milite et parle avec éloquence au nom des peuples autochtones en revendiquant le remplacement des pensionnats par des externats, faisant pression pour l'autonomie gouvernementale et luttant contre l'émancipation involontaire de ceux qui ont le statut d'Indien et l'expropriation des terres de réserve sans consentement ou indemnisation juste. Pendant la Première Guerre mondiale, il contribue au recrutement des membres des Premières Nations dans les forces armées, puis après la guerre, il tente d'utiliser le service exemplaire des militaires autochtones pour exercer une influence politique.

Onondeyoh (« belle montagne ») est né en 1861 dans la Première Nation Six Nations of the Grand River, en Ontario, et fréquente plusieurs écoles locales, notamment le Mohawk Institute, un pensionnat autochtone à Brantford. Il travaille comme aide-comptable, journaliste, inspecteur du bois et, en 1890, il devient comptable au sein du gouvernement provincial. C'est à cette époque qu'il commence à faire pression sur le gouvernement fédéral en faveur de réformes incluant l'élimination des pensionnats autochtones. En 1917, après avoir aidé à recruter des membres des Premières Nations partout en Ontario pour le service militaire, il rejoint les forces armées en tant que lieutenant dans le corps forestier, bien qu'il ait dépassé l'âge limite pour le service militaire. Au cours de son service en France, le Six Nations Council lui accorde l'honneur exceptionnel de « chef de l'Arbre de la paix », ce qui lui permet de rencontrer le roi George V au nom de la Première Nation en 1918.

Frustré par le traitement réservé aux Premières Nations, Onondeyoh fonde la League of Indians of Canada, qui tient sa première réunion nationale en 1919 dans la Première Nation Ketegaunseebee (Garden River), en Ontario. Le ministère des Affaires indiennes, sous la direction de Duncan Campbell Scott, entrave son expansion dans les années 1920 et traite Onondeyoh comme un radical, essayant en vain de l'émanciper afin de lui faire retirer son statut d'Indien et, ainsi, d'affaiblir son autorité.

Onondeyoh prend sa retraite de la fonction publique ontarienne en 1926 et quitte le Canada pour prendre soin de sa femme malade, qui vit alors dans sa ville natale de Chicago, dans l'Illinois. Il continue de défendre les droits des Autochtones dans les années qui suivront. Il meurt à Toronto en 1934. Malgré le succès obtenu par la League of Indians of Canada dans ses premières années d'existence, la plupart des sections locales à l'extérieur des Prairies ne sont plus en activité au moment de son décès. Cependant, les sections de l'Alberta et de la Saskatchewan demeurent actives et contribuent à ouvrir la voie pour la fondation de la National Indian Brotherhood, qui deviendra par la suite l'Assemblée des Premières Nations. À travers ses premiers écrits et ses activités de sensibilisation, de même que par son travail au sein de la League of Indians of Canada, Onondeyoh contribue largement à faire connaître les droits des peuples autochtones au Canada et les injustices découlant de la Loi sur les Indiens.