Ludger Duvernay
Ludger Duvernay, artiste inconnu
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Acteur clé de la vie politique et intellectuelle du Bas-Canada de 1817 à sa mort en 1852, Ludger Duvernay est un imprimeur-éditeur, propriétaire d'un journal patriote, puis ministériel. Sous sa direction, La Minerve devient un important journal des réformistes bas-canadiens en faisant la promotion d'idées, comme l'obtention du principe de la responsabilité ministérielle, au sein de la population du Bas-Canada. Homme de convictions patriotiques, politiques et sociales, Duvernay lutte contre le pouvoir colonial en diffusant les idées démocratiques et républicaines de l'époque tant par les écrits de son journal que par la publication d'imprimés. Fier promoteur du principe de la liberté de presse, il paie la défense de ce droit d'expression au prix de sa propre liberté et au détriment de sa situation financière. Enfin, il fait revivre les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste en 1834 et préside l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal de 1851 à 1852.

Né le 22 janvier 1799 dans une famille modeste de Verchères, au Bas-Canada, Duvernay a la chance d'être scolarisé et amorce dès 1813 son apprentissage du métier d'imprimeur à Montréal. En 1817, il ouvre la première imprimerie à Trois-Rivières et lance le premier journal du Bas-Canada à être publié à l'extérieur de Montréal et de Québec. Après avoir acquis La Minerve en 1827, il en fait le principal organe d'expression du Parti patriote à Montréal et le plus important journal de langue française de la ville. Homme de presse et de conviction, il utilise son journal et ses imprimés pour éduquer le peuple en plus de l'éclairer et de l'éveiller aux idées libérales et philosophiques de l'époque. Duvernay effectue plusieurs séjours en prison à la suite de prises de position répétées contre la censure politique et pour la liberté de presse.

En plus d'ouvrir son journal au mouvement de protestation constitutionnelle de 1837, Duvernay participe également à la bataille de Moore's Corner (aujourd'hui Saint-Armand) au mois de décembre de cette année à titre d'officier d'un petit bataillon de patriotes. Après la défaite des Patriotes à cette bataille, il se réfugie aux États-Unis où, pendant cinq ans, son journal Le Patriote canadien sert de courroie de communication entre les patriotes exilés. À son retour d'exil en 1842, Duvernay fait de La Minerve l'un des principaux organes de la presse ministérielle. À titre de journal des réformistes bas-canadiens, La Minerve constitue un solide appui dans le combat politique mené par le parti de La Fontaine. En 1848, la responsabilité ministérielle – principe selon lequel le gouvernement doit être à l'écoute de ses citoyens, doit fonctionner de manière responsable et doit rendre des comptes au Parlement – est finalement adoptée dans la Province du Canada.

L'action de Duvernay ne se limite pas au monde de la presse et de la politique. Il est à l'origine de l'idée de faire revivre la célébration de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. Il est également membre fondateur et cheville ouvrière de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal dont il est le président du 2 juin 1851 jusqu'à sa mort survenue le 28 novembre 1852.