Portrait de Kahgegagahbowh, vers 1860
Kahgegagahbowh (George Copway) (1818–1869)
© Bibliothèque du Congrès, Collection Marian S. Carson, LC-USZ62-121977

Kahgegagahbowh (George Copway) est l’un des premiers auteurs anishinaabe d’œuvres populaires non romanesques, lesquelles manifestent sa fierté envers sa nation, s’intéressent aux littératures victorienne et romantique en s’opposant à leur racisme et donnent aux lecteurs non autochtones, au Canada et à l’étranger, une connaissance approfondie de la spiritualité, de l’histoire et de la culture des Mississaugas. Célébrité internationale du domaine littéraire, il contribue à l’enrichissement des connaissances sur les Premières Nations au Canada en donnant des conférences fort courues sur la vie des Mississaugas, se produisant en Amérique du Nord, en Grande-Bretagne et en Europe occidentale, et il représente les peuples autochtones au troisième Congrès international de la paix à Francfort, en Allemagne (1850). Il démontre bien les liens culturels transnationaux et la politisation des auteurs autochtones canadiens au milieu du XIXe siècle; il met son succès au service de la lutte pour les droits des Premières Nations aux États-Unis et participe à la formation de l’American Christian Association for Protective Justice to Indians. Il utilise également son journal éphémère Copway’s American Indian (1851) pour contester le gouvernement américain et présente une pétition au Congrès américain en 1850 proposant la création d’un État autonome, appelé Kahgega, pour les Premières Nations.

Kahgegagahbowh naît en 1818. Sa mère fait partie du clan de l’Aigle et son père – guérisseur, chef traditionnel et combattant de la guerre de 1812 – du clan de la Grue. Sa famille appartient à la nation de Rice Lake (Pam-e-dash-cou tay-ang ou Pamadusgodayong) dans le Haut-Canada. Il se convertit à la foi chrétienne en 1830 et change son nom pour George Copway. Quatre ans plus tard, il quitte Rice Lake en compagnie d’un groupe de missionnaires en direction du nord des États-Unis. Il reçoit des fonds de l’Église méthodiste américaine pour faire des études à l’Ebenezer Manual Labor School en Illinois, où il étudie de 1838 à 1839. À son retour au Haut-Canada, en 1840, il épouse Elizabeth Howell. Au cours des cinq années suivantes, il travaille comme missionnaire, interprète et pasteur aux États-Unis et au Canada. Accusé de détournement de fonds, il est expulsé de l’Église méthodiste et incarcéré pendant plusieurs semaines en 1846. Il sort de prison déterminé à écrire son autobiographie.

« The Life, History, and Travels of Kah-ge-ga-gah-bowh (George Copway) » (1847) connaît un succès suffisamment important pour justifier sept impressions avant 1848 et deux éditions révisées en 1850. Kahgegagahbowh se sert alors du succès qu’il connaît aux États-Unis et présente une pétition à Washington pour soutenir sa volonté de créer un territoire autonome géré par les Premières Nations (« Kahgega ») qui aurait finalement atteint un statut d’État. Il plaide sa cause au Congrès dans son livre intitulé Organization of a New Indian Territory, East of the Missouri River (1850). Son lobbying ayant échoué, Kahgegagahbowh se remet à l’écriture. S’inspirant des traditions culturelles anishinaabeg et euro-américaine, il écrit son histoire pionnière dans « The Traditional History and Characteristic Sketches of the Ojibwa Nation » (1850), puis en 1851, il publie « Running Sketches of Men and Places in England, Germany, Belgium and Scotland », un récit de voyage dans lequel il décrit ses populaires tournées de conférences. Enfin, il crée l’hebdomadaire éphémère « Copway’s American Indian » (1851) publié à New York.

Au cours des années qui suivent, Kahgegagahbowh a du mal à gagner sa vie et disparaît presque entièrement des archives historiques. Il décède à Ypsilanti, Michigan, en 1869.