Fiche d’information

Photographie historique de Helen Creighton
Photographie historique de Helen Creighton
Crédit : Bibliothèque et Archives Canada/Office national du film fonds/e011177105

Helen Creighton a consacré sa vie à la préservation et à la promotion de la culture populaire unique de la Nouvelle-Écosse. Pionnière parmi les collectionneurs de musique traditionnelle des Maritimes, Helen Creighton a documenté, entre 1928 et 1975, le folklore de la Nouvelle-Écosse à un niveau jusque-là inégalé. Ce travail ethnographique a donné lieu à l’une des plus vastes collections de chansons et de traditions orales au Canada. Elle a en effet recueilli plus de 4 000 chansons provenant des populations gaéliques, acadiennes, mi’kmaw, anglaises, allemandes et afro-canadiennes de la Nouvelle-Écosse. Creighton a été l’une des plus grandes promotrices des cultures traditionnelles néo-écossaises du XXe siècle. Ses collections publiées, ses conférences, ses émissions de radio et de télévision et les films consacrés à son œuvre ont contribué à faire rayonner et à populariser les traditions culturelles des peuples de la Nouvelle-Écosse, éveillant ainsi des résonances durables dans la province comme dans le reste du Canada.

Mary Helen Creighton naît à Dartmouth et étudie la musique à l’université. Au début des années 1920, elle devient journaliste indépendante et écrit pour différentes publications canadiennes, telles les revues Mayfair et Saturday Night ainsi que pour le Montreal Star et le Toronto Star Weekly. Elle acquiert une renommée à l’échelle régionale comme « conteuse » à la station de radio CHNS d’Halifax, où elle écrit et anime une série d’émissions hebdomadaires d’une demi-heure.

À cette époque, elle réoriente sa carrière vers la collecte de chansons folkloriques, initialement aux environs d’Halifax. Creighton lance sa propre méthodologie éprouvée et accroît ultérieurement l’étendue géographique de sa collection à la Nouvelle-Écosse tout entière. De 1928 jusqu’aux années 1970, Creighton recueille des enregistrements sur le terrain dont le nombre atteint plus de 4 000 chansons traditionnelles en anglais, en gaélique, en français, en mi’kmaw et en allemand. Elle publie plus de 80 ouvrages, comprenant notamment des collections de chansons et de récits populaires, ainsi que des articles spécialisés. Elle est également affiliée à des établissements collectionneurs réputés, tels que la Library of Congress des États-Unis et le Musée national du Canada (l’actuel Musée canadien de l’histoire), pour lequel elle travaille comme chercheuse de terrain entre 1947 et 1967.

Tout au long de sa carrière, Creighton fait la promotion de la culture folklorique de la Nouvelle- Écosse auprès d’un vaste public : elle donne des conférences partout en Amérique du Nord, publie des recueils de chansons et est l’hôte d’une série d’émissions radiophoniques diffusées en 1938 et en 1939 dans le cadre des Folksong Broadcasts de la chaîne CBC. À partir de la fin des années 1940, Creighton a régulièrement l’occasion de faire connaître son œuvre à la radio et à la télévision. De plus, trois documentaires de l’Office national du film sont produits sur Helen Creighton. Creighton est, à la fin de sa vie en 1989, une figure de proue du monde de la culture et elle est aimée de tous dans sa province natale. Au cours de sa carrière, plusieurs décorations lui sont décernées, dont l’Ordre du Canada et six doctorats honorifiques; elle est également intronisée au Panthéon des auteurs et compositeurs canadiens. L’une des chansons qu’elle a recueillie et fait connaître, « The Nova Scotia Song », est devenue l’hymne non officiel de la province : « Farewell to Nova Scotia ».