Caporal Francis Pegahmagabow
Caporal Francis Pegahmagabow, Collection d’archives George-Metcalf, Musée canadien de la guerre
© Collection d’archives George-Metcalf, Musée canadien de la guerre

Francis Pegahmagabow est un tireur d'élite et éclaireur très efficace pendant la Première Guerre mondiale, et son service militaire ainsi que sa pugnacité dans la défense des droits des Autochtones demeurent une inspiration pour sa communauté nishnaabe. Il est l'un des premiers à s'enrôler après la déclaration de la guerre. Il prend part à plusieurs grandes batailles et reçoit la Médaille militaire et deux agrafes pour sa bravoure au combat. Confronté à son retour de la guerre à la discrimination et aux règles strictes de la Loi sur les Indiens qui sont en contradiction avec son service militaire volontaire pour le Canada, Pegahmagabow devient un dirigeant politique dans la Première Nation Wasauksing et, plus tard, sur la scène nationale. Il défend les droits issus de traités et persévère face aux restrictions imposées aux Premières Nations par le gouvernement fédéral. Il est héros de guerre canadien reconnu et une figure respectée de la Première Nation Wasauksing.

Francis Pegahmagabow est né le 9 mars 1889 dans ce qui est aujourd'hui la Première Nation Shawanaga, sur la rive est de la baie Georgienne, en Ontario. Enfant unique de Michael Pegahmagabow et de Mary Contin, Francis Pegahmagabow est Ojibway Nishnaabe, membre du clan du Caribou, et fait partie de la Première Nation Wasauksing. Le 13 août 1914, dix jours après la déclaration de guerre, Pegahmagabow s'enrôle dans l'armée. Membre du 1er Bataillon de la 1re Division du Corps expéditionnaire canadien, il fait partie du premier contingent envoyé outremer. Pendant la guerre, il est promu au grade de caporal et reçoit la Médaille militaire et deux agrafes pour ses actes de bravoure au champ de bataille. Il est reconnu comme un tireur d'élite et un éclaireur très efficace, et il prend part à plusieurs batailles importantes, notamment la deuxième bataille d'Ypres, la bataille de Passchendaele et l'offensive des Cent Jours. En 1919, il est l'un des quelque 200 anciens combattants à recevoir ses décorations des mains du prince de Galles, le futur roi Édouard VIII, à l'Exposition nationale canadienne à Toronto.

Une fois la guerre terminée, Pegahmagabow reprend la vie civile, déterminé à s'établir dans la Première Nation Wasauksing. C'est à cet endroit qu'il épouse Eva Tronche et qu'ils fondent une famille de huit enfants. Deux de leurs fils meurent en bas âge. Des années 1920 jusqu'à son décès en 1952, Pegahmagabow est une figure importante dans sa communauté et un organisateur politique qui défend les droits des peuples autochtones. En tant que chef de la Première Nation Wasauksing de 1921 à 1925, il cherche à redresser de nombreuses violations de traités et fait part de ses revendications au ministère des Affaires indiennes. Il est à nouveau chef de 1942 à 1945 et, pendant cette période, il participe à l'organisation politique des Autochtones à l'échelle nationale. En 1943 et 1944, il prend part à des congrès qui réunissent des dirigeants autochtones de l'ensemble du pays. Le deuxième auquel il assiste mène à la fondation de la North American Indian Brotherhood. En 1945, il devient membre du National Indian Government, organisme revendiquant l'autonomie des Premières Nations en regard de la Loi sur les Indiens, et remplit deux mandats comme chef suprême de cet organisme en 1949 et 1950. Il voyage beaucoup et correspond avec des Autochtones de l'ensemble de l'Ontario, qui le consultent sur un large éventail d'enjeux, allant des revendications territoriales non résolues aux droits de pêche et de trappage brimés.

Francis Pegahmagabow meurt des suites d'un infarctus au St. Joseph's Hospital à Parry Sound, en Ontario, le 5 août 1952. Sa tombe, située à Parry Sound, porte la marque militaire. Une statue de Pegahmagabow se dresse à Parry Sound, et ses médailles militaires et sa coiffure de chef font partie de l'exposition permanente du Musée canadien de la guerre à Ottawa. Il a été nominé pour la considération de la Commission des lieux et monuments historiques du Canada par des membres de sa famille et a reçu l'appui de la Première Nation Wasauksing.