École de langue japonaise de Vancouver
École de langue japonaise de Vancouver, adjonction 2000, Shig Amano architecte
© Jennifer A. Cousineau, Parcs Canada, 2018

L'École de langue japonaise de Vancouver, située au 487, rue Alexander, est la première et la plus grande école de langue japonaise au Canada et l'une des 50 écoles de cette nature en service avant 1941. C'est un rare exemple d'école de langue de l'entre-deux-guerres se trouvant dans l'un des plus anciens quartiers d'immigrants de la Colombie-Britannique qui subsiste encore de nos jours. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est l'une des milliers de propriétés confisquées aux Canadiens d'origine japonaise par le gouvernement fédéral, et elle est l'un des rares bâtiments restitués à ses propriétaires après la période d'internement. Elle atteste de la persévérance des Canadiens d'origine japonaise dans leurs campagnes menées pendant et après la guerre pour recouvrer leurs propriétés et leurs biens. Conçue par le cabinet d'architecte Sharp and Thompson, l'un des cabinets d'architectes les plus réputés de la Colombie-Britannique, cette école de style Art déco fonctionnelle et élégante témoigne de la croissance, du succès financier et de l'intégration culturelle de la communauté japonaise de Vancouver dans les années précédant la Seconde Guerre mondiale ainsi que de la résilience et de la fierté culturelle des Canadiens d'origine japonaise.

L'École de langue japonaise de Vancouver est fondée en 1906 et est située à l'origine au 439, rue Alexander, plus bas sur la rue où elle se trouve présentement. Dans les années 1920 et 1930, la communauté japonaise s'épanouit à Vancouver, particulièrement dans le quartier de la rue Powell. Les écoles de langue sont parmi les organismes les plus appréciés de la communauté. Bien que la majorité des enfants canado-japonais fréquentent l'école publique à cette époque, une éducation immersive en langue et en culture japonaise est considérée d'une grande importance par la communauté. En 1928, après avoir fructueusement levé les fonds nécessaires, le bâtiment actuel de l'École est construit afin de remplacer l'édifice d'origine alors surpeuplé. La conception Art déco du bâtiment reflète la vivacité économique de la communauté, la priorité qu'elle accorde à l'éducation et la volonté des Canadiens d'origine japonaise à Vancouver de s'intégrer à la société canadienne.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le Canada déclare la guerre au Japon. Dès février 1942, le gouvernement fédéral relocalise de force les Canadiens d'origine japonaise habitant en Colombie-Britannique dans des camps d'internement loin de la côte pacifique. L'année suivante, le gouvernement saisit des fermes, des terres, des maisons, des bateaux ainsi que des institutions commerciales, industrielles et communautaires appartenant à des gens d'origine japonaise au Canada, des biens représentant des millions de dollars. La plupart de ces propriétés sont vendues et ne sont jamais récupérées par leurs propriétaires d'origine. L'École de langue japonaise de Vancouver est confisquée et utilisée par le ministère de la Défense nationale, mais elle n'est pas vendue. En 1953, après des années de pétition, le gouvernement fédéral rend l'école à la communauté canado-japonaise. Après d'importantes collectes de fonds menées par la communauté, l'édifice rouvre ses portes au public en tant qu'école et centre communautaire, fonctions qu'il conserve à ce jour.