Fiche d’information

Conçue et édifiée en 1939-1940, la cathédrale raconte l’histoire du peuple acadien. Des éléments décoratifs dépeignent leur histoire religieuse et séculière partout dans la cathédrale, y compris la sculpture extérieure de la Vierge Marie, sainte patronne des Acadiens, et des vitraux qui illustrent des épisodes historiques et religieux importants de ce peuple. Son architecture extérieure est un mélange achevé et éclectique de néogothique et d’Art déco, alors que l’intérieur emprunte au style roman. Édifiée comme instrument d’affirmation identitaire et pour rendre hommage à la résilience des Acadiens, la construction de cette église a rassemblé la communauté et la diaspora acadiennes autour d’un projet visant à ériger le premier grand édifice qui les glorifierait comme peuple distinct. Indissociable de la création de l’archidiocèse de Moncton en 1937, la cathédrale témoigne de la phase ultime de la Renaissance acadienne. Ce lieu de culte demeure un symbole tangible des réalisations des Acadiens tout au long de leur histoire.

Construit selon les plans dressés par l’architecte Louis-Napoléon Audet (1881-1971), la cathédrale mesure environ 70 mètres de longueur et 43 mètres de largeur. Outre l’église elle-même, le bâtiment comporte deux chapelles, deux sacristies et de nombreuses salles réparties sur plusieurs étages. Plusieurs des éléments décoratifs font référence au peuple acadien et à son histoire. À l’intérieur, les chapiteaux des colonnes faisant face au maître-autel et réalisés par des artisans acadiens sont décorés d’objets associés aux différents métiers exercés par les Acadiens à travers leur histoire. Les deux grandes verrières, situées dans les transepts de la cathédrale, illustrent les grands moments de l’histoire religieuse acadienne et les moments forts de l’histoire laïque ou civique du peuple acadien.

La cathédrale de Notre-Dame-de-l’Assomption est la manifestation physique de l’apogée de décennies de revendications menées par les Acadiens et Acadiennes pour faire reconnaître leur présence, leur poids démographique, ainsi que leurs droits légitimes comme citoyens à part entière dans les contextes politique, social et économique, culturel et religieux des provinces maritimes. En plus de bénéficier du soutien des Acadiens de l’archidiocèse, le projet de construction a reçu l’appui d’Acadiens des provinces maritimes, du Québec, de la Louisiane et de la Nouvelle-Angleterre.

Élevée sur l’ancien site d’une crypte et chapelle inachevée qui servait de lieu de culte à la première paroisse francophone de Moncton, née elle-même du démembrement de la paroisse St. Bernard en 1914, elle est l’œuvre de son premier archevêque titulaire, Mgr Louis-Joseph-Arthur Melanson (1879-1941). Les Acadiens du Nouveau-Brunswick, voire des provinces maritimes, la considèrent comme le principal joyau de leur patrimoine architectural. La valeur historique et patrimoniale de la cathédrale tient donc en grande partie aux valeurs associatives et symboliques que lui confère la communauté acadienne.