Par Daniel Weller

 

L’invasion de moule zébrée (Dreissena polymorpha) dans le lac Supérieur est vraiment un cas de « déjà vu ». Dans un effort pour mieux comprendre où et de quelle manière les moules zébrées se répandent, le personnel de Parcs Canada de l’Aire marine nationale de conservation (AMNC) du Lac Supérieur et du parc national Pukaskwa ont piloté un programme de surveillance pendant l’été 2020.

Les espèces envahissantes dans les Grands Lacs ne sont rien de nouveau. Qu’il s’agisse de l’expansion de la lamproie marine dans les Grands Lacs au début des années 1900 ou des menaces plus récentes comme la carpe asiatique, le fait demeure qu’un grand nombre d’espèces envahissantes ont fait leur apparition dans les Grands Lacs. Elles ont donné des maux de tête (c’est le moins qu’on puisse dire!) aux gens qui vivent, travaillent et s’amusent dans cet environnement ainsi que pour les créatures qui habitent dans ces lacs. Le Lac Supérieur présente certains avantages évidents en ce qui concerne la gestion des espèces aquatiques envahissantes. Situé à l’extrémité nord du réseau des Grands Lacs, le Lac Supérieur est bien souvent du dernier lac à atteindre pour les espèces envahissantes et ses eaux froides ne sont pas vraiment hospitalières. Malgré tout, les espèces envahissantes se fraient quand même un chemin jusqu’au Lac Supérieur.

Les moules zébrées font partie du groupe des dresseinidés et peuvent avoir des répercussions importantes tant sur les activités de plaisance que sur les plages et les écosystèmes en entier. Elles se trouvent dans le Lac Supérieur depuis les années 1980, on croyait que les eaux froides du lac aideraient à garder les populations de moules zébrées dans les ports principaux comme Thunder Bay et Duluth. Malheureusement, la moule zébrée semble maintenant se répandre dans tout le Lac Supérieur même si cela se fait plus lentement que dans les autres Grands Lacs.

Le programme de surveillance se déroule de juin à septembre à l’AMNC du Lac Supérieur et au parc Pukaskwa. En collaboration avec l’Unité de gestion des ressources des Grands Lacs supérieurs (ministère des Richesse naturelles et des forêts de l’Ontario), des échantillonneurs de moules ont été déployés pour évaluer la répartition des moules zébrées sur toute la rive nord du lac, y compris sur la côte du parc Pukaskwa, à Rossport, Nipigon, Red Rock et Black Bay. Les échantillonneurs sont un ensemble de plaques carrés superposées et suspendues au-dessus du fond du lac et leur emplacement est indiqué par des bouées rouges et blanches. Les moules zébrées se reproduisent durant les mois d’été et les larves véligères, (leur progéniture) dérivent dans la colonne d’eau jusqu’au moment où elles se fixent sur une surface qui leur convient. Les plaques d’échantillonnage fournissent une surface appropriée aux larves véligères et y forment des colonies qui peuvent facilement être récupérées et évaluées. Aucune moule zébrée n’a été recensée cet été, mais le processus a connu des ratés, notamment des échantillonneurs ont été perdus et il y a eu des problèmes d’identification des spécimens pour d’autres échantillonneurs. Dans l’ensemble, les résultats du projet pilote n’ont pas été concluants. Nous envisageons de trouver des moyens pour améliorer la surveillance dans l’avenir.

À l’heure actuelle, il ne reste plus beaucoup d’options pour contrôler les moules zébrées une fois qu’elles sont établies dans un cours d’eau. La première étape clé pour tenter de résoudre le problème consiste à repérer les secteurs envahis et à empêcher les moules zébrées de se répandre davantage. Si vous déplacez une embarcation ou d’autres équipements entre divers cours d’eau, rappelez-vous de NETTOYER, DE DRAINER ET D’ASSÉCHER. Un peu de prévention aidera beaucoup!

 

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