Par Anthony Schirru

 

Les drones représentent une technologie en développement qui peut être largement utilisée pour la conservation des ressources. Dans l’aire marine nationale de conservation (AMNC) du lac Supérieur, le personnel utilise cette technologie de pointe pour documenter et préserver sous forme numérique les ressources culturelles.

Le lac Supérieur a une longue et solide histoire de présence des peuples autochtones le long de sa rive nord accidentée et aussi une histoire plus récente d’exploitation forestière, de pêche et d’exploitation minière au XXe siècle. Dans l’AMNC du lac Supérieur, on s’efforce non seulement de préserver la beauté naturelle du site, mais aussi de bien documenter et gérer les caractéristiques anthropiques qui parsèment le paysage. Lorsque vous travaillez avec ces caractéristiques sensibles, il est extrêmement important de le faire d’une manière non invasive.

Le technicien en géomatique Anthony Schirru utilise des véhicules aériens sans pilote (UAV), communément appelés drones, avec des logiciels de photogrammétrie pour effectuer des vols et assembler des images, afin de créer des modèles et des images 3D de ces sites. Conformément aux lignes directrices établies par l’équipe d’archéologie de Parcs Canada et en collaboration avec les collectivités locales, il utilise des méthodes mobiles de collecte de renseignements et recueille des données GPS précises et des images aériennes qui mettent à la disposition des archéologues un produit « figé dans le temps » mettant en valeur les ressources culturelles. En plus d’une représentation visuelle des ressources, l’analyse permet d’obtenir des résultats tangibles et précis sans avoir à aller sur ces sites sensibles ou à proximité d’eux. L’utilisation de ce type de technologie de pointe conjointement avec les méthodes traditionnelles de l’archéologie permet à l’équipe de recueillir efficacement des quantités importantes de données détaillées comme jamais auparavant.

Pour y arriver correctement et obtenir les résultats souhaités, il ne suffit pas d’envoyer un drone dans les airs, de prendre quelques photos et de le récupérer… il y a de la planification et de la préparation. Il est important de comprendre le résultat souhaité et de planifier le vol en conséquence. Un vol destiné à recueillir des images de base est une façon d’aborder ce type de projet, mais un vol destiné à développer des modèles 3D nécessite une approche plus raffinée. Il est essentiel d’assurer un bon chevauchement des images pour que la zone soit bien couverte et de prendre des photos sous plusieurs angles pour faciliter la construction de l’image lors du traitement avec le logiciel.

On peut ensuite générer et analyser les modèles 3D pour rassembler des données telles que la pente, le volume, la superficie, la profondeur et la hauteur, pour n’en nommer que celles-là. Dans le cas de nombreux sites culturels disséminés dans l’ensemble de l’AMNC, il est important de surveiller et de suivre les changements afin de déterminer si et comment ces sites se dégradent au fil du temps, tant par les forces naturelles que par les interactions humaines, pour que des mesures de gestion puissent éventuellement être prises.

Un inventaire des ressources culturelles est prévu pour l’AMNC du lac Supérieur au cours des prochaines années et le personnel de conservation des ressources ainsi que les archéologues de Parcs Canada ont hâte d’en apprendre davantage sur la façon dont ce paysage a été utilisé au cours des siècles.

<< Au fil de l’EAU