Revitalisation des laminaires au profit de l’ormeau dans la réserve de parc national, réserve d’aire marine nationale de conservation et site du patrimoine haïda Gwaii Haanas

L’enjeu

Vue sous-marine d’une fronde de varech et des escargots marins en avant-plan.
La revitalisation des forêts de laminaires aide les espèces d’escargots de mer menacées comme l’ormeau nordique (centre). Photo : © Lynn Lee / © MTE Inc

Il y a près de deux cents ans, la kuu (loutre de mer) est complètement disparue de Gwaii Haanas en raison du commerce maritime des fourrures. Les écosystèmes côtiers ne s’en sont jamais remis. La principale raison est que la loutre de mer est un prédateur clé vorace qui se nourrit d’invertébrés comme l’oursin de mer, le crabe et l’ormeau. Sans loutres pour limiter leur prolifération, les oursins se sont multipliés, ce qui a eu un effet domino, puisqu’ils se nourrissent à même les forêts de laminaires sur lesquels d’autres espèces menacées (ormeau nordique) ou non (sébaste à yeux jaunes, bocaccio, sébaste canari, brème d’Amérique) dépendent pour leur survie. Ces forêts de laminaires déclinent en quantité et en densité, et à certains endroits, le fond marin est devenu désertique, telle une forêt coupée à blanc, bien incapable de soutenir un écosystème marin diversifié.

L’approche

  • Collaborer avec le Conseil de la Nation Haïda, Pêches et Océans Canada et l’Association des pêcheurs d’oursins du Pacifique à la conception et à la mise en oeuvre d’un projet de revitalisation simulant la prédation de la loutre de mer.
  • Réduire de 75 % la densité des populations d’oursins de mer sur une surface de 20 hectares de fond marin intertidal et peu profond.
  • Former les plongeurs des programmes de pêcheries Haïda afin de renforcer leurs capacités d’observation des forêts de laminaires et encourager les plongeurs commerciaux à récolter les oursins de mer.
  • Une fois la population d’oursins ramenée à un niveau acceptable, collaborer avec les pêcheurs à empêcher sa recrudescence afin de favoriser le rétablissement des forêts de laminaires.
  • Favoriser la consommation des oursins par les communautés Haïda et autres; organiser la distribution des aliments traditionnels récoltés : guuding.ngaay (oursin rouge) et styuu (oursin vert) avec leurs chefs.

Les réalisations

  • Conception et application d’un protocole d’évaluation des travaux de revitalisation; collecte d’un an de données de référence préalables (2017).
  • En collaboration avec l’Université Florida State, étude amorcée portant sur les changements dans la dynamique des forêts de laminaires et des populations les composant, y compris des changements dans l’alimentation de l’oursin et de l’ormeau.
  • Mentorat des plongeurs du programme de pêcheries Haïda chargés de répertorier les forêts de laminaires.
  • Ébauche d’un plan de communication et de matériel d’interprétation destiné à éduquer les visiteurs et à mobiliser le grand public autour des questions de revitalisation marine.