Restauration des forêts acadiennes du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard

L’enjeu

Un wigwam bâti de perches de bouleau.
Wigwam construit par un Mi’kmaq à l’aide de bouleau blanc, une essence acadienne.

La forêt acadienne se compose d’un mélange de feuillus et d’essences boréales unique au monde. Elle s’étendait jadis sur tout le territoire des Maritimes, y compris la région aujourd’hui protégée du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard. Ses arbres à différents stades de maturité, du semis au patriarche de 200 ans, offraient des habitats diversifiés à une faune dont la survie en dépendait, notamment les grands pics, qui nichaient dans leurs cavités. La forêt acadienne abritait de nombreux mammifères comme les écureuils volants. Elle faisait partie intégrante de la culture des Mi’kmaq, source de nourriture, de plantes médicinales, mais aussi de matériaux pour la construction de huttes (wigwams) et la fabrication de canots, de raquettes et d’ustensiles divers comme des paniers et des harpons. Aujourd’hui, à peine un à cinq pour cent de la forêt acadienne est dans son état naturel, une grande partie ayant été rasée pour faire place à l’agriculture. La plupart des forêts du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard ont entamé leur lent processus de régénération, mais en sont encore aux premiers stades, essentiellement des monocultures d’épinette blanche. En plus de réduire la biodiversité et de miner la fonction écosystémique, la perte de la forêt a eu des effets négatifs sur la culture des peuples autochtones.

L’approche

  • Retirer les infrastructures superflues (bâtiments, routes, etc.) dans le parc pour faire plus de place à la régénération de la forêt acadienne.
  • Effectuer des coupes pour éclaircir les monocultures d’épinette blanche afin d’accélérer la régénération des essences des forêts acadiennes. Utiliser des techniques d’abattage à faible impact imitant les perturbations naturelles telles que le chablis et la mortalité naturelle.
  • S’il y a lieu, planter diverses essences typiques des forêts acadiennes élevées en pépinière.
  • Répertorier dans une base de données les semenciers des forêts acadiennes présents dans le parc et créer une banque de semences pour la plantation de semis d’origine locale.
  • Recueillir le savoir des peuples autochtones en vue de l’intégrer au plan de restauration.

Les réalisations

  • Démolition de 19 hectares d’infrastructures (routes, stationnements et bâtiments) pour faire plus de place à la régénération des forêts acadiennes.
  • Éclaircie de 27 hectares de monoculture d’épinette blanche en vue d’accélérer la régénération des essences acadiennes.
  • Plantation de plus de 54 000 semis d’essences acadiennes et d’arbrisseaux sur 120 hectares.
  • Création d’un répertoire des semenciers à maturité d’essences acadiennes afin de faire le suivi de leur croissance et de la production de graines.
  • Rencontres avec des aînés Mi’kmaw, qui ont fait valoir l’importance de certaines espèces des forêts acadiennes comme le bouleau blanc, dont l’écorce sert aux artisans autochtones et les champignons possèdent des vertus médicinales, et inclusion des espèces désignées dans le plan de restauration.