Au parc national Kejimkujik Bord de mer, les visiteurs prêtent main-forte

L’enjeu

Deux crabes : celui du haut est verdâtre et plus petit que l’autre.
Le retrait du crabe vert (en haut) des estuaires a profité aux espèces indigènes comme le crabe commun (en bas). Photo : © Gabrielle Beaulieu

Dans les années 1980, les navires en provenance d’Europe et d’Afrique du Nord transportaient à leur bord des passagers clandestins : des crabes verts, une espèce envahissante qui a rapidement colonisé la côte est des États-Unis. Ces populations de crabes ont migré vers le nord pour s’installer dans les eaux turquoises des estuaires de Kejimkujik Bord de mer. Ces prédateurs voraces ont gravement perturbé l’écosystème marin, détruisant des herbiers de zostère pour y trouver leur nourriture, les jeunes myes communes. Or, les zostères et les myes sont essentielles à la santé des estuaires de Kejimkujik Bord de mer : les herbiers de zostère forment des pouponnières pour les jeunes poissons et invertébrés, tandis que les myes régulent la qualité de l’eau et servent de nourriture aux oiseaux migrateurs. À son apogée, l’invasion des crabes verts a dévasté les herbiers de zostère, qui ne représentaient plus que 2 % de leur étendue initiale, et décimé la population de myes.

L’approche

  • Créer un projet pilote de concert avec les pêcheurs locaux et des experts des écosystèmes côtiers afin de concevoir et de tester des casiers pour capturer les crabes verts.
  • Retirer le plus possible de crabes verts et surveiller le rétablissement des herbiers de zostère et des populations de myes.
  • Intensifier la capture de crabes et le rétablissement des herbiers de zostère dans deux lagons.
  • Créer un programme participatif à l’intention des visiteurs.

Les réalisations

  • Conception et essai fructueux d’un casier à crabes verts en 2010 ayant freiné l’extinction de la zostère dès la première saison.
  • Au vu des résultats prometteurs, lancement du projet de rétablissement des estuaires côtiers en 2014 ayant vu le retrait de 2 millions de crabes.
  • Rétablissement de 38 % des herbiers grâce à la plantation de zostères dans les eaux débarrassées des crabes.
  • Accroissement du nombre de jeunes myes et amélioration de la santé de la population générale.
  • Rétablissement des populations indigènes de crabes, de poissons et d’oiseaux dans les estuaires.
  • Lancement du programme Expédi-Crabes pour les visiteurs, promotion de l’initiative dans les médias régionaux et participation de bénévoles à hauteur de 2 000 heures.