Lieu historique national du Canada du Séminaire-de-Québec

Québec, Québec
Photo aérien © Archives nationales du Québec
Séminaire de Québec
© Archives nationales du Québec
L’aile de la Procure © L’abbé Roberge, 2005Photo aérien © Archives nationales du QuébecLa plaque originale de la CLMHC du Séminaire de Québec © Parks Canada/Parcs Canada, Jim Molnar, 2003
Adresse : 1, rue des Remparts, Québec, Québec

Loi habilitante : Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation : 1929-05-17
Dates :
  • 1663 à 1663 (Établissement)

Événement, Personne, Organisation :
  • Monseigneur François de Montmorency-Laval  (Personne)
  • Université Laval  (Organisation)
  • Charles Baillairgé  (Architecte)
  • Récollet Frére Luc  (Architecte)
  • Joseph-Ferdinand Peachy  (Architecte)
  • G.R. Browne  (Architecte)
  • Pierre Chateauvert  (Constructeur)
Autre nom(s):
  • Séminaire de Québec  (Nom de la désignation)
Numéro du rapport de recherche : 1967-036, 1974-J, 2009-SDC-CED-052

Plaques


Plaque originale: Université Laval, École d'architecture Québec, Québec

Le Séminaire de Québec fut établi par Mgr de Laval le 26 mars et autorisé par le roi ent avril 1663. Le 9 octobre 1668, Mgr de Laval ouvrit un petit séminaire d'où est sortie l'Université Laval en 1852. Le Séminaire de Québec est la plus ancienne maison d'éducation pour les garçons, su Canada.

Plaque existante: Sur un mur du bâtiment, 1 Côte-de-la-Fabrique, Québec, Québec

Fondé par Monseigneur de Laval en 1663, le Séminaire de Québec se vit confier trois fonctions : le ministère paroissial, l'apostolat missionnaire et la formation du clergé. Cette dernière fonction, qui fut à l'origine de la création du Grand Séminaire, en 1663, et du Petit Séminaire, en 1668, l'amena à jouer un rôle actif en éducation et devint graduellement sa principale raison d'être. C'est dans ce contexte que fut fondée l'Université Laval, en 1852. Première université française au Canada, cette institution contribua grandement au développement des arts, des lettres et des sciences au pays.

Description du lieu patrimonial

Le lieu historique national du Canada du Séminaire-de-Québec, situé dans l’arrondissement historique du Vieux-Québec, est un établissement d’enseignement comprenant deux sections : le Vieux Séminaire, fondé en 1663, et les bâtiments ajoutés au XIXe et XXe siècle qui l’entourent. Le bâtiment du Vieux Séminaire comporte trois ailes qui bordent la cour des Petits. Les bâtiments datant du XIXe et du XXe siècle, notamment l’ancien pavillon central, le Grand Séminaire et le Pavillon, sont de différents styles architecturaux, entre autres de style néogrec. Malgré les différentes dates de construction, le complexe est visuellement unifié en raison de sa configuration et des caractéristiques stylistiques communes des nombreux bâtiments. La reconnaissance officielle concerne les bâtiments sur leur tracé au sol ainsi que le paysage environnant au moment de la désignation.

Valeur patrimoniale

Le Séminaire de Québec a été désigné lieu historique national du Canada en 1929 parce qu’il s’agit du plus ancien établissement d’enseignement au Canada.

La société de prêtres du Séminaire de Québec a été fondée à Québec par monseigneur François de Montmorency-Laval, premier évêque de la Nouvelle-France. En 1663, le Grand Séminaire est créé et regroupe le ministère paroissial, la mission et le clergé. Le « Petit Séminaire » est quant à lui fondé en 1668 dans le but d’enseigner la langue et la culture françaises aux jeunes Autochtones. À partir de 1674, l’établissement n’accueille plus que de jeunes Français qui se destinent à la prêtrise. Après la conquête, la vocation de l’école est à nouveau modifiée, et le « Petit Séminaire » commence à accepter tous les jeunes qui souhaitent faire des études, même s’ils ne désirent pas devenir prêtres.

En 1852, le Séminaire poursuit sa mission d’éducation en fondant la première université catholique francophone au pays, qui est baptisée Université Laval en l’honneur de monseigneur de Laval. L’Université Laval exercera une influence considérable sur les arts, les lettres et les sciences au Canada, et déménagera à son emplacement actuel dans l’arrondissement de Sainte-Foy-Sillery en 1970-1971. En dépit de nombreux incendies survenus au fil des années, le Séminaire de Québec demeure un établissement d’enseignement dirigé par la Société des prêtres diocésains, qui enseigne la pastorale et la prêtrise à divers niveaux. Le Séminaire héberge également le Centre de référence de l’Amérique française du Musée de la civilisation ainsi qu’une école secondaire privée, appelée le Petit Séminaire de Québec.

Sources : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, procès-verbaux, mai 1929 et août 2009.

Éléments caractéristiques

Voici les principaux éléments qui contribuent au caractère patrimonial du lieu :
son emplacement privilégié au sein de l’arrondissement historique du Vieux-Québec; la configuration spatiale du complexe, notamment la disposition des bâtiments et des espaces clos ou paysagés comme le jardin du Grand Séminaire, le jardin intérieur et la cour des Petits; l’importance de la typologie des bâtiments du complexe, renforcée par leur conception architecturale qui s’harmonise avec le paysage urbain; les importantes caractéristiques physiques des bâtiments et des structures, définies par leur échelle, leur forme, leur conception et leurs détails, notamment la masse des bâtiments d’un à cinq étages et demi, les toits à deux versants à inclinaison moyenne, les façades, les portes dotées de frontons simples et les fenêtres semi-elliptiques; les vastes ailes datant du milieu du XIXe siècle; les principaux matériaux de construction, les techniques de construction et la qualité d’exécution des bâtiments, notamment la façade austère et dépouillée du pensionnat en pierre de taille lisse et grise, la tour des Nords et l’ancienne école de médecine de l’Université Laval, construite dans un style néogrec typique des années 1840 et du début des années 1850 à Québec; l’aile de la Procure, la plus ancienne de l’établissement, et ses caractéristiques intérieures dont le plafond vouté, le plancher en dalles de pierre, les fenêtres à arc en segment de cercle, les panneaux de lambris, les cages d’escalier datant de différentes époques, la chapelle de monseigneur Briand et ses portes de style Louis XV, les colonnes corinthiennes ornées de feuilles gravées ainsi que les éléments de quincaillerie élégants; les caractéristiques extérieures et intérieures de l’aile du Parloir, qui remonte au XVIIIe siècle, et de l’aile de la Congrégation, bâtie dans le style du début du XIXe siècle; l’intérieur du pensionnat, qui reflète le style architectural de Baillairgé, notamment dans l’utilisation d’impostes circulaires dont le bord inférieur est légèrement incurvé ainsi que de linteaux de porte de forme correspondante; la grande qualité d’exécution qui se reflète dans la maçonnerie, plus particulièrement dans les portes cintrées; les motifs entrelacés sur les chapiteaux et les fenêtres; les éléments du décor intérieur de la chapelle du pensionnat, notamment les minces rosaces cannelées au plafond; l’aménagement, les caractéristiques et les détails intérieurs qui témoignent de l’utilisation initiale et continue des bâtiments comme établissement d’enseignement; la vue en direction des divers bâtiments du complexe et à partir des bâtiments sur l’arrondissement historique du Vieux-Québec.