Lieu historique national du Canada Osgoode Hall

Toronto, Ontario
Vue générale du Osgoode Hall qui montre le traitement sculptural des façades, 1993. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, J Butterill, 1993.
Vue générale
© Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, J Butterill, 1993.
Vue détaillée du Osgoode Hall qui montre les caractéristiques spécifiques de son architecture, 1993. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, J Butterill, 1993.Vue générale du Osgoode Hall qui montre sa forme, composée de baies en saillie jointes par une longue partie centrale, 1993. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, J Butterill, 1993.Vue générale du Osgoode Hall qui montre le traitement sculptural des façades, 1993. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada, J Butterill, 1993.
Adresse : 130, rue Queen ouest, Toronto, Ontario

Loi habilitante : Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation : 1979-11-15
Dates :
  • 1829 à 1832 (Construction)
  • 1844 à 1846 (Significative)
  • 1856 à 1859 (Significative)

Événement, Personne, Organisation :
  • William Osgoode  (Personne)
  • Société du barreau du Haut-Canada  (Organisation)
  • John Ewart  (Architecte)
  • W.W. Baldwin  (Architecte)
  • Henry Bower Lane  (Architecte)
  • Cumberland and Storm  (Architecte)
  • William G. Storm  (Architecte)
  • Kivas Tully  (Architecte)
  • Francis Heakes  (Architecte)
  • Burke and Horwood  (Architecte)
  • Saunders and Ryrie  (Architecte)
  • Page and Steele  (Architecte)
  • John Ewart  (Constructeur)
  • John Ritchie  (Constructeur)
  • John Ritchey  (Constructeur)
  • David Stirling  (Constructeur)
  • Benjamin Walton  (Constructeur)
  • Hamilton and Son  (Constructeur)
Autre nom(s):
  • Osgoode Hall  (Nom de la désignation)
Numéro du rapport de recherche : 1979-050, 1998-SUA Dec

Plaques


Plaque existante: à l'intérieur 130, rue Queen ouest, Toronto, Ontario

Cet édifice, nommé en l'honneur du premier juge en chef de l'Ontario, fut mis en chantier en 1829 pour abriter le siège social de la Law Society of Upper Canada. L'aile droite date de 1832 et le reste du bâtiment a été ajouté plus tard, en 1844-1846. La magnifique partie centrale a été conçue par le groupe d'architectes prestigieux Cumberland and Storm et érigée entre 1856 et 1859. Par son architecture et son histoire, Osgoode Hall figure parmi les richesses du Canada. Depuis 1846, l'édifice abrite, outre l'association du barreau, des cours provinciales.

Description du lieu patrimonial

Osgoode Hall est un majestueux édifice de style palladien, construit en plusieurs étapes au milieu du XIXe siècle. Il est entouré de pelouses et séparé de la rue par une clôture en pierre et en fer forgé au portail ouvragé. L'édifice et son terrain occupent tout un pâté de maisons du quartier des affaires au centre-ville de Toronto. La reconnaissance officielle comprend le bâtiment sur sa propriété légale.

Valeur patrimoniale

Osgoode Hall a été désigné lieu historique national en 1979 parce qu'il est représentatif du système judiciaire en Ontario et du rôle qu'il a joué pour protéger de l'extradition les réfugiés du « chemin de fer clandestin. » Sa valeur patrimoniale a également trait au fait qu'il est un des trésors architecturaux et historiques du Canada.

Depuis sa construction en 1832, Osgoode Hall sert de siège social au Barreau du Haut-Canada, l'organisme directeur de la profession juridique en Ontario. Il a été baptisé en l'honneur de William Osgoode, premier juge en chef du Haut-Canada. À titre de siège social d'une société juridique, il met à la disposition des juristes praticiens depuis 1832 une bibliothèque, une salle à manger et des salles d'études. Au XIXe siècle, il a aussi fourni des chambres aux étudiants en droit. De 1889 à 1974, le Barreau a tenu à Osgoode Hall une école de droit, qui était jusqu'en 1959 la seule de la province. Il gère encore à Osgoode Hall le cours d'admission au barreau de l'Ontario. Depuis 1846, Osgoode Hall sert aussi de palais de justice aux cours provinciales supérieures. À ce titre, de nombreuses causes importantes y ont été entendues. En 1874, la Province est devenue propriétaire d'une partie de l'édifice, le Barreau demeurant propriétaire de l'aile est et de la Grande bibliothèque. On a apporté de nombreuses additions et modifications au bâtiment au cours des XIXe et XXe siècles, pour répondre à l'accroissement du Barreau et du système judiciaire.

La célèbre cause John Anderson a été entendue au palais de justice d'Osgoode Hall en 1861. Ce jugement a créé une jurisprudence interdisant l'extradition vers les États-Unis des réfugiés qui en provenaient. Ceci a protégé les réfugiés du « chemin de fer clandestin » d'être renvoyés chez eux comme esclaves en fuite.

Sur le plan architectural, Osgoode Hall offre une combinaison de caractéristiques des styles palladien et néo-classique du milieu du XIXe siècle. Le bâtiment originel a été construit de 1829 à 1832 sur des plans de John Ewart, aidé du Dr. W.W. Baldwin. Le caractère inhabituel du plan et des façades de l'édifice provient des nombreuses additions effectuées ultérieurement par divers architectes. De 1844 à 1846, on a ajouté une aile centrale et une aile ouest, d'après des plans de Henry Bower Lane, créant ainsi la configuration de base de l'édifice actuel. Lors des rénovations réalisées par Cumberland & Storm en 1857, on a remplacé l'aile centrale et ajouté d'autres importantes composantes structurelles et décoratives. En 1865, on a ajouté une école de droit à l'arrière de l'aile est, d'après des plans de William Storm. Puis, on a continué pendant tout le XXe siècle à faire d'autres ajouts et modifications au bâtiment.

Mis à part ses liens appréciés avec le droit et avec le système judiciaire provincial, Osgoode Hall est reconnu pour sa présence imposante dans la rue Queen, et pour ses espaces intérieurs ouvragés. Ceux-ci comprennent la Grande bibliothèque, la Rotonde, et la salle à manger avec lambris de bois pour les membres du Barreau. La firme Hamilton & Son, de la fonderie St. Lawrence de Toronto, a construit la clôture et les portails en fer forgé qui entourent la propriété.

Source : Commission des lieux et monuments historiques du Canada, Procès-verbal, novembre 1979.

Éléments caractéristiques

Parmi les éléments liés à la valeur patrimoniale d'Osgoode Hall, notons : son caractère composite, reflétant les ajouts successifs effectués à l'édifice pour l'adapter à ses fonctions grandissantes; les caractéristiques spécifiques de son architecture, et notamment l'excellente qualité de ses matériaux, la richesse de ses ornements, et l'utilisation hiérarchique des ordres classiques; sa forme, composée de baies en saillie jointes par une longue partie centrale; sa conception palladienne, nettement attestée par les pavillons d'extrémité proéminents, les frontispices à la base rustiquée ornés d'un motif de temple, et la disposition des étages, à savoir un sous-sol, un étage noble et des combles;

Éléments extérieurs : sa façade sud caractéristique; le traitement sculptural des façades, réalisé par Henry Bower Lane pour harmoniser les ailes est et ouest, y compris les frontispices en saillie, les riches garnitures des fenêtres et la corniche dentelée; les détails extérieurs néo-classiques des ailes, y compris le massif entablement et le parapet masquant la pente du toit, ainsi que les bases des frontispices en pierre de taille cannelée; les riches ornements extérieurs de l'aile centrale, y compris la pierre rustiquée ouvragée du soubassement, les fenêtres en plein cintre séparées par des pilastres, les marquises coiffant les ouvertures, un étage de combles et une balustrade; les éléments ajoutés en 1857 pour unifier les trois ailes, et notamment une corniche continue, une assise de ceinture continue, et la répétition du motif de temple et en arcade;

Éléments intérieurs : les éléments de son plan intérieur ajoutés en 1857 et associés avec son utilisation par le Barreau du Haut-Canada, y compris la Grande bibliothèque, la Rotonde et la salle à manger; les détails intérieurs, utilisant la hiérarchie des ordres et leur ornementation, et notamment l'ordre toscan pour le rez-de-chaussée, le plus élégant ordre ionique pour l'étage noble, et le plus riche ordre corinthien pour la Grande bibliothèque et la Cour du banc de la reine; la hiérarchie des finitions intérieures correspondant à la hiérarchie étagée originelle des espaces intérieurs; les finitions et caractéristiques intérieures d'origine préservées, y compris les garnitures de portes abondamment sculptées, le carrelage, les planchers en noyer et en chêne, les parements en pierre de Caen et en pin, le verre coloré des paliers et de l'atrium, la quincaillerie des portes, les luminaires, les panneaux de bois de la salle à manger, et l'escalier en pierre de Caen; les éléments et détails intérieurs d'origine préservés de la Grande bibliothèque, y compris sa division en un hall voûté et des ailes latérales, son dôme coffré central peu profond, une arcature aveugle qui fait écho aux fenêtres en plein cintre du mur extérieur, et son plâtrage ouvragé; les éléments et détails intérieurs d'origine préservés de la Rotonde, et notamment l'arcature soutenue par des piliers et coiffée de colonnes jumelées;

Éléments contextuels : son cadre formel, y compris la pelouse avec ses allées en forme d’Y et ses plantations traditionnelles, la clôture décorative en fer forgé entourant la propriété, et le portail victorien en fer forgé; la présence, la conception et les matériaux de la clôture en fer forgé; les perspectives sur l’édifice à partir de la rue; les caractéristiques faisant ressortir l'édifice de son environnement urbain, y compris sa situation axiale en haut de la rue York, sa petite taille dans un environnement dense, son terrain clôturé, et la grandeur du terrain dégagé entourant le bâtiment.