Lieu historique national du Canada du Canal-Rideau

Ottawa / Kingston, Ontario
Photo aérienne des écluses du lieu historique national du Canada du Canal-Rideau. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada
Vue aérienne du canal
© Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada
Photo d'une des écluses du lieu historique national du Canada du Canal-Rideau. © Parks Canada Agency / Agence Parcs CanadaPhoto d'une des écluses du lieu historique national du Canada du Canal-Rideau. © Parks Canada Agency / Agence Parcs CanadaPhoto aérienne des écluses du lieu historique national du Canada du Canal-Rideau. © Parks Canada Agency / Agence Parcs Canada
Adresse : Ottawa / Kingston, Ontario

Loi habilitante : Loi sur les lieux et monuments historiques (L.R.C. (1985), ch. H-4)
Date de désignation : 1925-05-15
Dates :
  • 1826 à 1837 (Construction)
  • 1826 à 1855 (Significative)
  • 1855 à 1972 (Significative)
  • 1972 à 1972 (Acquis)

Événement, Personne, Organisation :
  • Lieutenant-Colonel John By  (Personne)
Autre nom(s):
  • Canal Rideau  (Nom de la désignation)
Numéro du rapport de recherche : 1964-019, 1965-001, 1993-OB9, NOV 87-A03-4; MAY 1966-20
Numero RBIF : 09412 00

Plaques


Plaque originale démantelée / enlevée / remplacée:  rue Rideau, Ottawa, Ontario
Plaque existante:  Ottawa, Ontario

(en anglais seulement)

Description du lieu patrimonial

Bâti au milieu du XIXe siècle, le lieu historique national du Canada du Canal-Rideau est une voie navigable artificielle de 200 km aménagée de la rivière des Outaouais au lac Ontario. La désignation englobe les terres en bordure du canal qui sont administrées par Parcs Canada.

Valeur patrimoniale

Le canal Rideau a été désigné lieu historique national du Canada pour les raisons suivantes :
• Construit entre 1826 et 1832, le canal Rideau, encore entièrement opérationnel de nos jours, est le canal le mieux conservé de tous ceux bâtis pendant la grande période de construction de canaux en Amérique du Nord : ses structures historiques et son environnement témoignent de sa conception ingénieuse, de la qualité de sa construction et de sa vocation militaire, ainsi que de ses fonctions sociales et économiques;
• le canal constitue un exemple de conception révolutionnaire en raison de l’approche innovatrice du lieutenant colonel John By dans l’utilisation des « eaux dormantes », qui a permis de créer une voie navigable à partir de voies d’eau et de lacs naturels, à une échelle encore jamais vue en Amérique du Nord, et parce qu’il s’agissait de l’un des premiers canaux au monde qui soit conçu spécifiquement pour les navires à vapeur;
• sa construction qui s’étend sur plus de 200 kilomètres de forêts, de marécages et de lacs relève de l’exploit. Chaque année, de 5 000 à 6 000 ouvriers étaient répartis dans plus d’une vingtaine de chantiers. La grande majorité d’entre eux étaient irlandais ou canadiens français et travaillaient sous la supervision d’entrepreneurs privés et des Royal Engineers. Ces travailleurs, ainsi que les ouvriers qualifiés comme les maçons écossais, utilisaient principalement des outils à main et étaient exposés à des conditions extrêmement difficiles et dangereuses. Ils souffraient de maladies et subissaient des blessures, et nombre d’entre eux ont perdu la vie pendant la construction du canal;
• le canal a été construit à des fins militaires à la suite de la guerre de 1812, alors que les relations avec les États Unis étaient tendues. Il représentait alors un élément fondamental du système de défense des Britanniques au cœur de l’Amérique du Nord, assurant les axes de ravitaillement entre Montréal et le lac Ontario et offrant une voie de rechange plus facile à défendre que celle longeant le fleuve Saint Laurent;
• il a contribué considérablement au développement social et économique du Haut Canada et de l’Ontario jusqu’en 1850 en servant d’artère essentielle pour le transport des biens et des personnes à l’intérieur et à l’extérieur de la colonie. Il a ensuite conservé une vocation commerciale à l’échelle locale jusque dans les années 1930. Il est depuis un endroit très fréquenté, qui sert essentiellement à des fins récréatives.

La valeur patrimoniale du canal Rideau tient à l’intégrité et à l’intégralité de son paysage culturel qui rappelle les formes, matériaux et techniques du début du XIXe siècle associés aux voies navigables et qui témoigne des liens écologiques et humains durables entre le canal et son corridor. De 1826 à 1837, le lieutenant-colonel John By a bâti le canal en tant qu’ouvrage défensif, à la demande du gouvernement britannique. En 1855, le Canada est devenu le gestionnaire de cette voie navigable utilisée à des fins commerciales pendant une grande partie des XIXe et XXe siècles. Parcs Canada s’est porté acquéreur du canal en 1972 afin de l’exploiter comme voie de navigation de plaisance.

Sources: Procès-verbaux de la CLMHC, juin 1924, 1967, novembre 1987; Énoncé d’intégrité commémorative, 1987.

Éléments caractéristiques

Parmi les caractéristiques qui confèrent à ce site sa valeur patrimoniale, notons:
l’intégralité du paysage culturel, témoin durable d’un réseau d’installations de transport : voie navigable, écluses, blockhaus, barrages, déversoirs et postes d’éclusage avec maisons des maîtres-éclusiers, terres connexes, communautés, vastes milieux humides et lacs; le fond du canal et son fractionnement en postes d’éclusage; les ressources bâties d’origine : la forme, l’exécution, les matériaux et l’emplacement des blockhaus, maisons des maîtres-éclusiers, bâtiments des postes d’éclusage, parois, écluses, barrages et déversoirs du début du canal; l’implantation pour la défense, les matériaux et le plan fonctionnel des blockhaus, des maisons des maîtres-éclusiers et des paysages des postes d’éclusage, et les vestiges comme les postes de garde à Jones Falls et Morton’s Dam; les vestiges archéologiques associés aux travaux de construction du canal : ruines du bâtiment des ingénieurs, vestiges des fours à chaux, le pont Sapper et la forge des écluses d’Ottawa, le campement des ouvriers à Newboro; les vestiges de l’aménagement technique : tracé du canal, parois, écluses, déversoirs, ponts (comme les vestiges du pont Sapper à Ottawa et du pont submergé du barrage de Jones’ Falls) et barrages (surtout les barrages-voûtes de Long Island et de Jones Falls et le site sous-marin du barrage d’origine à Merrickville); et les techniques de fonctionnement comme le maniement manuel de toutes les écluses sauf celles de Newboro, de Black Rapids et de l’écluse combinée de Smiths Falls; les milieux humides et les lacs créés par la construction du canal; l’exploitation permanente du canal et toutes les traces de son exploitation saisonnière continue depuis 1832 (surtout le rôle des ouvrages d’art dans le contexte de l’exploitation durable d’une voie navigable comme en témoignent les installations de toutes les écluses sauf les écluses combinées 29, 30 et 31 de Smiths Falls, la disposition et la configuration historique d’origine des postes d’éclusage avec leurs espaces libres et leurs aires de circulation); la durabilité des associations historiques, écologiques et visuelles avec les terres et communautés riveraines du canal, surtout les allées, les perspectives sur les écluses et le chenal jusqu’au coeur d’Ottawa entre le pont Mackenzie King et la rivière des Outaouais, les perspectives sur le canal, les fortifications et le paysage du port de Kingston, les perspectives sur les terres et communautés riveraines entre les postes d’éclusage de Becketts Landing et Kilmarnock, les perspectives le long du chenal de Newboro, à l’écluse Chaffeys et aux postes d’éclusage de Davis, Jones Falls, Upper et Lower Brewers et Kingston Mills.